TRAITEMENT GÉNÉRAL
établit un traitement régulier, maintenant accepté de tous, et les succès qu'on en obtient sont si rapides que, lorsque la résolution se fait attendre après son emploi rigoureux, on doute du diagnostic.
Le sarcocèle est souvent un accident secondaire ; le mercure doit donc avoir prise sur lui ; on semble l'avoir oublié : lorsqu'on eût démontré l'efficacité de l'iodure de potassium, plusieurs médecins ne s'adressèrent plus qu'à ce dernier. Cette exclusion est regrettable, surtout dans les formes précoces. Hamilton et Curling avaient cependant montré quelle rapide action le mercure exerce dans ces cas. L'association des deux médicaments est donc indiquée. Mais l'iodure n'en reste pas moins l'agent par excellence, comme Ricord l'a démontré ; il a démontré, en outre, que les doses n'en sont pas indifférentes. Que de patients atteints de sarcocèle ont eu à souffrir d'une trop grande timidité dans l'administration du remède ! « Il m'est arrivé, dit Gosselin, de traiter des malades, qui depuis longtemps prenaient 30 à 50 centigrammes d'iodure par jour, sans avoir aucune diminution dans leur tumeur, et d'obtenir leur guérison dans l'espace de quatre à cinq semaines en portant la dose à 4, 5 et 6 grammes.
Tous les auteurs sont d'accord pour donner à leurs malades de hautes doses d'iodure. Beaucoup commencent par 1 ou 2 grammes, puis élèvent progressivement la quantité. Nous débutons par 8 grammes, 4 grammes le matin et 4 grammes le soir, dans une tasse de lait tiède, et nous continuons, sans crainte de porter la dose à 10 ou 4 2 grammes, j usqu'à ce que la résolution se fasse : « Dès la première semaine, l'influence curative s'annonce d'une façon appréciable. Et, dans les cas moyens, trois, quatre, cinq semaines au plus suffisent pour rendre au testicule dégénéré son volume et sa souplesse physiologiques. » Dans un fait paradoxal que nous venons d'observer, nous avons administré inutilement pendant six mois une grosse dose quotidienne d'iodure de potassium ; le testicule gros, dur et bosselé, gardait sa forme et sa consistance primitives : pensant à une tumeur maligne, nous supprimons le traitement et, au bout de deux mois, notre client revient avec un testicule normal.
Fournier dit qu'il faut tenir grand compte de l'âge de la syphilis ; lorsqu'il s'agit d'une vieille vérole, il traite le sarcocèle par l'iodure seul : « Inutile alors de s'adresser au mercure. L'iodure suffit et il suffit amplement. Quel avantage y aurait-il à compliquer la médication par l'emploi d'un remède superflu? Tout au plus l'indication se présenteraitelle d'avoir recours à la médication mixte si la lésion se montrait rebelle à l'iodure. » C'est en effet la restriction qu'il faut faire. Nous avons vu des sarcocèles syphilitiques, manifestations tardives d'une vérole ancienne, ne s'assouplir que lentement avec la médication iodurée, puis fondre sous nos yeux lorsqu'on ajoutait des frictions hydrargyriques ; aussi nous recommandons l'emploi du mercure dès que la guérison semble se faire attendre. En tous cas, il ne saurait y avoir d'hésitation lorsque l'accident est précoce : Fournier, qui a recours à l'iodure à toutes les périodes et contre toutes les formes de la maladie, reconnaît que le
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mercure exerce une influence marquée sur l'épididymite secondaire.
En résumé, il faudra, d'ordinaire, prescrire le traitement mixte ; en même temps qu'on donnera de 6 à 10 grammes d'iodure, on fera absorber de 5 à 10 centigrammes de protoiodure de mercure. Peut-être serait-il mieux de remplacer ces pilules soit par un bain au sublimé, soit par des frictions quotidiennes avec de 3 à 6 grammes d'onguent napolitain sur le scrotum ou à la partie interne des cuisses, ou bien encore par des injections sous-cutanées, soit enfin par le sirop de Gibert. On variera la médication suivant la susceptibilité individuelle. Nous renvoyons, pour les détails, à notre chapitre général sur le traitement de la syphilis. Le traitement sera continué jusqu'à disparition de la tumeur; la glande aura son volume normal, elle sera souple; les bosselures auront disparu ; la compression des tissus provoquera la sensation caractéristique du testicule pincé ; les érections seront fréquentes et le sperme contiendra des animalcules.
Parfois il faudra suspendre le traitement avant la résolution totale. Il n'est pas rare de voir quelques noyaux persister, en un point du testicule, sur l'albuginée, dans l'épaisseur du corps d'Highmore. Les indurations se fondent l'une après l'autre, celles-là demeurent, et les doses de plus en plus élevées d'iodure ou de mercure échouent. Pourquoi continuer une médication qui n'est pas sans danger? Nous avons soigné un médecin pour un double sarcocèle : sous l'influence du traitement mixte, un des deux testicules s'assouplit complètement, l'autre reprend sa consistance normale, sauf en un point qui demeure dur, ligneux, bosselé, adhérent au scrotum; rien ne peut modifier cet état. Tout à coup, -à propos d'un long voyage en chemin de fer, une orchite aiguë se déclare, la bourse s'ulcère, une gomme enflammée fait issue en bloc au dehors et la guérison totale survient en moins de quinze jours. La gomme nécrosée agissait comme un corps étranger qui ne pouvait se résorber ; il fallut une sorte d'expulsion brutale de l'organisme.
Traitement local. — Le traitement local est sans importance : les pommades iodées et iodurées,les onguents de toute sorte peuvent être négligés sans dommage : la compression a peut-être plus de valeur et la méthode de Fricke a joui de quelque renommée : Après avoir évacué le liquide contenu dans la vaginale, on saisit le testicule et l'on forme, par plusieurs circulaires, un anneau assez serré pour que l'organe ne puisse pas s'y engager et échapper à la compression. Ensuite, on enveloppe par des tours circulaires ou obliques la tumeur, de manière à la serrer uniformément et à la couvrir tout entière. » Il n'est pas impossible que, par ce procédé, on ait hâté la résolution déjà commencée par la médication générale; mais, d'habitude, il sera pour le moins inutile.
On s'est préoccupé de l'hydrocèle qui complique parfois le sarcocèle syphilitique. Lorsque l'épanchement est volumineux, une ponction est souvent indiquée pour mieux établir le diagnostic; on arrive alors directement sur la glande et la palpation n'est plus voilée par une couche