HÉMORROÏDES
Il est un premier degré où les accidents sont de si médiocre importance qu'an traitement médical suffit, et lorsque la crise hémorroïdaire, qui survient à peine trois ou quatre fois l'an, ne se traduit que par un peu d'ardeur, une cuisson désagréable à l'anus, du prurit, un écoulement sanguin sans durée et sans intensité, on conseille les purgatifs légers, les lavages du périnée à l'eau très chaude — 50° ou 55° C. — les lavements à la même température et les applications de tampons d'ouate hydrophile de la grosseur d'un pois et imbibés d'une solution de cocaïne à 1 p. 100. Sous l'influence de cette médication, les crises s'apaisent et s'espacent et les hémorroïdaires de cette catégorie ne songent plus à invoquer l'intervention du chirurgien. Mais il en est tout autrement dès que les varices rectales deviennent douloureuses, saignantes et procidentes.
1° Dilatation anale. — Un seul de ces accidents suffît pour décider à intervenir; mais l'opération varie suivant la nature et la gravité des lésions. Lorsque le symptôme douleur domine, — et ces cas ne sont pas rares chez les hypocondriaques et chez les nerveux, — lorsque, d'autre part, les masses variqueuses sont peu abondantes et que quelques petites ampoules veineuses apparaissent seules à la marge anale après chaque défécation, les hémorroïdes peuvent être considérées alors comme l'équivalent de la fissure et le même traitement leur convient. La dilatation force le sphincter, la contracture cesse et avec elle les souffrances, la constipation et les écoulements sanguins. On. n'a plus à faire l'éloge de cette opération, aussi simple qu'efficace, et nous ne comptons plus les observations où elle a eu pour résultat une guérison complète et durable. Après la campagne menée jadis par Verneuil et par Fontan, cette cause est définitivement gagnée.
2° Extirpation. — Mais dès que les hémorroïdes deviennent procidentes, il faut ajouter à la dilatation l'extirpation des paquets variqueux. Nous avons, comme tous nos collègues, enlevé les hémorroïdes au thermocautère, et « le fer à friser » du professeur Richet nous a paru, à l'époque, un instrument excellent. Mais lorsque l'antisepsie de la région anale est devenue suffisante pour ne craindre, après l'excision des masses variqueuses, ni infection ni suppuration, on a songé à obtenir, ici comme ailleurs, la réunion primitive des tissus divisés, et cette idée est venue simultanément à un grand nombre de chirurgiens. Toujours est-il que, lorsque Delorme exposa, devant la Société de chirurgie, les résultats de la méthode de Whitehead, nous excisions, depuis plusieurs années déjà, les bourrelets hémorroïdaires, réunissant peau et muqueuse par une suture immédiate. Voici notre technique :