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TRAITEMENT GENERAL DES KERATITES

muqueuse nasale. Les enfants tolèrent mal les injections intranasales. Au contraire, il est facile de prescrire chez eux des insufflations ou des prises médicamenteuses (4 grammes de bismuth mélangé à moitié d'acide borique ou de salol, et additionné de 15 à 20 centigrammes de chlorhydrate de cocaïne ou la vaseline au menthol et à la cocaïne.)

On examinera avec soin le cuir chevelu des petits malades : l'eczéma impétigineux est fréquent chez les jeunes scrofuleux de la classe pauvre, et la rhinite s'inocule par les doigts allant alternativement du cuir chevelu au nez. On guérira les érosions des joues et des lèvres, irritées par les sécrétions palpébrales au moyen d'applications émollientes, de fomentations tièdes, d'onctions à la vaseline boriquée ou salicylée ou à l'oxyde de zinc. On n'oubliera jamais que la cornée s'inocule et s'infecte très souvent par les sécrétions conjonctivales; les larmes dont la sécrétion est viciée par ;

l'irritation cornéenne réflexe irritent, \,

rougissent et boursouflent la conjonctive palpébrale : il faut donc, et surtout chez les adultes, visiter les voies lacrymales. Si elles paraissent obstruées, on assurera leur perméabilité; l'indication est formelle de les mettre, comme la conjonctive, en état de parfaite asepsie.

Dans les cas ordinaires, il suffit d'exprimer et d'égoutter entre les paupières un tamponnet d'ouate imbibé d'eau boriquée. Si une plus vigoureuse désinfection est nécessaire, on portera au compte-gouttes, dans le sac conjonctival, quelques gouttes de sublimé au 3000e : ces instillations seront répétées cinq ou six fois par jour. Ou plutôt, on fera de grands lavages avec des solutions faiblement antiseptiques, au moyen d'un releveur creux, du modèle de ceux de Lagrange ou de Terson. — Enfin, quand on soupçonne dans la sphère du trijumeau une cause capable de provoquer ou d'entretenir les localisations kératiques d'une diathèse, il sera bon de supprimer cette épine irritante: dents cariées, excoriations, érosions ou éruptions croûteuses de la face.

Le spasme qui contracture l'orbiculaire, dans les kératites superficielles, est un fâcheux élément daggravation et de prolongation du mal. A l'origine, expression réflexe de la souffrance cornéenne, il devient, par la suite, la cause provocante de ces lésions kératiques. Ainsi se crée un cercle vicieux qui enchaîne et entretient ces deux facteurs : la lésion de la cornée et le spasme du muscle. Pour en sortir, il faut rompre la contracture de l'orbiculaire par la canthoplastie et le débridement de la commissure externe. A cet effet, une branche de forts ciseaux se glisse sous la commissure externe jusqu'au bord orbitaire : un coup sec tranche la conjonctive, le muscle et lapeau. Al'exemple de de Wecker, on peut alors, d'un point de

Fig. 30. — Canthoplastie.

suture, unir la conjonctive et la peau à la commissure, ou bien y joindre deux points latéraux.

Plus simplement, on essayera d'un moyen très recommandé par Verneuil: la dilatation forcée des paupières, au moyen d'un blépharostat qu'on laisse en place de deux à cinq minutes. — Quand une paupière entropionnée ou une marge ciliaire en état de trichiasis irritent la cornée et sont l'origine probable de ses lésions, l'indication majeure est de supprimerl'entropion ou le trichiasis avant tout traitement local de la cornée. De même encore, la kératite panneuse ne rétrograde que si la conjonctive s'améliore, si les granulations se guérissent, si les déformations palpébrales ouïes déviations ciliaires se corrigent : par un véritable paradoxe thérapeutique, c'est en dehors de la cornée que se livre le plus efficace combat contre le pannus cornéen.

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