C. — Traitement local
Une fois en règle avec les précautions préliminaires, celles qui atteignent le mal en ses complications ou en ses causes secondes, le chirurgien se trouve en face de la lésion locale, phlyctène, pustule, infiltration cellulaire, ulcère, abcès. Il est de mode, dans les classiques, de dissocier la thérapeutique des kératites, et de superposer à chaque variété symptomatique son formulaire individuel. Rien n'est plus artificiel, rien n'est moins clinique, rien n'expose plus à des obscurités ou des redites, d'autant qu'on a multiplié les espèces. En réalité, les procédés thérapeutiques sont souvent communs, parce que les processus morbides sont identiques. Il y a des lésions fondamentales qui peuvent être un infiltrat cellulaire, une ulcération, une collection de pus, un travail de sclérose, et chacune d'entre elles a des ressources appropriées. 11 s'agit de lui mesurer le remède: là se trouve la solution du problème clinique, plutôt que dans l'exposé de formules uniformes et rédigées à l'avance.
1° Traitement de l'infiltration inflammatoire de la cornée. — § 1er. Applications chaudes : leur effet résolutif sur l'infiltrat cellulaire. — Voici, par exemple, l'infiltrat cellulaire: quel qu'il soit, amas cellulaire de la phlyctène kératique, nappes granitées de la kératite interstitielle diffuse, opacités des kératites parenchymateuses, nous savons qu'il est un moyen simple et héroïque contre toute infiltration de la cornée : ce sont les applications locales chaudes. Sous les compresses ou les rondelles d'ouate, mouillées de solution boriquée à 35° ou 40°, l'activité nutritive de la cornée se relève, la résorption cellulaire s'exalte : rien ne vaut les applications chaudes pour donner du ton à une cornée, pour l'éclaircir et résorber les éléments cellulaires infiltrés. Les douches « à la Lourenço » suractivent encore ces propriétés résorbantes et font merveille dans les larges et tenaces infiltrats cornéens.
De plus, ces fomentations chaudes ont l'avantage d'être remarquablement analgésiantes : sous leur influence, l'œil qui ne pouvait s'ouvrir à la lumière sans révoltes de l'orbiculaire ni photophobie intense, devient tolérant et peu sensible. Pour la kératite phlycténulaire, les résultats sont