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TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE GIIIRURCIG ALE

Les chirurgiens d’autrefois avaient une technique beaucoup plus simple et redoutaient moins l’hémorragie que les chirurgiens de l’école de Billroth et de Péan.

Il est remarquable de constater, par la lecture des ouvrages des chirurgiens qui ont imité et suivi A. Paré, combien leur technique élait simple et osée.

Dionis b décrivant la taille périnéale, p. 2 18-226 (8« édition), signale à peine qu’il peut y avoir un certain écoulement de sang, et ne donne aucune indication pour arrêter l’hémorragie susceptible de se produire pendant l’opération. Le pansement était une sorte de (c tamponnement antiseptique », pratiqué avec des plumasseaux de charpie, recou\erts de poudres astringentes et de divers emplâtres ou onguents ; le malade était alors porté dans son lit, qu’on avait eu soin « de garnir de quelques draps en plusieurs doubles, afin que le sang ou l’urine qui s’échappent les premiers jours ne gâtent point les matelas » (Dionis, p. 226, et fig. 3, p. 174).

Dans l’opération de la hernie étranglée, Dionis liait fépiploon et le réséquait.

De même, dans l’ablation du testicule, il pratiquait la ligature en masse du cordon spermatique.

Dans l’amputation du sein, dit Dionis, (( si le sang sort trop copieusement, on emploie les boutons de vitriol sur les orifices des artères. S’il n’y a pas d’hémorragie sérieuse, on couvre la plaie avec des plumasseaux secs recouverts de poudres astringentes. Si l’artère mammaire donne trop de sang, on en fait la ligature » (p. 274, hg. i8-N,0 p. 389, fig. 24-M. N, p. 542, fig. 35-E, p. 574, fig. 37 A, B et p. 732, fig. 47, N, O, P, Q, R).

Dionis figure en plusieurs endroits des pinces à anneaux avec la ligature préparée autour des mors et prête à être poussée sur le vaisseau.

Pour enlever les polypes des fosses nasales, « on prend une grande aiguille courbe de plomb ou de fil de laiton, et on l’enfile d’un gros fil ciré dans le milieu duquel on fera un nœud coulant, qu’on mettra sur le bord d’une pincette à bec de corbin, comme si on voulait faire la ligature de l’extrémité d’un vaisseau» (Dionis, p. 674, fig. 37-A. B).

A propos des amputations, Dionis enseigne, p. 744, que la ligature

I. Dionis. Cours au Jardin du Roi, inauguré en 1672, publié en 1707; 8“ édition, en 1782.

INTRODUCTION

des vaisseaux se fait de deux manières : « la première en pinçant le bout de l’artère avec un bec de corbin, ou une pincette qui a un anneau pom* serrer et qu’on appelle vaJet à patin; puis cordant sur l’instrument jusque sur l’artère un fil préparé et noué, on le serre d un double nœud... puis on passe le fil, à l’aide d’une aiguille, au traAœrs du corps du vaisseau afin d’assurer sa fixité et on noue de nouveau » (p. 782, fig. 47, N, O, P, O, R).

C’est ce nœud que j’ai adopté depuis 1888 pour les pédicules très vasculaires, sans connaître encore la remarquable description de Dionis. Nous nommerons ce nœud, pour honorer la mémoire du maître français, le nœud de Dionis. — La oc seconde manière » est la suivante : « les jambes étant séparées, on défait aussitôt la ligature qui est au-dessous du genou, on prend une pince à bec de corbin N ou cette pincette O qui a un anneau pour le serrer quand on tient le vaisseau. Sur chacune des pinces il y a un fil noué prêt à lier le vaisseau et au bout de ces fils à chacun une aiguille... On dit au serviteur qui tient le tourniquet de le lâcher un peu pour voir par le dardement du sang l’endroit où est le vaisseau. . . Ayant pincé le vaisseau, on donne l’instrument à tenir à un serviteur (c’est donc une pince à arrêt), pendant qu’on fait la ligature )) .

Dionis était ainsi un des fidèles imitateurs de Paré, et, si à cette époque les grandes amputations étaient fréquemment mortelles, la réhabilitation de la ligature par Ambroise Paré (i 662-1 564), plus d’un siècle auparaA'^ant, avait au moins permis aux chirurgiens de ne plus hésiter à couper un membre, comme auparavant, même dans le cas de gangrène, parce qu’ils craignaient de se trouver impuissants à arrêter l’hémorragie par la seule action des styp tiques, des caustiques, du fer rouge et de l’huile bouillante.

Le morcellement est

et doit demeurer une méthode d’exception.

Le morcellement, d’abord employé judicieusement pour l’extirpation, par le vagin, de polypes utérins ou de fibromes interstitiels trop volumineux pour être extraits d’une seule pièce par l’orifice vulvaire (Amussat, i84o — Atlee, i853), deAÛnt l’objet d’une faveur telle que Péan ét d’autres chirurgiens l’appliquèrent, sans raison plausible, comme méthode de choix, à l’ablation même des tumeurs les plus facilement accessibles, et qu’on énucléait jusqu’alors en masse et d’une seule pièce.

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