Farabeup. Préface de la
première édition des Ampalallons, i88i.
INTRODUCTION
mique à 2 p. 100 (formol concentré à 4op. 100, 2 p. ; eau, g8 p. ) un crâne humain, des fémurs et des tibias ; fixez dans un étau Fos que vous voulez attaquer et vous réunirez à peu de frais, dans votre salle d'opérations elle-même, tout le matériel d’étude nécessaire.
Je vais plus loin : l’exercice de la médecine opératoire sur le cadavre est insuffisant pour permettre d opérer comme il faut sur le vivant, s’agirait-il d’une opération dite réglée.
La (( chirurgie des morts » est nécessaire pour exercer la main et pour acquérir 1 habitude des instruments ; mais celui qui ne possède que la pratique de F amphithéâtre risque fort, quand il sera devenu praticien, de ne pas savoir pratiquer convenablement, dans certains cas, une simple amputation.
Il ne suffit plus, sur le vivant, d’amputer le membre; il faut savoir le faire dans les conditions requises pour obtenir la guérison.
On entendait dire communément dans ces dernières années : (( L opération a bien réussi, mais le patient est mort. »
Une opération ne doit être considérée comme réussie qu’autant quelle est suivie de guérison.
La pratique des opérations sur le vivant est, avant tout, subordonnée à des considérations cliniques : amputez la cuisse au-dessus du milieu pour une tumeur blanche du genou; vous pourrez adopter le procédé de choix de Farabeuf, amputation à grand lambeau antérieur et à petit lambeau postérieur.
Suivez en tout point l’excellente description du maître. Drainez la plaie et suturez la peau. Si vous savez pratiquer l’antisepsie, vous obtiendrez en huit jours une réunion immédiate et vous aurez un moignon parfait. •
Employez le même procédé dans un cas de gangrène gazeuse traumatique ou d’infection grave à streptocoques ; le moignon, inconsidérément suturé, s’infectera, et le malade succombera.
Une amputation circulaire avec résection rigoureuse de tous les tissus morbides, traitée par le tamponnement antiseptique humide, est en effet, dans ces cas, le procédé de choix, et permet seule d’obtenir presque à coup sûr la guérison, même chez les albuminuriques et les diabétiques.
Nous négligerons donc de décrire dans ce livre les nombreuses opérations d’amphithéâtre qui ne se pratiqnent guère sur le vivant. Nous ne nous étendrons pas plus sur la technique des ligatures et des autres opérations qui se font, dès qu’on a l’habitude du sang, sur le vivant comme sur le cadavre (bgature de la bnguale, de la earotide, de
riliaque externe, etc.); le praticien rompu à l’étude du manuel opératoire peut suivre de point en point, j)Our les mener à bien, les descriptions de Farabeuf. Nous envisagerons, au contraire, en détail les particularités cliniques qui doivent déterminer le chirurgien à adopter, dans des cas précis, une conduite bien arrêtée et à préférer bien souvent pour les opérations réglées elles-mêmes, comme procédé de eJioix, celui qui peut ne pas sembler le meilleur sur le cadavre.
Ce livre sera divisé en deux j)arties. La première comprendra tout ce qui se rapporte à la pratique de la chirurgie envisagée d’une manière générale; la deuxième, la description des opérations spéciales.
Pour ces dernières, nous avons éliminé méthodiquement tous les procédés d’exception, et qui ne sont applicables qu’à des cas particuliers, pour nous arrêter à une technique générale, précise, toujours la même, et qui, pour chaque type d’opération, convient, avec de petites modifications de détail, à tous les cas cliniques.