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APPLICATION A DEMEURE DE PINCES OU D AUTUES INSTRUMENTS

d’hémostase

Application de pinces à demeure dans les plaies opératoires. — L’idée de laisser à demeure pendant un certain temps des pinces appliquées sur les vaisseaux béants, et d’assurer ainsi l’hémostase définitive, remonte à Percy, c’est-à-dire à la fin du xvm® siècle.

Percy, après avoir tenté de substituer aux ligatures la compression des vaisseaux par un petit anneau de plomb, qu’il serrait avec le valet à patin, fit construire, pour la laisser à demeure, une pince hémostatique à verrou dont les mors, en forme de disques, étaient montés à pivot (pl. 6i, fig. 25).

Cette disposition permettait au chirurgien, après avoir saisi le vaisseau et fixé la pince à l’aide du verrou, d’en renverser les branches à la surface de la plaie.

L’HEMOSTASE ET LE MORCELLEMENT

Fig. 93 et 94. — Tourniquet de Bellocq (J. -J. Perret, pl. 128^

continue d’Assalini

Pince

Tourniquet de Bellocq (Seerig, pl. i5).

j48 traité de THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE.

Le procédé de Percy n’eut pas grande faveur dans les cas où la ligature pouvait être faite.

Instruments d’hémostase destinés à être laissés à demeure dans des cas où la forcipressure était impossible. — La eompression direete et durable du vaisseau lésé parut au contraire le seul moyen sûr d’arrêter les hémorragies des vaisseaux qu’on ne pouvait aisément

(J.-J. Perret, pl. 128). pl. ,5).

saisir ni lier, tels que l'artère intercostale, dans la pleurotomie, l'artère menmgee et les sinus de la dure-mère, dans l'opération du trépan.

Les appareils destinés à la forcipressure définitive des artères intercostales des ménmgées et des sinus intra-eraniens sont décrits et %u-

n3dcT ^ intercostale, le tour-

fos sLs de 1 I méningée et

menraLtl" I «t les instru¬

ments analogues de Huebenthal, de Ferg et de Graefe

L’HÉMOSTASE ET LE MORCELLEMENT. i49

1“ Le tourniquet de Bellocq (Perret, p. 388, pl. 128, fig. i et 2, et Seerig, pl. 25, fig. 98 à 96) se compose de deux platines et d’un

Fig. joi. — Tourniquet de Foulquier (Perret, pl. i35).

levier supporté par une tige à charnière. Cette charnière s entr ouvrait comme le représente la figure 94, pour faciliter l’introduction dans la cavité pleurale de la platine B, qui était garnie ou « matelassée » de peau ou d’amadou. La pression s’exercait à l’aide des vis q et m

2“ La plaque de Lotteri (Perret, pl. 128, fig. 7 et 8, et Seerig, pi. i5, fig. 45, a et b), beaucoup plus simple, était une plaque étroite et feiiêtrée, incurvée en forme de levier, dont la branche la plus courte, garnie de taffetas ou de peau, était introduite au-dessous de l’artère blessée. La branche longue était alors fixée par un bandage à la surface du thorax. L’hémostase était assurée par la compression directe du vaisseau en P (fig. 97 et 98).

Le tourniquet de Foulquier (Perret, p. 4i2 et pl. i35, fig. 21, et

Fig. 102.

Fig. io3.

y. ûrûi/e

Fig. io5.

Compresseurs pour l’artère méningée et le sinus longitudinal supérieur.

Seerig, pl. 80, 26) était composé de deux compresseurs à vis de rappel q, q, pouvant etre joints l’un à l’autre au moyen d’une clavette T. Les branches x, x, étaient introduites dans le crâne, au-dessous de la dure-mère, et assuraient l’hémostase à mesure que l’on appliquait plus etroHement à la surface des téguments, en serrant les vis z, les deux platines mobiles y, y (fig. g g à 10 1).

Les instruments de Hœbenthal et de Ferg (fig. 102 et io3) sont assez analogues au modèle simple du compresseur de Foulquier (Seerig, pl. 80) .

e compiesseur de Graefe (fig. io4 et io5) diffère des précédents en ce sens d pi end à la surface du crâne un triple point d’appui ( eerig, p . o). Ce compresseur n est qu’une réduction des leviers à

L’HÉMOSTASE ET LE MORCELLEMENT. i5i

vis de rappel et a point d appui extérieur en forme de trépied (Perret, pl. 34, %• i5, et Seerig, pi. 8o, fig. 19, 21, 28, 96), qui servaient alors à relever, dans les cas de fracture par cause directe, les fragments de la voûte du crâne enfoncés dans l’intérieur.

Thierry enfin appliqua l’hémostase préventive et définitive à la gynécologie, en faisant construire pour l’ablation vaginale des polypes utérins pédiculés un clamp spécial destiné à en étrangler le pédicule^ (fig. 106).

L’emploi des pinces à artères et des ligatures était dangereux avant l’antisepsie.

Les chirurgiens de la période préantiseptique ne manquaient donc pas d’instruments pour l’hémostase. Ils possédaient des pinces et d’autres

appareils pour la forcipréssure préventive, temporaire ou définitive. Si l’emploi des pinces à artère et des ligatures était demeuré très limité, il ne faut en accuser que l’ignorance où se trouvaient ces praticiens de la pratique de l’antisepsie : les mors des pinces étaient sales, et les fils infectés ; la forcipressure et la ligature donnaient ainsi des résultats déplorables. La vulgarisation de l’antisepsie a seule permis la pratique inoffensive de la forcipressure temporaire ou définitive et des ligatures perdues .

La désinfection absolue des pinces et des fils à ligature est indispensable si l’on vent obtenir une hémostase satisfaisante.

5° ABUS DE l’emploi DES PINCES HEMOSTATIQUES ET DE l’hémostase PRÉVENTIVE

Les différentes méthodes d’hemostase t 1 hémostase préventive et \' hémostase progressive, sont donc connues depuis de longues années.

Collin, Catalogue de 1862.

i53 traité de thérapeutique chirurgicale.

I» V hémostase préventive a été pratiquée à l’aide de la compression digitale, du garrot, du tourniquet, des ligatures, des pinces à pression continue. •

2“ U hémostase progressive, qui consiste à oblitérer tout vaisseau venant à donner du sang, a été réalisée par les cautérisations d’abord, puis par la compression directe et en particulier par la ligature et la forcipressure.

Quelle est la valeur de ces differentes méthodes.^

L’hémostase préventive, judicieusement réservée par les anciens chirurgiens aux opérations sur les membres, s’est vulgarisée avec l’emploi de la bande d’Esmarch et s’est étendue, grâce à l’usage du fil élastique et des pinces-clamp, à la chirurgie abdominale. Certains chirurgiens sont arrivés à se laisser terroriser par la crainte du sang à ce point, qu’ils n’osèrent plus rien couper sans avoir préalablement appliqué du côté du cœur une pince hémostatique ou une ligature (Péan) .

L’emploi de la bande d’Esmarch semblait précieux dans les amputations. Grâce à cette compression élastique préventive, les malades ne perdraient plus de sang au cours des opérations. Bien mieux, le précieux liquide se trouvait refoulé vers le cœur au moment de l'application de la bande, et l’opération se faisait à blanc.

L’hémostase préventive fut appliquée à l'ovariotomie : on coupait les adhérences vasculaires entre deux ligatures et les plus grandes précautions furent employées pour 1 hémostase du pédicule (clamps, serre-nœud, etc., etc.).

Freund se trouva tributaire de cette méthode lorsqu’il voulut appliquer à 1 extirpation de l’utérus cancéreux V hystérectomie abdominale totale.

L utérus était isolé progressivement de haut en bas, en dedans d’une série de ligatures étagées sur les ligaments larges.

Les rénovateurs de V hystérectomie vaginale, Czerny et Martin, appliquèrent à cette opération le même principe de l’hémostase préventive, et extirpèrent l’utérus par un procédé analogue. Ils le détachaient en dedans dune série de ligatures, placées successivement, de bas en haut, à laide dune forte aiguille courbe, sur les ligaments larges.

Ce procédé, qui avait été celui de Récamier, est bien supérieur, quand on peut 1 appliquer, à celui de la forcipressure préventive, qui lui a été substitué par Péan.

Les pinces placées, suivant la méthode de Péan, sur l’étage inférieur es ligaments larges, encombrent en effet le champ opératoire et.

L’HÉMOSTASE ET LE MORCELLEMENT. i53

rendent longue et pénible l’extirpation du fond de rutérus et des annexes.

Péan arriva à étendre, contrairement à toute logique, l’emploi préventif des pinces aux régions même les plus accessibles. Il réséqua la langue non plus à l’écraseur, mais au-dessous de deux ^Duissantes pinces courbes munies de griffes, qui étaient laissées 24 lieures à demeure, pratique barbare et à laquelle on peut appliquer le jugement sévère d’Ambroise Paré sur les méthodes d’hémostase de ses devanciers.

Cette pratique de laisser des pinces à demeure sur la langue était une aberration chirurgicale. Si le sang se trouve tellement à craindre, pourquoi ne pas s’en tenir à l’emploi de l’écraseur.? Cet instrument pratiquait en effet l’hémostase extemporanée et n’avait pas l’inconvénient de forcer le patient à porter pendant i ou 2 jours un bâillon douloureux, ni de l’exposer, après l’ablation des pinces, à l’apparition de complications septicémiques.

Il suffit d’avoir vu quelques opérés de Péan, où la bouche entr’ouverte laissait voir le moignon lingual noirâtre et fétide, pour condamner cette méthode déplorable.

Amputez la langue comme nous le pratiquons, sans hémostase préventive, et à l’instrument tranchant, avec les ciseaux de préférence : vous aurez le double avantage de pouvoir dépasser à coup sûr les limites du néoplasme et de n’avoir à pincer et à lier que 4 ou 5 artérioles. Réunissez ensuite la plaie au crin de Florence, et vous obtiendrez la cicatrisation par première intention.

Quel fantôme ont pu se faire tant de chirurgiens de quelques artérioles inférieures comme calibre à la radiale ?

Les grosses A‘eines qui sillonnent les néoplasmes abdominaux ont encore plus terrifié les laparotomistes, qui se sont ingéniés, sans même oser vérifier une seule fois si leurs craintes étaient justifiées, à parer au danger chimérique de l’hémorragie.

C’est ainsi qu’on a usé et abusé du fil élastique et des pinces hémostatiques jusqu’à les employer par méthode dans des régions où, anatomiquement, nous ne connaissons pas d artère digne d etre décrite.

6" AVANTAGES DE l’ EN UC LÉ ATION RAPIDE DES TUAIEURS SANS HÉMOSTASE PRÉVENTIVE

Cet appareil extraordinaire nous avait toujours laissé tellement sceptique que, livré à nous-même, 1 une de nos premières tentatives

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