RÉSULTATS DE L'INTERVENTION DANS LA PÉRITONITE TUBERCULEUSE
muscles sous-jacents, ce qui entraîne une auto-intoxication par rétention du contenu intestinal. Weinstein pense, au contraire, que la diminution de pression intra-abdominale favorise l'oblitération des vaisseaux et empêche la reproduction de l'exsudat.
Le plus grand nombre des auteurs, et Kœnig, Cabot, Ceccherelli, Alexandroff, Pic, Aldibert entre autres, admet que la laparotomie favorise seulement la régression et la transformation fibreuse du tubercule. C'est le seul point qui soit réellement établi et qui paraisse devoir être hors de contestation. Osier a d'ailleurs pu surprendre ce travail au moment de sa production : à l'autopsie de cette malade qui avait succombé quatre mois après la laparotomie à une pneumonie, on trouva sur la séreuse des granulations petites, dures et pigmentées, entourées par un tissu épaissi, de formation cicatricielle.
Ces derniers temps, Gatti et Carie (1) ont prétendu qu'il fallait tenir compte de l'augmentation du pouvoir absorbant des lymphatiques. Mais, laissant de côté ces théories préconçues, des auteurs ont voulu vérifier expérimentalement sur l'animal l'action de la laparotomie dans la péritonite bacillaire. C'est ainsi que Kirchensky (2) paraît avoir démontré que les antiseptiques ne jouent aucun rôle essentiel dans le processus de guérison ; que, dans ce processus de régression, les phénomènes réactionnels jouent, au contraire, un grand rôle. Grâce, en effet, à l'infiltration par les cellules rondes, à la phagocytose et à la prolifération active du tissu conjonctif, les éléments spécifiques dégénèrent et sont résorbés. Et dans la laparotomie curatrice, c'est l'influence de l'air, du contact des instruments et des mains de l'opérateur qui exagère ce processus.
Kolbassenko (3) arrive aux mêmes conclusions et ajoute l'action excitante due à la déchirure des adhérences des anses voisines ; enfin, Stchegoleff (4) ajoute aux influences précédentes celles de la lumière, pensant que le mécanisme de guérison repose tout entier sur un ensemble d'actions physiques. Cet auteur est parvenu à guérir par la laparotomie des chiens atteints de péritonite tuberculeuse, mais seulement au début de l'affection.
Il résulte donc de toutes ces influences opératoires un processus d'arrêt, qui est l'encapsulation scléreuse et l'étouffement consécutif du nodule bacillaire. « L'ascite évacuée, les deux feuillets péritonéaux peuvent adhérer et le processus d'encapsulation commencer. Cette manière de voir, qui repose sur le développement rapide d'adhérences séreuses post-opératoires, est confirmée par les observations d'Alexandroff, de Ceccherelli, de Wheeler entre autres, où une seconde laparotomie, faite peu après la première, permit de constater une symphyse péritonéale molle et récente. »
(1) Gatti et Carle, Sur le processus de régression de la péritonite tuberculeuse par la laparotomie. Ri forma medica, 5 et 7 mars 1 804 , p. 027 et G38.
(2) Kirchensky, Influence de la laparotomie sur la péritonite tuberculeuse des animaux. Centralblatt f. palhol. anat. n, allg. Patli., 15 novembre 1893.
(3) Kolbassenko, Sur les causes de l'action curatrice de la laparotomie dans... Gazette médicale de ta Russie méridionale, 181)3, n03 12, 14.
(4) Stciiegolefi', Recherches expérimentales sur l'influence de la laparotomie dans... Archives de méd. expérimentale, 18'JÔ, n° 5.
Forgue et Reclus. — II. 53