CHAPITRE Y
TRAITEMENT DE LA PLAIE OPÉRATOIRE
L’opération terminée et l’hémostase reconnue satisfaisante, il faut procéder au pansement. Ce dernier varie suivapt que la plaie opératoire est réunie avec ou sans drainage ou bien laissée béante, et traitée par le tamponnement.
RÉUNION IMMÉDIATE Avantages de la réunion immédiate.
La réunion immédiate est l’idéal en chirurgie.
Dix ou douze jours suffisent, — l’expérience chirurgicale le démontre et Cornil vient d’en apporter, par ses belles expériences sur les néoformations vasculaires dans la phlébite et à la surface des séreuses, la confirmation scientifique, — pour assurer la réparation d’une plaie aseptique et pour permettre au malade de quitter le lit.
La réunion immédiate doit être tentée chaque fois qu’il n’y a pas une contre-indication formelle.
Les conditions essentielles du succès sont ;
1“ L’intégrité des téguments nécessaires pour recouvrir sans tiraillement le champ opératoire ;
2“ L’asepsie de la plaie et la vitalité des tissus.
L opération terminée, y compris l’hémostase qui, pour les grandes séreuses, le péritoine notamment, doit être parfaite, le chirurgien procède a la toilette du champ opératoire. Quelques compresses stérilisées, parfois un lavage partiel à l’eau tiède salée pour les séreuses, par exemple pour le petit bassin, précèdent l’application des sutures.
La réunion immédiate dépend beaucoup plus d’une bonne réunion de la peau que de la coaptation, par des sutures profondes, des tissus
ÏRAITEMEM DE LA PLAIE OPÉRATOIRE
sous-jacents et notamment de la graisse sous-cutanée. Les sutures profondes sont inutiles dans les amputations des membres, dans rablation du sein et des néoplasmes sous-cutanés, etc. Nous les réservons aux cas où elles ont à remplir un rôle bien déterminé : fermeture d’une séreuse, suture de plans aponévro tiques, réunion des tendons, des nerfs, etc.
Hormis ces cas, où la réunion de ees tissus spéciaux doit être faite à points séparés et avec de la soie fine, nous ne pratiquons que la suture de la peau.
Cette suture est faite de préférence avec les agrafes. La suture à la ^oie ou bien au crin de Florenee n’est avantageuse que dans les cas où les agrafes ne peuvent pas être appliquées (cuir chevelu, etc.).
Tout recroquevillement de la peau doit être évité avec soin.
Si l’on suture à la soie ou au erin, il est rare que l’aiguille doive pénétrer à plus de 5 ou 6 millimètres des lèvres de la plaie. Dans les cas où le recroquevillement est à craindre, nous plaçons alternativement un point superficiel et un point un peu plus profond, ces derniers médiocrement serrés, afin de ne pas exposer à l’étranglement des tissus.
Les points quelque peu profonds doivent être enlevés pour cette raison dès le 2® ouïe Séjour.
11 nous est facile, grâce à l’emploi de nos pinces à griffes et à crémaillère (fi g. 12 4, P • 171), de faire seul et sans aides des sutures étendues.
11 suffit à cet effet d’accoler préalablement les lèvres de l’incision, en deux ou trois points, à l’aide de plusieurs de ces pinces.
L’afîrontement ainsi préparé, la suture est faite, soit à points séparés, soit en surjet.
Le crin de Florence est, de toutes les matières employées pour la suture de la peau, la plus avantageuse, en raison de sa solidité et de la manière dont il est toléré par les tissus vivants.
Le catgut stérilisé donne d’excellents résultats lorsque la ligne des sutures ne présente aucune tension.
La soie est cependant la matière la plus employée, parce qu on 1 a toujours à sa disposition.