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FRACTURES DU CRANE

Nous iT avons pas à discuter ici les indications de l’intervention dans les cas de fracture du crâne. Cependant nous pouvons affirmer que la craniectomie pratiquée par un chirurgien habile est inoffensive. Elle doit donc être pratiquée toutes les fois qu’il y a des signes

Fig. 92. — Exploration d’une fracture du crâne avec enfoncement.

probables d’épanchement intracrânien et de compression cérébrale.

L’opération s’impose lorsqu’il y a enfoncement.

Dans la plupart de ces cas, il n’est pas indispensable de recourir à une instrumentation spéciale. Supposons une fracture avec enfoncement des fragments. Dès que le foyer de la fracture est mis à découvert, il suffit d’introduire en un point du foyer, dans l’intérieur du crâne, un des mors d’une forte pince-gouge de Nélaton. On extirpe un petit fragment osseux, et cet orifice suffit pour pratiquer avec le même instrument l’ablation des autres fragments enfoncés dans la cavité crânienne. Le point capital est de faire une grande incision cutanée et de bien découvrir le foyer traumatique.

Si les fragments osseux enfoncés sont fortement enclaves, on pratiquera, en un point de la périphérie du fragment le plus facilement

fio TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CttlRURGIG AEE.

mobilisable, une perforation de 19 millimètres avec le trépan à cliquet et la mèche plate, puis avec la fraise cylindro-spliérique. Ces instruments doivent se trouver dans toutes les boîtes de chirurgie d’urgence.

Fig. 93. — La pince-gouge, dont une des branches a été introduite par un orifice creusé avec la fraise, saisit et extirpe un fragment osseux enfoncé.

Le premier orifice sert à introduire l’un des mors de la pince-gouge, avec laquelle on extirpera les fragments enfoncés.

Ces opérations atypiques ne présentent aucune difficulté quand on est exercé à la technique de la craniectomie temporaire, telle que nous l’avons décrite.

ÉPANCHEMENTS TRAUMATIQUES INTRA-CRANIENS

S'il n'y a pas de plaie extérieure ni de signe d enfoncement, lopération peut être nécessitée par la présence d'un épanchement intra-

Fig. 94. — Epanchement sanguin sous-jacent à une fracture du crâne par cause directe. Le foyer sera évacué en agissant sur le fragment osseux.

crânien. Les indications sont ici moins nettes. Nous croyons toutefois la craniectomie assez inofïensive pour pouvoir la conseiller dans presque tous les cas de fractures graves. Une large décompression peut sauver le blessé. Si le patient est destiné à succomber à la commotion ou a la contusion cérébrale, par suite de lésions traumatiques irrémé-

OPÉRATIONS SUR LA TÈTE. 6l

diables, l’ opération ne pourra pas être incriminée, car elle était la seule chance de salut.

Lorsqu’il existe des signes de compression pouvant faire soupçonner un épanchement séro-sanguinolent ou sanguinolent entre la dure-mère et le crâne, on fera deux ou trois orifices de 12 millimètres

Fig. 95. — Épanchement sanguin distant du foyer de la fracture (par contre-coup). Orifices creusés avec la fraise pour la recherche et l’évacuation du foyer.

du côté où la compression parait exister — le pins souvent la dilatation pupillaire sera plus marquée de ce côté — - aux points où l’on présume l’existence de l’épanchement. Ces orifices peuvent suffire pour l’évacuation de l’épanchement et pour le drainage.

11 sera toujours possible, si l’on découvre un foyer intracrânien appréciable, de continuer l’opération par une craniectomie temporaire.

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