CRANE ET CERVEAU : ARCES CÉRÉBRAUX NON TRAUMATIQUES
paralysies partielles. Bref, c'est le tableau d'une méningite qui se dessine et il est de toute importance pratique de songer toujours à son origine auriculaire possible : sïl y a de l'otorrhée ancienne, tarie généralement depuis l'apparition des accidents, ou une douleur manifeste vers l'oreille, à plus forte raison une tuméfaction douloureuse de la mastoïde, le chirurgien est naturellement porté vers ce point; chez les tout jeunes, chez les malades qui nous sont apportés en pleins troubles cérébraux à l'hôpital, le diagnostic comporte des difficultés.
Et l'indication est urgente : le premier soin doit être d'évacuer le pus ; la paracentèse de tympan, s'il s'agit d'une otite aiguë, est un minimum opératoire ; il est plus sûr de vider la caisse par la trépanation de la mastoïde et l'évidement pétro-mastoïdien. Certes, dans le cas d'une méningite suraiguë et diffuse, l'intervention est frappée d'impuissance ; et, devant ces formes intenses et rapides, mortelles en quelques jours, il est vraisemblable que la majorité des praticiens s'abstiendront. La méningite subaiguë, à symptômes moins accentués et surtout moins promptement progressifs, nous laissera plus souvent le temps d'observer et d'agir. El des faits assez nombreux nous montrent la disparition de phénomènes méningitiques graves, consécutivement à la simple trépanation de l'apophyse et de la caisse : il est possible, comme l'admet Broca, qu'autour de l'oreille moyenne infectée et se vidant mal, se produisent une infiltration, . un œdème, une congestion septiques qui rétrocèdent après désinfection du foyer initial ; il faut peut-être faire jouer un rôle à la simple irritation des méninges, au « méningisme » que les médecins admettent. Peu importe l'hypothèse ; le fait pratique seul intéresse : il y a des méningites subaiguës et même aiguës, qui ont guéri par une intervention limitée à l'oreille moyenne ou à ses dépendances. Et c'est une raison pour déterminer le chirurgien à une opération qui, dans le cas d'une infection limitée ou atténuée des méninges, a quelques chances de succès et qui, dans le cas d'une méningite diffuse, n'ajoute aucune gravité à une situation sans remèdes.
2° Constance de l'indication opératoire. — En pratique, la conduite n'est jamais aussi simple que le suppose le schéma des descriptions didactiques. Méningites, phlébite des sinus, abcès méningés ou encéphaliques: voilà, dans l'otite moyenne, les trois espèces de complications intracrâniennes que distingue la pathologie ; au lit du malade, le diagnostic est rarement aussi catégorique. Cette précision absolue n'est heureusement pas nécessaire. Il est d'abord, comme Broca vient d'y insister, un premier soin, un premier temps opératoire qui s'impose, quelle que soit l'hypothèse : c'est d'assurer le drainage et l'antisepsie de l'oreille, par la trépanation et le curettage de la mastoïde et de la caisse.
§ 1er. Hypothèse d'une méningite circonscrite et bénigne. — Dans le cas d'une inflammation méningée bénigne et circonscrite, cette intervention peut être suffisante; cela suffit surtout dans le cas de pseudo-méningite par simple rétention du pus dans la caisse. Mais, en règle prudente, il vaudra mieux, en approfondissant par en haut la brèche mastoïdienne, aller jusqu'à la dure-mère.