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PLAIES

Les plaies de l’abdomen résultent de blessures par instruments piquants, tranchants ou contondants, ou bien par des projectiles provenant d’armes à feu.

On les divise en plaies non pénétrantes et en plaies pénétrantes , suivant qu’elles intéressent la paroi seule ou qu’elles ont pénétré dans la cavité péritonéale.

Plus l’orifice de pénétration est étroit, et plus il est difficile de savoir si l’on est en présence d’une plaie pénétrante. Les signes cliniques invoqués pour leur diagnostic, tels que l’issue de gaz ou de matières fécales, ne sont souvent observés qu’au boutdequelques jours, c’est-à-dire trop tard pour qu’il soit possible d’intervenir utilement.

Il n’y a aucun doute sur la blessure du péritoine, lorsqu’on peut constater l’issue immédiate, à travers la plaie, d’une frange épiploïque ou d’une portion d’intestin. Si ce signe certain n’existe pas, il importe de rechercher, au premier examen du malade, si la plaie est pénétrante ou non. L habitus extérieur présenté par le blessé peut être très trom-

OPÉRATIONS SUR LA PAROI ABDOMINALE. 19

peur dans le cas de plaie pénétrante, surtout si celle-ci est très petite : après une chute momentanée du pouls, accompagnée de pâlejir du visage, l’état général peut se relever; comme la douleur est souvent très minime, le blessé peut paraître hors de danger pendant deux ou trois jours. Dans ces cas, la péritonite septique se déclare insidieusement, et l’on risque d’intervenir trop tard.

Quel que soit 1 objet vulnérant, instrument piquant, coupant, contondant ou projectile d’arme à feu, il y sera toujours utile de se faire présenter le corps vulnérant, dans les cas où cela sera possible; on exigera, dans le cas de plaie par arme à feu, l’arme et sa munition.

On ne doit jamais sonder une plaie de l’abdomen; on s’exposerait, en effet, à faire courir au malade des risques beaucoup plus considérables qu’en pratiquant la laparotomie. On fera la radiographie s’il s’agit d’une plaie par arme à feu sans orifice de sortie, et si le projectile se trouve dans le corps.

L’opération est donc la règle. En effet, si la plaie est superficielle, on ne peut s’en assurer qu’en anesthésiant le blessé et en agrandissant l’orifice cutané.

Lorsqu’il y a lieu de croire que la plaie est pénétrante, il faut agir comme si l’on était certain de la blessure du péritoine. Le malade doit être anesthésié, et le chirurgien doit se tenir prêt à faire la laparotomie. Il commence par inciser longitudinalement le foyer traumatique.

Si l’on constate que le péritoine n’est pas atteint, on pratique la suture, avec ou sans tamponnement partiel de la plaie.

Si la séreuse est atteinte, on pratique la laparotomie médiane. L’incision exploratrice primitive sera tamponnée provisoirement.

Dès que le ventre est ouvert, il faut éponger avec des compresses les liquides épanchés, en prenant soin de ne pas les disséminer dans la séreuse, et de protéger par de larges compresses les parties de la cavité abdominale qui sont restées indemnes.

La direction primitive du trajet pariétal de l’instrument vulnérant, qu’on reconnaît en l’incisant, indique à peu près quels peuvent être les organes blessés.

Suivant qu’il s’agit du foie, de la rate, de l’intestin, de la vessie, il faut isoler le plus rapidement possible le point lésé; on traitera de préférence les perforations par la suture. Il ne faut pas oubher, dans les cas de plaie par arme à feu, et lorsque le projectile n’a pas traversé le blessé de part en part, que le foyer postérieur doit êti'e recherché et drainé. 11 est donc indispensable, pour éviter la péritonite secondaire, de rechercher l’orifice postérieur du péritoine ; et si l'on ne trouve pas

le projectile, il ne faut pas craindre de pratiquer une contre- ouverture dans la paroi postérieure, c’est-à-dire dans la région dorsale, pour permettre le tamponnement et le drainage de ce côté.

Depuis la découverte des rayons X, la recherche des corps étrangers est simplifiée ; il ne faudra donc pas négliger de recourir à la radiographie ou à la radioscopie toutes les fois que cela sera possible, c’està dire lorsque cette exploration pourra être faite sans occasionner un retard irrémédiable.

L’intervention, s’il s’agit d’une balle de revolver ou d’une plaie par instrument piquant, doit être faite aussi près que possible du moment de l’accident, et en prenant la précaution d’éviter tout déplacement du blessé; les secousses du transport pourraient en effet favoriser l’épanchement des liquides viscéraux dans le péritoine.

Après fermeture du ventre, la suture sera recouverte d’une compresse stérilisée de sparadrap Yigier et de vessies de glace, en observant les mêmes précautions que pour la laparotomie après les contusions de l’abdomen.

LÉSIONS INFLAMMATOIRES

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