Orifire urétéral normal, vu au cystoscope
Fig. 231. — Image cystoscopique lorsque la sonde a pénétré dans l'uretère.
de la cystoscopie. Il faut un canal large (27 ou 28), une vessie tolérante (200 grammes environ, car il faut pouvoir faire manœuvrer non seulement le cystoscope, mais la sonde), une urine aussi claire que possible. Quant à l'infection possible d'un rein sain par la sonde après son passage dans une vessie atteinte de cystite, nous pensons qu'elle peut être évitée dans la plupart des cas, avec des précautions antiseptiques suffisantes. Lesindi-
988 CATHÉTÉRISME CYST0SC0P1QUE DES URETÈRES.
cations du cathétérisme des uretères peuvent se diviser en deux groupes.
§ 1er. Indications au point de vue du diagnostic. — a) Un malade présente des troubles divers qui font songer à une affection du rein, mais sans permettre un diagnostic précis ; l'évacuation directe du rein donnera dans ces cas des renseignements qui peuvent être utiles. On trouvera des observations de ce genre dans le travail d'Imbert. — b) Un malade présentant des signes de lésion urinaire (pyurie, hématurie, etc.), quel est le siège des lésions, vessie ou rein ? La cystoscopie permet d'ordinaire le diagnostic, mais, quelquefois, et nous en avons trouvé des exemples, les renseignements qu'elle fournit sont insuffisants et avantageusement contrôlés par le cathétérisme. — c) Dans bien des cas, un malade présentant des signes de lésion urinaire, le chirurgien reste dans l'incertitude en ce qui concerne le côté atteint; le cas n'est pas rare et le sondage de l'uretère fournira ici des renseignements précieux. — d) Un rein est malade. Quel est l'état de l'autre ? Question capitale au point de vue d'une détermination opératoire telle que la néphrectomie (rein unique, rein opposé affecté de lésion grave, etc.). Presque toujours, elle ne pourra être résolue que par l'évacuation directe de l'urine rénale. — e) Quelle est la nature de l'altération rénale reconnue par les autres procédés d'investigation? Les observations de ce genre rapportées par les auteurs sont nombreuses ; elles ont trait à la lithiase rénale, à la tuberculose rénale, aux pyélites, pyélonéphrites et pyonéphroses, aux hydronéphroses, aux obstructions de l'uretère, aux plaies, aux rétrécissements et aux calculs de ce conduit.
§ 2. Indications au point de vue thérapeutique. — Sans entrer dans le détail de cette question, nous nous contenterons de rappeler que l'on a guéri par le cathétérisme — permanent d'ordinaire — de l'uretère, des rétrécissements et des obstructions de ce conduit, des hydronéphroses, des pyélites, des pyélonéphrites et des pyonéphroses.
7° Opérations cystoscopiques. — On a proposé, depuis quelques années, d'utiliser le cystoscope pour le traitement opératoire des lésions de la vessie et en particulier des tumeurs. Nitze a fait construire un instrument formé d'un cystoscope auquel est annexé une sorte de pince à mors tranchants ; les deux branches sont appliquées et moulées sur l'extrémité de l'instrument; celui-ci introduit dans la vessie, un mécanisme très simple permet de mouvoir les mors et par conséquent de saisir le néoplasme ; on peut du reste remplacer les pinces par un cautère ou par une anse galvanique ; Nitze est, à l'heure actuelle, à peu près le seul à avoir appliqué couramment ce procédé de traitement chirurgical ; nous ne pensons pas du reste qu'il soit appelé à être jamais d'une utilisation pratique. Le cystoscope opératoire, outre les difficultés techniques de son application, restera toujours inférieur à la I aille dans les opérations de tumeurs de la vessie, parce que l'extirpation sera toujours incomplète. Nous pensons, avec Albarran, que son emploi restera limité aux tumeurs franchement bénignes et bien pédiculées et au traitement palliatif des tumeurs incomplètement opérées.