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TRAITÉ DE THÉRAPEUTFQÜE CHIRURGICALE

tiennent presque toutes, à l’exception des opérations sur l’estomac et l’intestin, à la catégorie des opérations où l’acte à'exérèse, c’est-àdire la séparation de la partie malade, doit être fait vite et simplement, tandis que le second temps, la réparation du champ opératoire, doit être fait avec une lenteur relative, puisque la perfection de ce temps est un des principaux facteurs de la guérisoji .

11 ne saurait donc plus être question de soutenir cette thèse, que la vitesse en technique opératoire est dangereuse. Le mot vitesse en effet ne doit pas être pris dans le sens de précipitation.

Un chirurgien qui fait pénihlement en trois heures une pylorectomie aura des résultats inférieurs à tel de scs collègues qui sait terminer vite et bien la même opération en 5o minutes.

La durée excessive des opérations aboutit à ce double résultat : 1“ de contusionner inutilement les tissus et les organes qui limitent le champ opératoire et dont l’intégrité est nécessaire à une bonne réunion ; 2“ de compromettre l’existence du malade en décuplant les risques d’infection et le choc opératoire.

En aucun cas le chirurgien ne doit se hâter, dans le sens strict du mot. Hâtez-vous lentement, a dit le poète.

Supposons qu’il survienne tout à coup une hémorragie inquiétante, ce n’est pas en précipitant les mouvements et en multipliant des manoeuvres d’hémostase inconsidérées que l’on vient à triompher du danger. Dans ces cas difficiles, le chirurgien véritablement sûr de lui sait demeurer calme; il comprime un instant avec le doigt le vaisseau blessé, il éponge, lâche le vaisseau et s’y reprend à trois ou quatre fois s’il est nécessaire pour juger exactement d’où vient le sang. La pince doit etre placée du premier coup sur le vaisseau béant. Avec huit ou dix gestes jirécis et pondérés, qui demandent en tout 2 ou 3 minutes, 1 hémorragie est arretée, sans perte de sang appréciable. Piessez-vous, précipitez les mouvements, cherchez à pincer le vaisseau avant d avoir vu nettement l’orifice, vous le manquerez, et il n’est pas certain que vous serez venu à bout de l’hémorragie au bout de 8 à lo minutes, après avoir compromis la vie du patienta

Les succès en chirurgie dépendent, à observation égale des règles de l’antisepsie, de la meilleure technique, et la qualité majeure du chirurgien est de savoir exécuter chaque manœuvre avec toute la simplicité et avec toute la précision désirables.

11 faut savoir énucléer en lo secondes un gros polype naso-phapmhien, comme il faut savoir passer une heure à la réparation d’une hstule vaginale de l’uretère.

MANUEL OPÉRATOIRE

11 faut savoir exécuter en peu de temps les manœuvres précises et bien réglées que comporte l’acte de l’exérèse; il faut savoir s’attarder aussi longtemps que l’exige la sécurité du patient aux manœuvres délicates que comporte la réparation parfaite du champ opératoire.

L’avenir en chirurgie appartient aux plus habiles, à ceux qui posséderont la meilleure technique.

l’aspiration du sang et des liquides de la plaie

POUR ÉCLAIRER LE CHAMP OPÉRATOIRE ET POUR FACILITER l’hÉMOSTASE

Dans les cas où le suintement sanguin est assez continu et assez abondant pour empêcher de continuer l’opération ou de découvrir l’orifice du vaisseau lésé, il suffit de promener au point où le sang s’accumule un tube aspirateur stérilisable de petit diamètre, communiquant, par Fintermédiaire d’un tube de caoutchouc à parois épaisses, soit avec une trompe à vide d’Alvergnat, soit avec un récipient de 5 à 6 litres et dans lequel on a fait un vide relatif avec une pompe aspirante.

Les liquides de la plaie disparaissent instantanément et il suffit de déplacer de quelques millimètres l’extrémité béante du tube aspirateur pour constater, en cas d’hémorragie, la situation et la dimension de l’orifice vasculaire.

Cet artifice est précieux pour terminer certaines opérations délicates, telles que l’extirpation du ganglion de Gasser, où le chirurgien peut se trouver arrêté pendant un certain temps par une hémorragie en nappe qui l’empêche de continuer l’opération.

L’aspiration est également très utile pour éviter la contamination du champ opératoire par des liquides pathologiques, qui sont toujours sinon septiques, tout au moins irritants. L’aspiration des liquides du champ opératoire par le vide a été pratiquée à ma clinique de Reims, dès son installation, il y a près de vingt ans.

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