CANCER DE L’ESTOMAC
Si l’on admet, d’après les constatations anatomiques de plusieurs auteurs, que 4 à 9 p. 100 des cancers de l’estomac se greffent sur un ulcère simple, il est vraisemblable que cette étiologie échappe le plus souvent au clinicien, l’ulcère ayant entièrement fait place, lors de l’autopsie, à la dégénérescence maligne.
Les chiffres de 4 à 9 p. 100 ne se rapportent donc qu’aux cas où le cancer, ayant déterminé une mort précoce ou hien ayant été observé par hasard à l’autopsie d’une affection intercurrente, n’avait encore envahi qu’une petite étendue de la surface ulcérée.
La fréquence des ulcères latents, sans hématémèse et la longue durée des troubles dyspeptiques prémonitoires du cancer de l’estomac permettent d’affirmer qu’en assurant la guérison rapide et durable de l’ulcère on préserverait un grand nombre de malades de l’évolution ultérieure d’un carcinome.
Que le cancer s’inocule sur une surface primitivement ulcérée et fréquemment irritée, comme se développe à la lèvre ou sur la langue
le oc cancer des fumeurs», ou qu’il y ait développement interstitiel a la suite d’un apport embolique, en un locus minoris resistentiæ, comme on l’observe dans l’ostéomyélite infectieuse et d autres maladies, le rôle nocif du pylore est indéniable.
Le spasme habituel du pylore, qui complique et aggrave la dyspepsie, l’ulcère de l’estomac, la dilatation, la gastrite chronique, doit donc être compté parmi les causes les plus évidentes du cancer.