‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 340 sur 372 · SYPHILIS · texte numérisé non relu

SYPHILIS

La syphilis du testicule ne saurait, à aucun titre, compromettre les jours du malade; elle ne menace que l'intégrité de la fonction. Si les altérations sont unilatérales, le testicule indemne supplée à l'insuffisance de son congénère. Mais si les deux glandes sont atteintes, si le traitement n'est pas intervenu, si le parenchyme s'atrophie, la sper-matogenèse est détruite sans retour : c'est la castration sous-albuginée de Fournier. Hamilton cite l'observation d'un homme de trente-six ans dont les deux testicules subirent des transformations fibreuses à la suite d'une orchite syphilitique, ce qui entraîna une impuissance absolue. Les faits n'en sont pas rares ; nous avons examiné de semblables glandes dont les tubes séminifères ont disparu, étouffés dans une gangue fibreuse. D'ailleurs la clinique avait déjà démontré l'inutilité de ces glandes que Ricord appelait « haricocèles », véritables moignons appendus au canal déférent.

Traitement général. — Mais lorsqu'on n'a pas laissé évoluer le mal jusqu'à ce degré, le traitement peut rendre la puissance et la fécondité à qui l'orchite syphilitique l'avait fait perdre. Nous avons soigné un ingénieur portugais atteint d'un double sarcocèle survenu insidieusement. Les tumeurs avaient envahi les testicules d'une manière si sournoise que le patient ignorait leur existence et crut pouvoir se marier. Au bout de deux ans, point de grossesse chez sa femme : sur notre avis, il prit de hautes doses d'iodure de potassium ; bientôt le parenchyme de la glande s'assouplit et il en est, pour l'heure, à son deuxième enfant. Ce fait confirme les anciennes observations de Gosselin et de Vidal (de Cassis). Et, de tant d'exemples accumulés, il résulte que la fonction troublée et même abolie par la syphilis peut reparaître, non pas par la restitutio adintegrum du tissu malade, comme le veulent Ricord et Gosselin, mais par la disparition des dépôts plastiques qui oblitéraient les voies d'excrétion : celles-ci deviennent perméables de nouveau, et les territoires de la glande qui n'avaient pas été envahis par la dégénérescence scléro-gommeuse continuent à fabriquer des spermatozoïdes qui peuvent reprendre leur exode le long de l'épididyme et du canal déférent.

Bien avant que la nature du sarcocèle fût nettement démontrée, on a eu recours au traitement mercuriel : J.-L. Petit lui dut des succès. Avec des notions étiologiques plus exactes on voulut, au commencement du siècle, régulariser son emploi; mais le diagnostic était trop incertain pour rompre avec l'empirisme, et Dupuytren essayait des préparations hydrargyriques dans la plupart des tumeurs du testicule : au mercure à reconnaître les orchites syphilitiques. La thérapeutique errait à l'aventure : chaque médecin avait ses préparations et ses doses préférées. Ricord

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