CHAPITRE XV FOIE
TRAUMATISMES.
A. — Trauniatisnies du foie.
L'hémorragie est le fait dominant dans les traumatismes du foie ; l'épanchenient de bile est l'accident important des ruptures des voies biliaires. Sans doute, l'une et l'autre peuvent se combiner, dans les deux variétés de traumatismes, mais en gardant, au point de vue symptomâtique et thérapeutique, la place prépondérante.
Donc, dans les plaies et ruptures du foie, c'est l'hémostase qui constitue notre indication capitale, et l'urgence de l'intervention se proportionne à la gravité de la perte sanguine.
1° Plaies par armes à feu ou par instruments tranchants. — Dans les plaies par armes à feu ou par instruments tranchants, à moins de lésion des gros troncs vasculaires du hile, la mortalité des premières heures est moins menaçante que dans les ruptures par contusion : les coups de feu limités au foie, sans participation des autres organes, ont causé 43 morts sur 110 cas colligés par Edler, soit une léthalité de 39 p. 100; celle des plaies par instrument tranchant est de 37 p. 100; il y a loin de là aux 78 p. 100, moyenne funèbre des ruptures sous-cutanées. L'hémorragie, surtout, baisse comme gravité: elle n'a tué primitivement que 7 blessés sur 116 atteints de coups de feu. — Antisepsie et simplification de la plaie, c'est ici, comme ailleurs, la règle dominante. On laissera les projectiles en plein foie: l'organe est tolérant pour les débris métalliques. Il n'en va pas ainsi pour les corps étrangers vestimentaires, et nous nous souvenons d'un des rares blessés de la guerre de Tunisie, qui a gardé dans l'hypocondre droit une suppuration intarissable entretenue par un morceau de capote : l'ablation primitive de ces lambeaux ou des esquilles costales projetées s'impose. Si un morceau de foie fait hernie, on le retranche après ligature au catgut de son pédicule : Dieffenbach et Macpherson ont fait autrefois une excision semblable. Dans la profondeur de la plaie, un point du parenchyme saigne copieusement, ou bien, indi-