DIAGNOSTIC ET INDICATIONS OPÉRATOIRES
Le diagnostic des suppurations péritonéales enkystées est généralement facile. Le début est tantôt insidieux, tantôt bruyant. Il est bruyant lorsque l’infection générale de la séreuse précède la formation des adhérences. Nous n’insisterons pas sur les phénomènes généraux : douleur locale, fièvre, état du pouls, nausées, etc. Il se produit presque sans exception un empâtement très perceptible, ce qui permet de préciser le diagnostic et d’intervenir assez à temps.
Dès que l’existence d’une suppuration péritonéale enkystée est certaine, il faut se tenir prêt à intervenir. Si les symptômes ne sont pas graves et si la collection est très profonde, on couvrira le ventre de glace et l’on attendra la migration du pus vers la paroi, afin de faire autant que possible une intervention bénigne, sans ouvrir la grande séreuse. Si les symptômes sont alarmants, il faut intervenir au contraire sans retard.
La technique opératoire générale de l’ouverture des collections purulentes enkystées du péritoine varie suivant leur situation. Tantôt elles cheminent vers la paroi et deviennent ainsi superficielles ; tantôt elles restent profondes et on ne peut pas les atteindre sans traverser la grande séreuse.
Collections adhérentes à la paroi.
L’incision correspondra au point le plus accessible du gâteau inflammatoire. Si celui-ci est latéral ou iliaque, l’incision se fera à sa limite externe, de manière à faciliter le drainage.
OPÉRATION
4er Temps. — Incision de la peau et la paroi abdominale, jusqu’au péritoine.
2e Temps. — On reconnaît le point le plus accessible du foyer, et l’on incise couche par couche. Si l’on tombe dans des adhérences superficielles, sans ouvrir la séreuse, il est facile de perforer le foyer avec une pince courbe. On agrandit l’orifice par divulsion, on vide le foyer, et l’on en fait la toilette avec des compresses aseptiques. On recherche le corps étranger, s’il en existe un, on l’extrait et on traite la cavité par le tamponnement.
3e Temps. — Suture partielle des extrémités de l’incision, au-dessus et au-dessous du tamponnement. Pansement à plat. Injections de Mycolysine.
Collections profondes.
OPÉRATION
4or Temps. - — Le premier temps est le même que plus haut, jusqu’à l’abord du péritoine.
2e Temps. — Une petite boutonnière, pratiquée sur la séreuse, montre qu’elle est libre d’adhérences. L’ouverture est agrandie par divulsion, et le péritoine est fixé de chaque côté aux lèvres de la plaie pariétale, avec des pinces-érignes . Le chirurgien soulève la lèvre interne, et il introduit sous la paroi une ou deux compresses stérilisées, dont l’extrémité est saisie entre les mors d’une pince-érigne. On place, s’il y a lieu, d’autres compresses en bas, puis en haut.
3e Temps. — On reconnaît les adhérences profondes qui limitent la collection purulente, et on les dissocie doucement avec le doigt, protégé par le gant de caoutchouc, ou bien avec une pince courbe. Les compresser péritonéales protègent toute la périphérie du champ opé-
OPÉRATIONS SUR LE PÉRITOINE
ratoire. Dès que le pus apparaît, ou agrandit l’orifice par divulsion . On fait la toilette de la poche, on la tamponne provisoirement, et on change les compresses qui protègent le péritoine, et qui sont superficiellement tachées de pus.
On enlève alors la compresse qui remplit le foyer purulent, on s’assure que la toilette de la cavité septique est suffisante, et on l’examine minutieusement. On jugera ainsi si l’on doit se contenter du simple tamponnement du foyer, ou hien s’il est nécessaire de faire, soit une réparation profonde du péritoine, soit toute autre manœuvre, nécessitée par un cas particulier.
4e Temps. — Suture partielle des extrémités de l’incision. Pansement à plat.
Nous reviendrons, à propos de chaque région, sur les détails de technique qui conviennent à l’opération des principaux types de péritonite purulente enkystée.