DÉVIATIONS RACHIDIENNES
SCOLIOSE.
A. — Indications générales de son traitement.
1° Importance du traitement préventif. — « La scoliose abandonnée à elle-même, déclare de Saint-Germain, ne guérit jamais. » Ce ne sont point les scolioses vraies que la croissance corrige, mais simplement des attitudes incorrectes. Donc, compter sur le phosphate de chaux, les bains salés — qui exercent néanmoins une bonne action sur la dénutrition osseuse dont sont atteintes les vertèbres — et attendre de l'évolution du rachis son redressement spontané, c'est s'exposer à de graves déformations. Bien plus, comme Hofi'a y insiste avec raison, la meilleure part du traitement de la scoliose consiste en sa prophylaxie. Il ne faut point attendre que la déviation soit caractérisée, pour y porter remède : chez un enfant, en voie de croissance i^apide, l'atonie générale du système musculaire, l'indolence physique avec tendance aux attitudes penchées et affaissées, doivent éveiller l'attention du médecin, surtout si l'hérédité lui fournit un avertissement. A cette période d'insuffisance musculaire, il faut veiller sur les conditions capables de créer des attitudes prolongées : comme le dit Lagrange, la gymnastique du maintien est, à ce moment, la meilleure de toutes les orthopédies. On réduira les heures de classe ; on prolongera le séjour au lit de façon à alléger le rachis de toute surcharge et à préserver les muscles rachidiens de tout surmenage; les bancs d'école seront conformes^ aux modèles rationnels que décrivent les traités d'hygiène ; l'écriture anglaise sera remplacée par l'écriture droite ; si l'on trouve une inégalité de longueur des deux membres inférieurs, on surélèvera le talon du côté le plus