TOME IV
par son bord gauche au plan médian, et la moitié gauche du côlon transverse remonte dans l’hypocondre gauche jusque vers 1 extrem.te inférieure de la rate, cachée par la grosse tubérosité de 1 estomac.
Le déplacement du pylore et du duodénum vers la gauche parait avoir été déterminé chez ce sujet, de même que la déviation du ligament
Fig. 221. — -Estomac, pylore et duodénum rejetés vers la gauche par suite de l’hypertrophie du lobe droit du foie (d’après une photographie).
suspenseur du foie, par l’énorme augmentation du volume du lobe droit de cet organe, qu’ont suivi, dans sa migration vers la gauche, le ligament suspenseur du pylore, dépendance de l’épiploon gastrohépatique, et le pancréas.
Un autre de nos sujets nous réservait une surprise plus grande encore.
Il n’apparaissait rien de remarquable à l’ouverture du ventre. Le foie présentait ses rapports habituels et recouvrait entièrement le
pylore. Le côlon trans verse, très nettement ascendant, ainsi qu'on l’observe le plus souvent, cachait ce qui eût pu apparaître de l’estomac au-dessous du lobe gauche du foie, qui offrait peu d étendue.
Nous avons alors détaché le grand épiploon et nous avons soulevé le foie par une érigne, puis nous l’avons fixé à la paroi chondro-costale par une ligature. Nous avons alors aperçu le pylore et l’extrémité
Fig. 222. — Estomac en bissac par suite de la présence d’un sphincter surnuméraire (d’après une photographie) .
inférieure de l’estomac, dont la situation était à peu près verticale.
Nous avons tout d’abord recherché la situation exacte fin pylore, qui semblait situé à gauche delà ligne médiane, au point où se termine, sur la figure 222, l’antre du pylore, dilaté et globuleux.
En saisissant entre les doigts l’origine du duodénum, nous avons constaté que le pylore n’était pas situé à l’endroit où le faisait supposer la forme extérieure de l’estomac, mais bien à 3 centimètres plus haut, au point où s’insère sur la figure 223 le ligament suspendu du pylore.
La forme générale de l’estomac nous semblait d’ailleurs différer de
ce que nous avons généralement observé, et, sous le rebord chondrocostal gauche, on apercevait, en rapport avec la partie moyenne du
ventricule, une anse d’intestin grêle.
Afin de mieux observer les rapports, nous avons entièrement soulevé le foie et la paroi chondro-costale. L’estomac nous est alors apparu dans son ensemble. C était un estomac en bissac, avec rétrécis¬
sement de sa partie moyenne. L’anse d’intestin grêle, que l’on remarque dans la concavité du bord gauche de l’estomac, au niveau de l’étranglement, s’était placée dans cette situation pour combler le vide qui existait au niveau de la grande courbure par suite de cette anomalie (fig. 222 et 223). Le lobe de Spiegel ayant été mis à nu par l’ ablation de l’épiploon gastro-hépatique, nous avons constaté que l’étranglement de l’estomac en bissac se trouvait exactement situé au niveau de la queue du pancréas.
Cet étranglement de l’estomac ne semblait correspondre à aucune
Fig. 223. — Id. Aspect de cet estomac en bissac après'soulèyement du foie et dissection du ligament suspenseur du pylore.
lésion anatomique. Il existait simplement en ce point une sorte d'épaississement des fibres circulaires, un véritable sphincter. Nous avons entièrement détaché le foie et la totalité de la masse intestinale : l'estomac a aussitôt changé de forme, par suite du prolapsus de l'antre du pylore, rempli de liquide, qui a glissé vers la fosse iliaque (fig. 2 24). L'étranglement de la partie moyenne de l’estomac est devenu d’autant moins apparent que nous avions enlevé la totalité des replis séreux de
Fig. 224. — Id. Rapport de l’anse duodénale et de l’origine du jéjunum avec le pancréas et la petite courbure de l’estomac.
la région, afin de mieux faire voir la direction ascendante du pancréas ainsi que la situation de la quatrième portion du duodénum et de l’anse initiale du jéjunum, qui décrivaient avec l’antre du pylore un véritable 8 horizontal (fig. 224).
Nous avons enfin photographié un estomac considérablement dilaté (fig. 225), dont le cul-de-sac inférieur descendait jusqu’au devant du promontoire et recouvrait une partie de l’S iliaque. L’axe du pylore était absolument vertical. On distingue nettement sur notre photographie le ligament suspenseur du pylore, qui s’épanouit le long de la portion terminale, verticalement ascendante, de la petite courbure.
33o traité de thérapeutique chirurgicale.
La deuxième portion du duodénum est remplie de gaz. Cette pièce représente un des degrés les plus accentués de dilatation gastrique que
Fig. 225. — Dilatation considérable de l’estomac et dissection du ligament suspenseur du pylore (d’après une photographie).
l’on puisse observer. C’est d’après cette photographie qu’a été dessinée la figure 191 .