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TUBERCULOSE VERTÉBRALE : IMMOBILISATION

se masturbent. — Aussi est- il rationnel de prescrire quelques exercices doux, des séances modérées d'haltères, comme l'ordonne Ollier, surtout quand la consolidation est en bonne marche. De plus, au lieu d'un lit qui se déprime, il est facile de faire construire une couchette mobile; un panneau de bois taillé à la longueur du malade, perforé d'un trou pour défécation, matelassé de varech ou de crin végétal, couvert d'une toile cirée mince, muni de manettes pour le manœuvrer facilement et d'embrasses pour immobiliser le malade, est un lit économique, mobilisable, et au besoin transportable sur trois roues mobiles; il suffit pour porter le patient au grand air, au soleil, pour le faire assister aux repas et aux jeux des camarades. Si la situation du malade le permet, on lui fera construire une grande gouttière de Bonnet, qu'on peut transformer en chariot mobile par d'adjonction de roues enlevables. — A l'hôpital, où manquent ces conditions d'hygiène-, nous nous relâchons un peu de la rigoureuse immobilisation dans le décubitus horizontal, et autorisons de meilleure heure la sortie du lit en corset de Sayre. — En tout cas, il importe d'exiger un matelas résistant, uniformément plan, bien nivelé, ne se creusant point sous le poids du corps, afin que le rachis y puisse reposer à plat, également et constamment appuyé.

§ 2. iMMOBlLISATIOiN DU SEGMI5NT VERTÉBRAL ATTEINT. — Le décubitus horizontal ne suffit pas. Il ne peut, en effet, réaliser l'appui égal de tous les corps vertébraux; le malade n'y garde point l'absolue immobilité ; l'alimentation ou les besoins naturels le dérangent toujours plus ou moins; aussi cette immobilisation doit-elle être complétée par la contention rigoureuse du segment atteint, et mieux, par l'extension continue, qui supprime la pression réciproque des vertèbres.

I. Mal de Pott cervical : extension continue et collier à extension. — En pratique, il n'est point toujours possible de mettre en extension continue une carie vertébrale. Assurément, quand on a affaire à un mal cervical, l'installation est simple et bien tolérée. Le poids du corps fait une suffisante contre-extension : deux compresses rembourrées d'ouate, dont l'une embrasse le menton pendant que l'autre emboîte la nuque, et cousues ensemble à leur intersection au-dessus de l'oreille, forment un bandage aisément toléré auquel vient se fixer une corde de traction qui se réfléchit vers la tête du lit sur une poulie et porte un sac de plomb ; 1 kilogramme, 2 kilogrammes sont un poids de début; on peut progressivement l'augmenter, et aller chez l'adulte jusqu'à 4, 5 et 6 kilogrammes.

Personne ne se hasardera à suspendre par la tête un mal sous-occipital. Ici, aux périodes de début et d'état, la méthode la moins périlleuse est l'application de l'extension continue dans un décubitus horizontal rigoureux. Redressement lent de la tête, correction graduelle de la contracture, atténuation des douleurs et de l'irritation inflammatoire, voilà les avantages de l'extension continue, moins coûteuse que les minerves des orthopédistes. Si on préférait un appareil et si, à la période de la réparation, on se décidait à faire marcher un mal sous-occipital, c*est le collier de Lannelongue qu'il faudrait choisir. « 11 se compose de deux

pièces principalement réunies l'une à l'autre par deux montants dont la longueur peut être modifiée à volonté. La pièce inférieure, crui sert de point d'appui, est formée d'une large pèlerine en cuir, moulée sur les épaules et la partie supérieure du tronc. La supérieure également en cuir, s'applique sous la base du crâne et sous les maxillaires. Les deux montants contiennent des crémaillères à l'aide desquelles on éloigne ou l'on rapproche l'une de l'autre les deux pièces précédentes. Cette minerve est facilement tolérée par les sujets qui s'accoutument à la porter; elle est d'une construction simple et solide : ces qualités sont indispensables pour que l'appareil soit porté jour et nuit sans aucune interruption. »

II. Appareils de soutien. — Aux régions cervico-dorsale, dorsale, dorsolombaire,lombo-sacrée, l'extension continue, la« distraction's méthode», rencontre des difficultés d'installation. Tout appareil d'extension suppose, en effet, deux points fixes, l'un pour la traction et l'autre pour la contretraction. Ce dernier est naturellement désigné : c'est le relief des hanches, bien disposé pour l'appui de la contre-extension; et encore faut-il faire deux réserves: chez les enfants au-dessous de deux ans, ditLannelongue, de cinq ans, dit de Saint-Germain, l'enceinte pelvienne est trop peu saillante et le ventre trop volumineux pour l'ajustage de l'appareil contre-extenseur, qui glisse. De plus, si les dernières lombaires ou les sacrées sont atteintes, l'appui pelvien est difficile à établir.

Quant à l'appareil de traction, on peut l'accoler sur le relief du thorax, sous les aisselles, sur la base de l'extrémité céphalique. — ■ Le premier appui est insuffisant et dangereux, outre qu'il ne pourrait convenir qu'aux formes dorso-lombaire ou lombaire du mal vertébral : il faut redouter les compressions thoraciques chez des malades disposés à se tuberculiser, d'autant que les gibbosités dorsales s'accompagnent de rétrécissement du thorax. — Le soutien sous-axillaire paraît excellent à beaucoup de chirurgiens et est utilisé dans maints appareils : ce sont, ou des béquillons montés sur tuteurs latéraux qui emboîtent l'aisselle, on des sous-bras élastiques qui en font la traction. Or, d'après Lannelongue (1) , cet appui axillaire est insuffisant : « Les épaules, essentiellement mobiles, dit-il, se laissent soulever jusqu'à ce que le sujet commence à souffrir, auquel cas l'appareil devient insupportable. » Sayre lui-même avait écrit : « L'idée d'après laquelle ont été construits les appareils de soutien formés d'une ceinture autour des hanches, et de béquilles placées sous les bras, est simplement absurde à cause de la mobilité des épaules, laquelle est si grande que ces parties s'élèvent aussi haut que le permet la souffrance du malade, sans enlever à la colonne le poids du corps ». Et puis, comment utiliser l'appui axillaire dans ces maux de Pott qui siègent à la jonction de la colonne dorsale et qui sont la variété clinique la plus difficile à mobiliser ? Ils sont trop haut situés pour être maintenus par des appareils à soutien pelvi-axillaire, trop inférieurs pour être bien suspendus par une minerve.

(I) Lannelongue, Tuberculose vertébrale. Paris, 1883.

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