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TUMEURS DU PHARYNX ET DE L’AMYGDALE TUMEURS BÉNIGNES

KYSTES

On peut observer dans le pharynx des kystes congénitaux d’origine branchiale. Ils siègent sur les parties latérales du pharynx, près de la fossette sus-amygdalienne de His. Il suffirait de les exciser avec une pince à griffes et des ciseaux courbes.

POLYPES NASO-PHARYNGIENS

Les polypes naso-pharyngiens sont une affection spéciale à 1 ado lescence et particulièrement au sexe masculin. Ces tumeurs sont des fibromes télangiectasiques, dont l’implantation se fait exclusivement sur le périoste de l’apophyse basilaire. Le point d’implantation offre rarement plus de quelques centimètres carrés- d’étendue.

Les polypes naso-pharyngiens n’en atteignent pas moins dans certains cas un développement tel, qu’ après avoir rempli toute l’arnerecavité des fosses nasales, ils peuvent se développer jusqu’à 1 orifice de la narine correspondante. Les polypes très volumineux pénètrent dans les sinus sphénoïdal, ethmoïdal, maxillaire, perforent la paioi m e rieure de l’orbite de manière à produire de l’exophtalmie, et font saillie sous la- peau de la joue. Parfois la tumeur détruit le palatin enva a l’arrière-fond de >a cavité zygomatique, la fosse ptérygo-maxillaire, la fosse temporale. Arrivées à ce degré de développement, ces tumeurs s’ulcèrent, déterminent des hémorragies graves et îen souven en imposent à des chirurgiens inexpérimentés poui un néop asme ma m.

Beaucoup de méthodes ont été préconisées pour 1 ablation des

rasion du bord.

>c la pince-gou<

43o TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.

polypes liaso-plmryngiens, et certains chirurgiens ont recommande la résection temporaire du maxillaire supérieur ou des os propres du nez.

Toutes les méthodes indirectes doivent être rejetées parce qu’elles exposent à un écoulement de sang tellement abondant que le malade

Fig. 6o4- Polype naso-pharyngien chez un adolescent. La tumeur fait saillie par la narine gauche, remplit le pharynx et le sinus maxillaire. Ôn voit à la joue gauche la cicatrice d'une opération destinée à enlever ce polype et qui n'a pu être terminée.

est pies de succomber entre les mains de l’opérateur avant qu’il ait pu atteindre le point d’implantation de la tumeur.

J ai imaginé en 1897 la technique suivante :

Au heu d’attaquer la tumeur par sa périphérie, j’ai décidé de la elacher tout d abord de son point d’implantation, c’est-à-dire de com- . emoiiaDie, qUi gênait tant les chirurgiens, en commençant par

détruire les vaisseaux afférents.

[■iTTTr r M- Collin >«» 3 ™gine» représentées fig. 593. bouche 1W d ^ 6 danS k P°Siti0n dC R°Se- Plusieurs ^re-

nouene, 1 ecarteur des commisen™» i

luire, les pinces à tumeurs adé -,foS P°Ur 1'aP°Ph3'Se baS1'

gouges droites et courbes, un bLomfd et PrUS‘eUrS *ypeS ^ pmCeS'

lono-ues ninces nm» 1 * U11’ ^eux forts ciseaux courbes, deux

° pmees pour le tamponnement des fosses nasales sont dis-

OPÉRATIONS SUR LA TÊTE

posés à la portée de la main, La région ne doit être explorée avec l’index qu’au dernier moment, le moindre attouchement de la tumeur pouvant déterminer une hémorragie formidable .

OPÉRATION

Le patient est placé dans la position de Rose.

Temps. — Exploration et section da pédicule. L’enfant complètement anesthésié et l’écarteur des mâchoires solidement placé, le

Fig 6o5. — Polype naso-pharyngien extrait d'une seule pièce chez le jeune homme représenté ligure 6o4. L'extrémité supérieure, qui ressemble

à un doigt recourbé, correspond au prolongement qui apparaissait par la

narine gauche. La tumeur est représentée en grandeur naturelle.

chirurgien introduit l'index gauche au-dessus du voile du palais, reconnaît le pédicule et l'arrache de l’apophyse basilaire par un mouvemen de bascule de la rugine. Ce temps de l’opération exige une grande

vigueur. Si la première rugine ne suffit pas, on complété 1 arrachement du pédicule avec une seconde rugine, de forme differente. Ce temps de l'opération doit durer .0 ou rb secondes à peine. Le sang

coule à flots. . .

2- Temps. - Extraction de la tumeur. Plusieurs cas peuvent se

présenter :

Fia 6oq. — Id. Même cas. Le pédicule de la tumeur vient d'être détaché de son insertion. Extraction de la tumeur avec la pince-gouge.

1° Polype de moyen volume ne pénétrant pas dans les sinus.

Dans ces cas, la masse du polype se laisse saisir au-dessus du voile du palais avec la pince, la tumeur est extraite d une seule pièce.

2° Polype volumineux avec prolongement sinusien.

Lorsque le polype a envahi le sinus maxillaire, la préhension de la masse pharyngée peut être insuffisante pour extraire la totalité de la tumeur et de ses prolongements. On arrache d’abord ce qui vient; s’il persiste dans le sinus maxillaire une masse volumineuse, on incise le sillon jugo-gingival supérieur et on extirpe la tumeur sinusienne par cette voie. La paroi sinusienne antérieure est généralement amincie; et quelquefois même elle est complètement détruite

3° Polype naso-pharyngien ayant envahi tous les sinus de la face.

Certains polypes naso-pharyngiens peuvent acquérir un développement considérable. Ces tumeurs remplissent le pharynx, distendent

Fig. 6iû. Polype naso-pharyngien extrait chez l’enfant représenté fig. 6o8 et 609. Grandeur naturelle.

une des fosses nasales de manière à rejeter la cloison au contact d< cornets de 1 autre côté, envahissent le sinus maxillaire, perforent ! parm anterieure et sa paroi supérieure, de manière à faire saillie soi outre dans 1 & ^ à soulever le globe orbitaire, et pénètrent e

Ces tnm ethmoïdales et dans le sinus sphénoïdal,

fosse temporale S peUTent cnvahlr également la fosse zygomatique et

OPÉRATIONS SUR LA TÊTE. 435

Je viens d’observer un de ces cas: il s’agissait d’un enfant de i4 ans déjà opéré sans succès à plusieurs reprises, par d’autres chirurgiens.

Le cas était très difficile. Le chirurgien, malgré une large incision

Fig. 61 1. — Polype naso-pharyngien ayant envahi tous les sinus de la face et ayant contracté des adhérences profondes à la suite d’une tentative infructueuse d’extraction par la voie jugale. La tumeur a été extirpée par ma méthode en i5 secondes.

cutanée en fer à cheval, complétée par la résection de la paroi antérieure du sinus, n’avait pu réussir à extraire la tumeur. L’opération avait été interrompue en raison de l’abondance de 1 hémorragie.

L’enfant fut placé dans la position de Rose et le pédicule fut arraché de l’apophyse basilaire par un puissant coup de rugme. Mais la pince-gouge pharyngée ne parvint à extraire qu une ceitaine paitie

du néoplasme. Je m’aperçus alors que la masse sinusienne avait con tracté des adhérences étendues avec les parois de l’antre d’Highmore adhérences que je n’ai jamais rencontrées dans aucun autre cas et qui ont dû être occasionnées par les tentatives opératoires antérieures Une incision rapide du sillon jugo-gingival me permit d’extraire le prolongement sinusien. Les prolongements supérieurs et postérieurs furent extirpés avec une pince-gouge droite, introduite par la narine correspondante, dont l’orifice était considérablement dilaté. Dès que

Fig. 612. Polype naso-pharyngien d’un volume considérable. Le pédicule vient d’être détaché avec la rugine. Extirpation de la masse naso-pharyngienne, qui se sépare d’une masse plus volumineuse, développée dans le sinus maxillaire.

tous les prolongements furent extirpés, la cavité fut bourrée de compresses et 1 hémorragie s’arrêta. L’opération entière dura une nute à peine. L enfant n aurait pas résisté si elle s’était prolongée

de do ou 4o secondes.

. avoh assisté à une de ces interventions véritablement émousavoir foEH 16n COI^Prendre quelle importance il y a dans ces cas à Tl à flot Ti ‘°Ut k ‘empS ^ lotion, le sang

apparente^ n ^ “* d“ «"* *

ration se rétablit’ et le Lai ‘amPonnée' le s“g s'arrête, la respicependant, lorsque la nerte°I rede™nt rose> avec une certaine pâleur 1 e sang approche de 5oo grammes.

— Même cas. Préhension de la masse sinusiennc, lit la paroi antérieure de l’antre d’Highmore. La tumeur fait saillie sous la peau de la joue.

sinusienne,

6ï4. — Même cas. Extirpation est extraite d’un seul bloc avec

TUMEURS MALIGNES

Les tumeurs primitives de l’amygdale sont presque toujours 1 nature maligne. On observe tantôt le sarcome, tantôt l’épithélio ° Ces tumeurs empiètent rapidement sur les piliers du voile du lp et déterminent de bonne heure l’infection des ganglions sous-mlT laires et carotidiens.

L’ablation des tumeurs malignes de l’amygdale ne peut se faire que très exceptionnellement par la voie buccale. La présence des ganglio„s engorgés oblige presque toujours à choisir la voie sous angulo-maxillaire (voir plus loin).

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