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MALADIES INFLAMMATOIRES DE LA CHOROÏDE

1° Traitement médical. — Le traitement des inflammations de la partie postérieure du tractus uvéal ne comporte ni d'autres indications ni d'autres ressources que les phlegmasies de l'iris, partie libre de ce tractus.

Un point est commun aux deux régions : la qualité syphilique fréquente de ces inflammations :« Quatre foissurcinq, la syphilis est en jeu », nous dit de Wecker, qui force un peu la note. Nous n'avons pas de plus sûre indication thérapeutique en matière de choroïdites plastiques : nos meilleurs succès, les seuls peut-être, nous les devons au traitement spécifique. Et l'on doit d'autant plus vigoureusement l'entreprendre qu'il s'agit d'une chorio-rétinite centrale, menaçant d'une cicatrice indélébile la région la plus importante du fond de l'œil.

Même en l'absence de tout accident syphilitique antérieur, il faut tenter cette épreuve et prescrire le mercure en frictions et injections, l'iodure aux doses intensives ; la vérole n'est-elle pas maintes fois méconnue? Nous n'avons pas d'ailleurs l'embarras du choix entre les moyens. Les injections sous-conjonctivales de sublimé — à. la dose d'une demi-seringue de solution non alcoolique à 1/2000 — ont d'ailleurs accru la valeur thérapeutique du mercure. On pourra voir, sous leur influence, des malades dont l'acuité visuelle était devenue à peine mesurable, recouvrer une acuité presque parfaite : il est évident qu'on arrive trop tard quand la rétraction cicatricielle et la choroïdite atrophique ont fait leur œuvre.

En dehors de cette médication spécifique, nous sommes vraiment bien démunis : la séquestration du malade dans l'obscurité, ou tout au moins la protection de l'œil par le bandeau ou les verres fumés sombres, ne sont qu'une ressource auxiliaire ; les émissions sanguines, les dérivatifs sur le tube digestif ne peuvent que prévenir les poussées congestives des pléthoriques, des femmes à la ménopause : nous n'avons quelque foi que dans les injections de pilocarpine et dans les courants continus faibles appliqués d'une tempe à l'autre. La médication générale conserve ici sa haute valeur; on n'oubliera point que, chez les femmes, à la période d'instauration menstruelle et de ménopause, des affections utérines peuvent exercer une influence indiscutable sur l'affection oculaire, et que traiter l'utérus, c'est aider l'œil à guérir.

2° Traitement opératoire.— L'irido-choroïdite séreuse, avec hypertension oculaire et douleurs ciliaires violentes, est très améliorée parla paracentèse répétée de la chambre antérieure. Dans les cas où l'irido-choroïdite a développé une large synéchie postérieure ou une occlusion pupillaire totale, il convient de libérer à temps une partie du bord pupillaire, d'ouvrir une pupille artificielle, et de rétablir la communication entre les deux chambres, avant l'apparition de symptômes glaucomateux qui augmenteraient les difficultés opératoires et les risques d'enclavement iridien dans les angles de la plaie cornéenne.

Après l'iridectomie, on verra l'aspect de l'iris s'améliorer, la nutrition du corps vitré se rétablir et ses flocons opaques disparaître, l'acuité visuelle remonter: des yeux en voie d'atrophie peuvent, nous l'avons plusieurs fois noté, reprendre leur volume et leur consistance. On évitera d'intervenir au moment d'une période phlegmasique vive ; si des symptômes pseudo-glaucomateux se sont développés, on ne placera point trop périphériquement la section cornéenne, et, après l'opération, l'on usera largement des instillations d'ésérine : on pourra utiliser, comme nous l'avons fait, le pansement myotique de de Wecker, dont nous doonons la formule à propos de la cataracte.

L'excision de l'iris est ici rendue malaisée par les fausses membranes qui l'accolent étroitement au cristallin et au corps ciliaire : or il importe d'enlever ces masses plastiques qui ont de la tendance à réencombrer la pupille. Aussi faut-il largement inciser la cornée au couteau de Graefe, et enlever d'un coup de ce même couteau un grand lambeau irien avec les fausses membranes sous-jacentes : la pince à iris n'en pourrait arracher que des haillons. Dans un grand nombre de cas, on n'y arrivera qu'en enlevant en même temps le cristallin, d'ailleurs opaque et altéré. Si la pupille s'obstrue à nouveau d'exsudats récidivants, on choisira une période de calme pour répéter l'opération : alors, si le cristallin est déjà enlevé, il pourra suffire d'aller, au travers d'une étroite ouverture cornéenne, pincer ou crocheter ces fausses membranes qu'on excisera à la pinceciseaux ; parfois, c'est une iridectomie qu'il faut faire, ou une capsuiotomie, ou bien une opération combinée, du type décrit pour les cataractes secondaires. — Un œil déjà en voie d'atrophie, perdu à la suite d'irido-

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