TUMEURS
Le chapitre des tumeurs du testicule, si long lorsqu'on étudie l'anatomie pathologique, est singulièrement court lorsqu'il s'agit du traitement, et quelques lignes pourraient y suffire : qu'on ait affaire à des carcinomes ou à des sarcomes, à des tumeurs mixtes ou à des lymphadénomes, à des enchondromes ou à des maladies kystiques, à des fibromes ou à des myxomes, à des myomes ou à des ostéomes, la question est la même : faut-il ou ne faut-il pas amputer la glande?
D'ailleurs, dès que, pour une tuméfaction des bourses, nous avons éliminé la possibilité d'une hydrocèle ou d'une hématocèle, d'un testicule tuberculeux et d'un testicule syphilitique, dès que le diagnostic de « tumeur » de la glande spermatique est porté, nous ne pouvons guère aller au delà de cette notion vague, et nous ne saurions dire si la tumeur est bénigne ou maligne. Mais ceci importe peu: les tumeurs bénignes sont rares, et puis la tumeur désorganise la glande qui perd ses fonctions et devient gênante par son poids, « indécente » par son volume ; on doit donc l'enlever comme une tumeur maligne, ce qui, au point de vue thérapeutique, déblaye le terrain. Une fois que la castration a été pratiquée, le microscope intervient qui permet alors de déterminer la nature du néoplasme; on peut avoir quelque notion sur le pronostic de la lésion, l'évolution ultérieure du mal, et les chances de récidive.
Cependant une question se pose : faut-il, lorsque le diagnostic en est porté, extirper les tumeurs malignes ? Leur récidive est en général non seulement fatale, mais si rapide qu'on a pu se demander si l'opération n'active pas la généralisation, et nous avons entendu Duplay professer cette doctrine. De fait, il n'est pas un de nous qui n'ait à déplorer de ces