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C. — Fibromes de l'utérus

1° Traitement médical. — Maints fibromes, petits ou gros, restent, surtout chez les femmes de la classe aisée, compatibles avec une vie active ; les malades souffrent médiocrement, saignent un peu plus au moment des règles, mais c'est à peu près tout; et l'on en voit porter, véritable grossesse fibreuse, sans de plus inquiétants symptômes, des myomes de 10 à 15 kilogrammes et qui dépassent l'ombilic. Contentez-vous alors de nourrir ces malades, de les tonifier par le fer et le quinquina, de prescrire les bains de Salies-de-Béarn ; ordonnez le repos au moment des règles, et faites des injections sous-cutanées d'ergotine d'Yvon, à la dose quotidienne de 20 à 30 centigrammes. L'antipyrine, la teinture de cannabis inclina, à la dose de 10 gouttes donnée trois fois par jour, l'extrait fluide (ïhydraslis canadensis à la dose quotidienne de 25 à 50 gouttes ont des effets plus contestables. Attendez-vous à les voir inefficaces quand la cavité utérine est très spacieuse, et, partant, quand la surface d'hémorragie est amplifiée. Si les hémorragies persistent, vous aurez recours aux injections vaginales très chaudes et; au besoin, au tamponnement à la gaze salolée, ou iodoformée très secouée. Nous avons vu,

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dans quelques-uns de ces cas, le curettage donner des résultats excellents et assez durables.

2° Traitement électrique. — L'électricité est en grande faveur dans la thérapeutique des fibromes : pour certains cas et sous conditions, elle la mérite. Segond nous propose une formule : « Les indications du traitement électrique des corps fibreux existent seulement lorsqu'il est inutile ou impossible de faire mieux. » Aux deux extrêmes de la liste des fibromes justiciables de l'électrothérapie, plaçons donc d'une part ceux pour lesquels la médiocre intensité des symptômes et la lenteur d'accroissement contre-indiquent toute action sérieuse, et d'autre part les fibromes qu'il faudrait enlever, mais qui défient par leur volume et leurs masses diffusées ou par la gravité de l'état général toutes les tentatives sages d'ablation. Si la femme est voisine de la ménopause, le traitement électrique a encore plus de raison d'être tenté, plus de chances de réussir : il s'agit de gagner cette période critique où très souvent, — mais non aussi constamment que l'enseignent les classiques, — on peut voir, avec la cessation des congestions menstruelles, se suspendre la vie active du fibrome. Mais, condition capitale et sur laquelle Richelot, Bouilly et Terrier ont eu raison d'insister, serrez de près le diagnostic : que de fois les trompes sont malades à côté d'un utérus fibromateux auquel elles s'incorporent étroitement! Maints fibromes ne sont douloureux que par les salpingites ou les lésions ovariennes concomitantes, comme d'autres ne sont hémorragiques ou compliqués de pertes muco-purulentes qu'en raison de vieilles métrites méconnues : il suffit d'un ou plusieurs curettages pour les rendre silencieux et tolérables, tandis que l'électricité serait dangereuse. Si la trompe et l'ovaire ne sont pas suppures, dit Richelot, il n'y a que demi-mal ; parfois on voit s'atténuer les exsudats plaqués à l'utérus et pris pour des fibromes. Mais, si l'on se trouve en présence d'une suppuration pelvienne, les accidents peuvent être mortels, et ils l'ont été plus d'une fois.

A l'exemple d'Apostoli, la plupart recommandent les grandes intensités, de 100 à 250 milliampères : Championnière et Danion défendent les intensités moyennes, de 45 à 60 milliampères, mais conseillent le renversement du courant : il est prudent de tàter la susceptibilité de la malade par des quantités faibles. Un des pôles est appliqué sur le ventre par l'intermédiaire d'un gâteau de glaise; l'autre électrode est une sonde de platine, à manchon isolant, poussée dans la cavité utérine ou même plongée en plein parenchyme : le pôle actif intra-utérin sera positif pour les premières séances et dans les fibromes hémorragiques, négatif dans les cas de dysménorrhée et dans les autres cas. Cet électrode intra-utérin a la forme d'un hystéromètre,, à tige d'or ou de platine ; pour les fibromes à hémorragies abondantes, pour les utérus dilatés, Apostoli emploie un électrode formé d'un cylindre de charbon de cornue ; les galvanopunctures se font au moyen de trocarts d'acier, montés sur manches creux, et utilisent toujours le pôle négatif. Cinq, huit à dix minutes sont en général suffisantes; le traitement devra être continu et comprendre une à deux séances par semaine. Fougue et Reclus. — II. ^

Régression du fibrome variant du 1/5 au 1/3; arrêt rapide des hémorragies ; disparition des phénomènes de compression : voilà, d'après Apostoli, les résultats de la méthode continuée pendant trois à neuf mois en moyenne. Il est certain — et les faits de Championnière, de Schwartz, de Segond le confirment — que Ton voit souvent les métrorragies s'arrêter, la pesanteur des gros corps fibreux s'atténuer, l'état général se remonter; d'autre pari, il n'y a aucun doute sur la diminution de certains fibromes. Mais de là à espérer une fonte totale et stable, il y a loin, et les exemples en sont illusoires ; à ce point de vue, il faut distinguer, à l'instar de Richelot, les fibromes interstitiels et ceux énucléés de la paroi : les premiers, vivant en large communication de la vie de l'organe, y excitent plus vivement la contraction, la douleur, l'afflux sanguin, mais aussi sont plus impressionnables par tout ce qui modifie la nutrition et la circulation de la paroi utérine, l'électricité aussi bien que la castration ou l'ergot; au contraire, l'action des courants est bien moindre sur ces corps fibreux énucléés ne gardant avec les parois que des relations moins intimes. Cette action n'est que temporaire ; sauf de rares exceptions, de myomes « obéissants, qui finissent par rester tranquilles », le corps fibreux abandonné à lui-même tend à reprendre son volume primitif. Si la malade approche de la ménopause, elle aura la patience et le temps d'arriver au jour où la nature lui viendra en aide; si elle est jeune, ces retours offensifs risquent de la lasser ou de la tuer par épuisement.

3° Extraction vaginale des « polypes m. — Lorsqu'il s'agit d'un fibrome pédicule, d'un polype de petite taille, à pied mince, « accouché » à travers le col, l'extraction est simple; saisissez-le avec des pinces à griffes et abaissez-le, faites-le pivoter plusieurs fois sur son axe, de façon à tordre le pédicule, et glissez jusqu'au pied de forts ciseaux, courbes sur le plat, qui saperont l'insertion à petits coups. Si de gros vaisseaux battent dans le pédicule, forcipressez-le avant la section. — Une espèce est intéressante, celle des « polypes énormes », qui bourrent le vagin, ne laissent point le doigt arriver à leur pied et ont peine à franchir la vulve : en arrière de ces « bouchons » fibreux se font des stagnations qui, à l'occasion d'un menu trauma d'exploration, deviennent l'origine de septicémies foudroyantes. Avant tout examen et toute opération, procédez donc à une vigoureuse antisepsie vaginale : pour faciliter l'accouchement de la masse, morcelez-la par l'ablation de « tranches », évidez-la par des excisions coniques, ou bien, suivant la proposition d'Hégar, allongez-la par des débridements « en hélice » portant sur la coque.

4° Énucléation. — Lorsque le corps fibreux évolue vers le vagin, et qu'il est enchâssé dans le col, il est facile de l'énucléer au doigt et à la spatule, de la lèvre ambiante, de fermer par suture la cavité d'inclusion si elle est petite ou de la tamponner à la gaze iodoformée si elle est spacieuse et à parois mâchées. — Un fibrome pédicule mais inséré haut sur l'utérus reste cavitaire : parfois il sort sous l'influence d'un travail

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