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FONGUS BÉNINS DU TESTICULE

On connaît bien maintenant le fongus consécutif aux plaies opératoires du scrotum, aux traumatismes ou aux destructions du scrotum par les inflammations suraiguës, les fièvres graves et les gangrènes. Nous n'insisterons pas sur leur traitement, qui se devine. Lorsque le fongus est d'origine traumatique, si la plaie de sortie est nette, il suffit de laver l'organe, de le désinfecter avec soin, de le réintégrer dans les bourses par l'orifice de sortie dont les lèvres seront suturées avec ou sans drainage. On pourrait, à la rigueur, abandonner la glande à elle-même, et de nombreuses observations ont été publiées où la guérison spontanée a été obtenue : l'albuginée exposée végète, des bourgeons charnus la recouvrent et forment, à sa surface, une membrane granuleuse qui s'unira bientôt à l'anneau constitué par le scrotum rétracté sur le pédicule. Peu à peu la cicatrisation se fait, le tissu inodulaire entraîne les téguments d'une part, et de l'autre refoule le testicule, comme le ferait une sangle rétractile, jusqu'à ce que la glande soit de nouveau enveloppée par les bourses. Nous avons plusieurs fois suivi cette curieuse réintégration. Mais combien plus prompte est la guérison lorsqu'on remet le testicule dans ses enveloppes, et qu'on l'y maintient par une bonne suture.

Le fongus syphilitique présente deux formes : le fongus albuginique ou hernie du testicule et le fongus parenchymateux. La première variété a des rapports étroits avec la hernie du testicule d'origine traumatique ou gangreneuse : une gomme infiltre à la fois les bourses et l'albuginée : elle s'échauffe, se ramollit, s'évacue au dehors après ulcération du scrotum ; au travers de cette perte de substance s'échappe le testicule qui, s'il sort tout entier, constitue le fongus total, tandis qu'il forme le fongus partiel si un segment de l'organe émerge seul hors des bourses. L'origine syphilitique de ces fongus a été longtemps méconnue ; aussi les chirurgiens ontils inventé, pour les guérir, de nombreux procédés dont quelques-uns d'une ingéniosité parfaite, mais tous inutiles. On a conseillé l'excision, l'abrasion, la cautérisation; on a employé le bistouri, le cautère, l'écraseur, le serre-nœud ; on a proposé la dissection des lambeaux scrotaux destinés à entourer de nouveau la glande échappée. Mais il n'est pas besoin d'opération sanglante et, avec l'aide de l'iodure de potassium, la nature y suffit. Lorsque le fongus est profond, le mécanisme est simple; les bourgeons qui s'étalent à la surface du scrotum se réunissent en une membrane qui se rétracte peu à peu : elle affleure bientôt les téguments auxquels elle s'unit et la tumeur a disparu. Mécanisme à peu près semblable pour la guérison de la hernie du testicule. Mais nous l'avons exposé à propos de la réintégration spontanée de la glande spermatique à la suite du traumatisme. Le processus cicatriciel mis en branle par le traitement spécifique se charge de l'autoplastie, et on n'a nul besoin de la méthode de Syme.

Le fongus tuberculeux est presque toujours albuginique ; c'est une hernie du testicule due à l'effondrement des tuniques scrotales détruites par une gomme tuberculeuse. Nous croyons avoir établi ce point sur des bases assez solides pour ne pas y revenir. Aussi parfois le testicule est

sain ou à peu près, et on peut essayer de le réintégrer par l'opération de Syme quia donné quelques succès. « Syme excise circulairement autour de la tumeur, en prolongeant son incision en haut et en bas de manière à lui donner une forme elliptique ; puis il dissèque de chaque côté les téguments et les ramène sur le fongus où il les fixe par des points de suture. Le scrotum est aussi soutenu par un bandage... La surface du fongus recouverte de granulations s'unit aux téguments... » En trois semaines, la cicatrisation serait effectuée. L'envahissement du parenchyme par la tuberculose ne nous fait accorder qu'une confiance médiocre à cette méthode de conservation. Réintégrer le testicule dans les bourses, c'est bien, mais y restera-t-il ? L'albuginée tuberculeuse adhérera- t-elle au scrotum suturé ? Les granulations des testicules vont-elles rétrocéder ? Ne poursuivraient-elles pas plutôt leur processus ulcératif? Aussi un examen attentif de l'organe est nécessaire : si l'on constate des lésions nettes, on pratiquera la castration.

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