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THÉRAPEUTIQUE DES INFLAMMATIONS OCULAIRES

savoir choisir: le classique cautère et l'inévitable vésicatoire au bras ont fait leur temps. Les débilités, les affaiblis, les lymphatiques à kératoconjonctivites récidivantes, les granuleux misérables n'ont que faire des purgatifs répétés, des sangsues à la tempe ou à la nuque, de la spoliation sanguine par la ventouse Horteloup. Au contraire, ces moyens thérapeutiques rendront de bons services quand de violentes poussées congestives ont lieu vers les membranes profondes de l'œil, quand le tractusuvéal prend feu.

Calmer la douleur, c'est encore traiter l'inflammation oculaire dans son plus important symptôme : avec le chlorhydrate de cocaïne que nous pouvons ajouter à nos collyres, nous sommes armés maintenant contre les affections douloureuses de l'hémisphère antérieur ; les onctions belladonées, les vésicatoires morphines, les injections morpbinées à la tempe font partie du répertoire classique ; Grandclément (1) vient de chaudement recommander les propriétés analgésiantes et antidouloureuses des injections d'antipyrine à la tempe: deux à trois injections suffisent en général pour donner ce qu'elles doivent donner.

Enfin, il est souvent possible d'atteindre l'inflammation en sa cause diathésique déterminante : les scrofuleux et lymphatiques seront traités par lesiodés, les toniques, les bains et l'air salés, pourvu que le malade ne soit pas sous le coup d'une inflammation aiguë, l'hydrothérapie. Aux arthritiques qui font surtout des localisations sur la sclérotique ou le tractus uvéal, on administrera le colchique, le salicylate de soude, surtout le salicylate de lithine; on fera fonctionner leur peau: deux à trois bains térébenthines alcalins par semaine, avec 300 grammes de bicarbonate de soude pour 20 à 40 grammes d'essence de térébenthine, font souvent merveille. La syphilis est la grande coupable en matière d'inflammations oculaires ; c'est, en tous cas, la très souvent inculpée. Que de fois, en désespoir de cause et de médication, prescrit-on l'iodure de potassium et le mercure! En général, il faut frapper vite et fort en matière de syphilis oculaire : on commence par l'iodure aux hautes doses et les frictions mercurielles. Il est des affections syphilitiques de l'œil, des kératites interstitielles, des chorio-rétinites, qui restent indifférentes au mercure en frictions : les injections de calomel ou d'huile grise, peuvent réussir là où les frictions échouent. Il convient de ne point oublier les bons effets des injections sous-cutanées de pilocarpine à la dose de 4 à 5 gouttes d'une solution au dixième, quand il s'agit d'activer la résorption d'inflammations plastiques des membranes oculaires : le calomel à doses fractionnées y rend aussi des services et mérite de rester au répertoire.

(1) Gkandcléme.nt, Archives d'ophtalmologie, rS88, p. 3GT.

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