CATARACTES SECONDAIRES
boriquée ou sublimée au -^ô sur la plaie cornéenne entrebâillée ; les injections sous-conjonctivales de sublimé donnent de merveilleux résultats et pas mal d'yeux ont été sauvés ainsi.
Dans les cas normaux, lorsqu'on ouvre l'œil pour la première fois, — ce qu'il faut différer jusqu'au huitième jour, si l'œil ne souffre pas, — on est agréablement surpris de l'absence de réaction inflammatoire vers la conjonctive et l'iris : d'où absence d'exsudations iriennes et conservation absolue de la transparence de la cornée dont le lambeau se cicatrise du deuxième au quatrième jour. A ce moment, il est presque toujours indiqué d'atropiniser l'œil opéré pour prévenir ou rompre les synéchies iriennes possibles ; si l'iris résiste, déjà adhérent, l'association de la cocaïne à l'atropine permettra la mydriase. Dès le quatrième jour, on peut laisser découvert l'œil non opéré; vers le douzième jour, on peut supprimer tout pansement compressif et se contenter d'un bandeau flottant devant l'œil. Puis, sous les lunettes fumées, l'œil fait peu à peu son apprentissage de la lumière ; il ne s'agit plus que de lui rendre un cristallin artificiel avec les verres convexes, associés aux cylindriques, si l'on constate un astigmatisme post-opératoire qui mérite correction ; mais il ne faut pas le faire avant un bon mois. Si le cataracte était emmétrope, on prescrira pour la vision de loin un verre convexe de -j- 10 à -f- 11 dioptries, et pour la vision de près un verre de -j- 15 dioptries. Dans le cas de myopie ou d'hypermétropie antérieure, les verres seront appropriés à l'état dioptrique de l'œil. Un cylindre de 2 à 3 dioptries, à axe horizontal, corrige l'astigmatisme post-opératoire.
B. — Cataractes secondaires.
Il convient, en général, de ne point trop s'illusionner sur l'efficacité des opérations entreprises contre les cataractes secondaires ; le meilleur traitement en est encore leur prophylaxie, c'est-à-dire l'attentive toilette pupillaire et la suppression des irido-cyclites plastiques. Nous ne voulons certes point déclarer que la chirurgie ne puisse rien pour les pupilles secondairement obstruées ; nous avons vu, chez de Wecker et chez Panas, de trop brillants résultats pour désespérer ainsi : cela dépend des cas, et aussi de l'opérateur.
Il est indiqué d'abord de ne pratiquer ces interventions que lorsque tout travail inflammatoire s'est assoupi dans l'œil opéré: sinon l'on s'expose à réveiller la phlegmasie et à reculer encore le résultat optique. Quand l'éclairage oblique nous montre seulement quelques faibles opacités « grisaillant » la pupille d'un voile léger, il suffit de recourir à la simple discision pour déchirer à nouveau cette capsule tapissée de minces dépôts vitreux ; mais bien des malades préfèrent les garder plutôt que de subir une nouvelle opération. Si l'on a affaire à des opacités capsulaires plus denses, mais toujours sans adhérences avec l'iris, il peut arriver que l'aiguille ne réussisse pas à les entamer : c'est alors la discission à deux aiguilles, tenues en aiguilles à tricoter et pénétrant la cornée à deux
rayons diagonaux opposés, qui permettra la clilacération des morceaux de cataracte secondaire : c'est la « two needles opération » de Bowman. Mais quand un œil a traversé une période inflammatoire prolongée, quand on redoute des adhérences irido-capsulaires, il faut bien se garder d'exercer, par l'intermédiaire delà capsule, des tiraillements inopportuns sur un corps ciliaire encore très irritable. Ici les pinces-ciseaux de de Wecker ont été un précieux progrès instrumental. Voici, par exemple, un cas où une instillation d'atropine a montré que la pupille présente
Fig.41.
Discussion à deux aiguilles d'une cataracte secondaire.
encore une certaine dilatabilité : il s'agit d'exciser la fausse membrane qui oblitère l'ouverture pupillaire ; un couteau à arrêt, plongé dans l'ancienne cicatrice, fait à la cornée une petite ouverture ; la pince-ciseaux est alors introduite, sa branche pointue glissée sous la membrane capsulaire ; deux coups de ciseaux, se rejoignant près du bord pupillaire, forment un lambeau en V qui se rétracte et se renverse sous l'irruption du corps vitré, ou qu'on extrait en complétant sa libération à la pinceciseaux. Si, par l'instillation d'atropine, on n'a obtenu qu'un effet mydriatique très incomplet, c'est que la capsule est soudée à presque tout le bord pupillaire. En pareil cas, la capsulotomie seule ne donnerait qu'une très insuffisante rétraction. Il faut que la section se prolonge jusqu'à I ou 2 millimètres dans l'iris : ce dernier se rétracte et entraîne le lambeau capsulaire adhérent.
S'est-il développé une occlusion pupillaire après l'opération de la cataracte et sous l'influence d'un travail prolongé d*irido-choroïdite, c'est à l'iris qu'il faut s'adresser. Il arrive, mais bien rarement, que l'intensité du travail phlegmasique n'a pas étreint sa rétractilité : on pourrait se contenter alors de pratiquer une brèche optique au moyen de Yiridotomie. Voici, par exemple, un œil qui, après l'extraction simple, présente une pupille très rétrécie, punctiforme, obstruée de débris corticaux : si, derrière l'iris, il y a très peu de masses exsudatives, si cette membrane n'est point trop atrophiée, il suffira de l'inciser à la pince-ciseaux pour voir, par la rétraction, s'ouvrir une fenêtre pupillaire suffisante. Toute-