CLOISONNEMENT DU PÉRITOINE ET PÉRITONISATION
J ai remarqué dès mes premières laparotomies, en 1887, qu en outre de la réparation des pertes de substance péritonéale, il était fréquemment nécessaire d’isoler certaines parties de la séreuse du reste de sa cavité, afin de prévenir, par exemple, F extension d’une inflammation locale. Les manoeuvres qui aboutissent au cloisonnement du péritoine étant inséparables des manœuvres de réparation du péritoine ou péritonisation, nous les décrirons en même temps.
J’ai d’abord étudié la fermeture du péritoine inférieur, dans l'hystérectomie abdominale totale. L’expérience m’a démontré qu’il était indispensable de supprimer entièrement le cul-de-sac de Douglas et de faire le cloisonnement au détroit supérieur du bassin. J’ai ensuite appliqué la méthode du cloisonnement aux autres région s de la séreuse abdominale.
A. — Région du pylore et de la vésicule biliaire.
Les inflammations de la vésicule biliaire provoquent très vite des adhérences du côté de la première portion du duodénum et du côlon transverse. Lorsque ces adhérences s’étendent, elles obstruent l’hiatus de Winslow et atteignent la petite courbure de l’estomac. J’ai cherché à réaliser, après les opérations étendues sur la vésicule biliaire et sur le pylore, ce processus de défense naturelle.
L’abord des voies biliaires profondes, comme la résection du pylore, exigent des dégâts péritonéaux assez considérables. Je commence par réunir, au-devant des sutures viscérales profondes, les replis péritonéaux très lâches de l’épiploon gastro-hépatique avec ceux de l’épiploon gastro-colique et de la partie supérieure droite du grand épiploon. Deux sutures en bourse ou deux surjets superposés sont effectués. Ces sutures recouvrent les points de réunion profonds, qui se trouvent exclus de la grande cavité péritonéale. Si l’opération est aseptique, par exemple, après la pylorectomie, le ventre est refermé complètement. S’agit-il, au contraire, d’un drainage des voies biliaires profondes, l’épiploon gastro-colique et l’orifice supérieur du grand épiploon sont suturés au péritoine du bord supérieur de l’incision pariétale, et la profondeur de la plaie est tamponnée. Ce cloisonnement, qui peut être presque complet, assure la production rapide
OPÉRATIONS SUR LE PÉRITOINE
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d’adhérences et prévient toute effusion de la bile ou des liquides de la plaie dans la séreuse.
B. — Région splénique.
Le péritoine splénique présente une disposition compliquée, la moitié postérieure de la face interne de la rate faisant partie de l’arrièrecavité des épiploons. On observe en outre, sous le pôle inférieur de la rate, un repli péritonéal semi-lunaire qui est parfois très accentué (sustentaculum lienis).
Les interventions pour plaies par arme à feu dans cette région ne sont pas rares, le coup pouvant porter au-dessous du cœur. J’ai opéré un de ces cas où la balle avait perforé l’épiploon gastro-hépatique, près de la petite courbure, pour atteindre obliquement la région splénique. Après avoir constaté l’intégrité de la région de l’estomac et avoir fait, par la brèche agrandie, la toilette de l’arrière-cavité des épiploons, je reconnus une blessure de la rate, d’où le sang s’écoulait vers la cavité, pelvienne. L’hémorragie en nappe ne pouvant être complètement arrêtée, j’ai cloisonné le péritoine au-dessous de la rate, en réunissant le sustentaculum lienis au méso-côlon sous-splénique, et ensuite le bord supérieur du grand épiploon à la paroi. Cette suture était complètement étanche. J’ai tamponné le foyer par l’incision antérieure, et la malade a guéri de son traumatisme.