PHLÉBITE DES SINUS, D'ORIGINE OTITIQUE
§ 2. Phlébite des sinus. — Chez un malade présentant le syndrome de la phlébite du sinus — oscillations thermiques brusques, frissons pyohémiques, coagulation de la jugulaire palpable sous le bord antérieur du sterno- mastoïdien — on sera ainsi habituellement conduit par les lésions d'ostéite qu'on poursuit à la gouge ou à la curette, jusqu'à l'abcès extra dural, jusqu'au sinus thrombose : en partant de la paroi postérieure de l'antre, qu'on taille au ciseau par copeaux, ou qu'on curette, si l'os est ramolli, on arrive à le mettre à nu ; grâce au protecteur de Stake, on achève d'en découvrir un segment. Si l'examen de ce dernier confirme le diagnostic, si on le trouve solidifié parla coagulation, jaune ou verdâtre, sans battements, la pratique est fixée maintenant. On commence par lier, au cou, la jugulaire interne, au-dessous du caillot si possible, pour fermer la route aux fragments emboliques détachés du caillot, pour empêcher l'entrée de l'air et supprimer l'hémorragie qui vient du bout central quand le sinus est ouvert; cette ligature est parfois rendue difficile par la présence autour de la veine d'une gangue inflammatoire et de ganglions qu'il faut disséquer aux ciseaux. Puis, on incise le sinus, on cherche à extraire par des tractions à la pince chacun des bouts du caillot qui, d'ailleurs, se fragmente et dont l'ablation nécessite parfois, comme le conseillent Parker et Pritchard, l'emploi d'une fine curette. L'hémorragie est médiocre, tant que persiste un thrombus bouchant le bout supérieur; mais lorsque le pressoir d'Hérophile est désobstrué, un jet de sang noir se produit, dont on se rend vite maitre avec le tamponnement à la gaze iodoformée ou au catgut. On achève alors de vider et de nettoyer le tronçon veineux intermédiaire entre le sinus latéral et la ligature de la jugulaire ; on tamponne la plaie mastoïdienne à la gaze iodoformée et on draine le haut du cou.
Ce n'est là qu'une des applications de la désinfection directe des veines occupées par un thrombus infectieux, intervention dont nous avons cité quelques exemples à propos de la phébite et de la pyohémie. Zaufal fut le premier, en 1884, à inciser et drainer le sinus infecté; en 1888, Lane joignit à cette opération la ligature de la jugulaire, déjà conseillée par Zaufal et Horsley. Depuis, ces interventions se sont multipliées, surtout en Angleterre où Lane, Ballance, Mac Ewen ont publié des documents de haute valeur puisqu'ils représentent leur pratique personnelle ; Forselles (1) et Jansen (2) ont écrit des mémoires à consulter comme monographies d'ensemble et indications bibliographiques ; chez nous, le chapitre du livre de Brocaet Maubrac est ce qu'on a écrit de plus clair sur la question. Lane, dans sa communication à l'Association médicale britannique, en 1893, comptait 8 guérisons sur 10 opérés; Mac Ewen, sur 27 cas, a obtenu 20 guérisons; Jansen enregistre G succès sur 13 cas.
§ 3. Abcès extraduraux et pacuyméntngite externe. — Dans quelques
(\) FoKSEu.rcs, Die durch eitrige Mittelohrentzundung verursachte latéral Sinus Tbronibose. Kuopio, 1893.
(2) Jansex, Erfahrungen ueber Ilirnsinuslhroiubosen. S(i7?iml. klin. Vortvû.ge, 1895, no no.