BASSIN
sommet du grand trochanter, de porter l'incision trop en dedans, d'exposer à la blessure d'une des branches importantes de la fessière, de porter sur un point plus épais de l'os, de ne point répondre au lieu le plus déclive.
Condamin a voulu d'abord déterminer expérimentalement le point de la fosse iliaque interne correspondant, dans le décubitus dorsal et dans l'attitude particulière de la psoïtis, à la partie la plus déclive du « canal iliaque » de Velpeau, c'est-à-dire de la gaine du psoas. Ce point correspond au milieu de la ligne qui joint l'épine antéro-supérieure à l'épine postéro-supérieure ; à ce niveau, l'os iliaque est réduit à son épaisseur minima : il n'y a, entre les deux lames compactes, qu'un peu de tissu spongieux ; de plus, il répond approximativement à l'interstice du grand et du moyen fessier.
Nous avons eu trois fois recours, dans notre service à Montpellier, au procédé de Condamin : il nous a paru bien réglé, basé sur une exacte étude anatomique, assurant par déclivité convenable l'évacuation purulente. Nous avons suivi sa technique ainsi décrite :
« On cherchera d'abord les épines iliaques supérieures, antérieures et postérieures et on les réunira par une ligne droite. Ces deux points de repère seront toujours extrêmement simples à trouver, surtout si l'on se rappelle qu'au niveau de l'épine iliaque postéro-supérieure il existe une petite dépression cutanée bien connue des accoucheurs qui tracent le losange de Michaëlis pour savoir si le bassin est symétrique ou non. On marque ensuite le milieu de cette ligne s'il s'agit d'un adulte ou un point situé à o millimètres au-dessus s'il s'agit d'un enfant. A ce niveau, on fait une incision cruciale. Une des branches de l'incision doit être parallèle à la direction des fibres du grand fessier; la deuxième doit être perpendiculaire à celle-ci. On arrive ainsi sur l'aponévrose de la fesse que l'on incise sur le bord antéro-externe du grand fessier. Au lieu d'inciser les fibres musculaires, on peut se contenter de les écarter jusqu'au plan osseux. A ce moment le périoste est à son tour incisé crucialement et l'on procède à son décollement qui doit être proportionné à l'étendue de la brèche que l'on veut faire. La trépanation sera unique ou double ; elle pourra se faire soit avec le trépan, soit avec la gouge. La perte de substance devra toujours présenter les dimensions d'une pièce de cinq francs en argent. Il faudra aller lentement dans ce temps opératoire, car souvent la lame osseuse de la fosse iliaque ne présente qu'une épaisseur insignifiante, surtout chez les vieillards. Nous avons vu que chez les enfants, il n'en était pas de même et que quelquefois on trouvait une épaisseur d'os de près de 1 centimètre. Chez les adultes donc, il sera préférable de faire usage de la gouge et du maillet; chez les enfants, on obtiendra plus facilement la brèche voulue en procédant avec le trépan. »