OSTEITE SYPHILITIQUE DU CRANE
plus hardies de la chirurgie », on est parvenu à arrêter le progrès de la carie, la cicatrice se forme au moyen de bourgeons charnus qui granulent sur la dure-mère: c'est une membrane résistante, adhérente, qui ferme la cavité crânienne; jamais la brèche ne se répare par du tissu osseux. Le cas de Kiister est une rare exception : il s'agissait d'une femme à laquelle on avait enlevé un fragment du frontal d'une longueur de iO centimètres et d'une largeur de 8; la perte de substance fut comblée dans toute son étendue par un os de nouvelle formation, d'une épaisseur considérable. Kônig fait observer avec raison que le séquestre n'avait été enlevé qu'au bout de plusieurs années : peut-être cette circonstance a-t-elle contribué à la reproduction de l'os.
Dans les nécroses limitées, médicalement incurables, la séquestrotomie abrège les lenteurs de l'élimination, et prévient la pachyméningite gommeuse et l'encéphalite : c'est donc une bonne intervention. — Il n'en est plus de même quand il s'agit de ces ostéites gommeuses diffuses, dont les bourgeons « vermoulent » la voûte qu'ils pénètrent de leurs galeries hélicoïdales. Si un point se séquestrait, on pourrait inciser à son niveau : mais, en général, la diffusion des lésions en fait une variété qui ne relève que du traitement spécifique, dont l'usage doit être continu. Au reste, on peut admettre avec Heinecke (1) que, tant, que la syphilis osseuse de la voûte ne fait pas de pus, l'intervention n'est pas indiquée. N'assiste-t-on pas, dans ces variétés si bien décrites par Virchow et Volkmann sous le nom de « caries sicca », à la disparition de grandes pièces de la voûte par une nécrose non suppurante, par une résorption sèche qui ne s'accompagne d'aucune réaction du côté de la peau? Nous nous souvenons avoir vu, en 1885, chez Besnier, une femme qui avait ainsi perdu tout un demifrontal, une autre qui avait au niveau de son pariétal, une large déprestion où l'os manquait. Il n'y a, en pareil cas, qu'à laisser faire la nature et le traitement spécifique, et à protéger par une pièce de cuir bouilli le cerveau, dont on peut sentir les battements sous la cicatrice fibreuse.