‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 95 sur 372 · STRABISME · texte numérisé non relu

STRABISME

fois il n'y faut point trop compter. Quand on a affaire à ces pupilles très remontées, presque effacées, que laisse parfois le procédé de Graefe, le tiraillement de l'iris a déjà, en grande partie, épuisé sa contractilité, et il faut une plus large brèche. — Mais le plus souvent l'iridotomie est une insuffisante intervention, quand il n'y a plus vestige de la pupille : ainsi d'un œil qui a souffert vivement pendant des mois ; il est à prévoir que d'épaisses croûtes exsudatives se sont formées qui « enfeutrent », comme dit de Wecker, la cataracte secondaire à l'iris : ce dernier est atrophié, incapable de rétraction, blindé de néomembranes : Yiridectomie s'impose. Et comme il faut enlever à la fois l'iris et les masses plastiques qui le doublent, il convient d'opérer largement ; de Wecker l'a bien précisé : le couteau de Graefe pénètre la cornée comme si on voulait faire une section inférieure à lambeau périphérique, lorsque l'extraction a été pratiquée en haut ; le couteau glissé sous l'iris et sa doublure capsulaire les sectionne transversalement, en même temps que la cornée : deux coups de ciseaux convergents dessinent un lambeau triangulaire à sommet supérieur, qu'on extrait avec ses parties adhérentes.

11 est un autre mode de traitement des cataractes secondaires : c'est l'extraction, préconisée par Panas depuis vingt ans. On fait une incision sur l'ancienne cicatrice ; on introduit des pinces à iridectomie qui ramènent le sac capsulaire; par des mouvements lents de traction, et par des mouvements latéraux, on rompt les adhérences du sac capsulaire avec la zonule, et on l'attire au dehors. Il faut souvent tirer très fort, à tel point que l'on pourrait craindre le décollement de la rétine. Mais il n'en est rien, et Panas n'a presque jamais observé d'accidents, pas même d'issue du vitré : le résultat est remarquable, la pupille d'un noir parfait. Cette manière de faire permet en somme d'enlever tout le système cristallinien : dans la première opération on enlève la lentille, dans la deuxième le sac capsulaire. Panas est à peu près le seul à pratiquer cette opération, qui, à danger égal, donne, nous dit Yillard, de bien meilleurs résultats que les autres méthodes. Cependant, quand on a affaire à des adhérences irido-capsulaires très épaisses, ce procédé n'est plus de mise, et il faut avoir recours àl'iridocapsulotomie.

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