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RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES DE LA RÉSECTION DU GANGLION DE GASSER

Ma première opérée de résection du ganglion de Gasser était âgée de 55 ans; elle a été opérée le 6 mars i893. Cette malade a survécu plusieurs années, au cours desquelles la guérison est restée complète et définitive. Voici l’état de cette opérée quatre ans après l’intervention : On remarquait encore, au-dessous de la paupière inférieure

gauche, une cicatrice ancienne. C’est par cette voie que j’avais pratiqué antérieurement, sans succès thérapeutique, l’ablation du nerf maxillaire supérieur et du ganglion de Meckel.

La cicatrice de la seconde opération se voyait à la partie inférieure de la région temporale. Il persistait en ce point une dépression très manifeste, de cinq à six centimètres de hauteur et à grand diamètre vertical.

L’exploration de la sensibilité de toute la sphère d’innervation du

Fig. 139. — Schéma de la zone d’anesthésie consécutive à l’extirpation complète du ganglion de Gasser. On distingue la cicatrice verticale devant l’oreille gauche. Les zones d’anesthésie cutanée complète et incomplète sont figurées en pointillé.

trijumeau donnait les résultats qui suivent : la malade nous fit remarquer elle-même qu’elle n’avait pas de rides sur le front du côté gauche. Cette particularité paraissait tenir à la section d’un filet du facial supérieur.

L’œil ne présentait aucun trouble trophique. La mobilité de l’iris était intacte et il n’existait aucune trace de paralysie des muscles de l’œil. Ces détails prouvent que dans les cas où, à la suite d’une tentative même infructueuse d’extirpation du ganglion de Gasser chez les animaux ou chez l’homme, on a observé la paralysie de certains

OPÉRATIONS SUR LA TÊTE

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muscles de l’œil et des troubles trophiques du côté de cet organe, l'opérateur a produit, en voulant atteindre le trijumeau seul, des lésions étendues, intéressant les rameaux trophiques du grand sympathique et les nerfs du voisinage.

La vision était intacte et l’acuité auditive égale des deux côtés.

La malade se plaignait d’une certaine raideur dans la mâchoire;

Fig. i4o. — Extirpation du ganglion de Gasser d’après Krause par le procédé de la craniectomie temporaire (volet sphénotemporal). Les dégâts intracrâniens sont beaucoup plus grands que dans l’opération représentée fig. i32, i33 et i34-

en effet, le temporal et le masséter ayant été sectionnés à l’une de leurs insertions, la cicatrice bridait quelque peu l’articulation temporomaxillaire.

La malade signalait d’elle-même que la cornée et la conjonctive gauches étaient insensibles ou a peu près. Elle percevait cependant très bien la pénétration d’un corps etranger entre les paupières, car le contact du corps étranger produisait une hypersécrétion lacrymale et la conjonctive se congestionnait, sans douleur appréciable. Il y avait, pour ainsi dire, une simple perception du contact et du larmoiement réflexe.

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Cette personne n’a jamais été obligée d’user pour cet oeil de précautions autres que les soins de toilette journaliers.

Elle signalait en outre l’insensibilité complète de la peau de la moitié gaucbe des deux lèvres, de la joue, de la tempe et de la région frontale supérieure. Les deux paupières et la région sourcilière, de même que la moitié gauche du nez, jouissaient d’une sensibilité réelle, mais obtuse.

Le goût et la sensibilité tactile de la langue lui paraissaient également diminués du côté gauche. La muqueuse buccale, les lèvres, les gencives, les dents, les joues, le palais, du côté gauche, étaient complètement insensibles.

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