TECHNIQUE DE LA RÉSECTION COSTALE ET DE LA THORACOPLASTIE
RÉSECTION COSTALE
La nécessité de terminer très vite les interventions sur la cavité pleurale m’a conduit à faire construire une instrumentation spéciale pour la résection costale et à déterminer une technique précise. Je pratiquais très vite la déinidation des côtes à l’aide de ma rugine costale et je les sectionnais à l’aide de la pince de Liston. Mon assistant, M. Bouchon, m’a fait remarquer qu’il serait facile de combiner à ma rugine costale une pince costotome. Nous avons fait établir, après des recherches minutieuses, l’instrument représenté sur la figure 3 >8. Celte rugine costotome permet de faire soit la résection définitive des cotes, soit un volet à charnière. Ma technique présente plusieurs particularités.
Si 1 espace intercostal est très étroit, on dénude la côte supérieure d un coup de rugine, on l’isole par un double mouvement de va-et-vient à 1 aide de ma rugine spéciale sur une longueur de 5 à 6 centimètres et Ion résèque le fragment dénudé avec une cisaille de Liston.
Dans certains cas, on résèque deux côtes voisines sur une longueur de 5 à 6 centimètres. Deux drains en canons de fusil seront placés par
- Introduction de la brandie horizon laie delà ru; sous le bord supérieur de la côte droite.
Pour introduire la rugiiie costale, il suffit de décoller le périoste jusqu à la face pleurale, soit au niveau du bord supérieur, soit au
rugine est attirée en dedans et l’on sectionne l’extrémité interne de la côte.
l’autre espace intercostal et, d’un brusque mouvement de on la dénude sur toute la longueur nécessaire.
traité de thérapeutique chiruruicale.
OPÉUATION
^er Temps. — Incision des parties molles. J’ai presque complètement abandonné les incisions en U pour pratiquer à peu près exclusivement des incisions longitudinales, tantôt parallèles aux côtes, tantôt obliques ou perpendiculaires à leur direction. Les lèvres de l’incision sont immédiatement saisies avec plusieurs pinces érignes. Des tractions sur les extrémités de ces instruments découvrent un champ opératoire considérable.
Fig. 32 2. — Résection de deux côtes unies entre elles par un pont osseux d’origine inflammatoire.
2® Temps. — Résection des côtes. Dans les cas où il importe de ménager la plèvre, je dénude chaque côte de son périoste et je fais avec ma rugine-costotome la résection sous-périostée. S il me parait nécessaire de ménager un volet costal, cet instrument permet de faire la section sous-périostée des côtes à la base des volets, et de ménager dans son épaisseur les vaisseaux intercostaux.
Lorsque je juge utile au contraire de réséquer toute l’épaisseur de la paroi thoracique, par exemple dans les opérations de thoracoplastie pour ancien foyer fistuleux à parois sclérosées, j’introduis la rugine costotome sous le périoste et je détruis par un mouvement de va-et-vient la partie correspondante de la paroi intercostale. Lorsque la résection multicostale est terminée, je résèque avec les ciseaux, sur toute 1 étendue du champ opératoire, la totalité de ce qui reste de la paroi.
Lorsque 1 empyeme est considérable, il peut être indiqué de faire d’emblée une résection costale multiple et étendue. L’incision cutanée sera faite sur une longueur de 12 à i5 centimètres, on mettra à nu 3 ou 4 cotes qui, par le procédé indiqué plus haut, seront réséquées en quelques instants sur la même longueur, sans danger de blesser les artères intercostales ; la blessure d une de ces artères exigerait l’application pendant 3 à 4 minutes d une pince à mors courts et éventuellement une ligature. Quand on sait bien manier la rugine costotome, la dénudation et la résection de chaque côte demande 5 à 10 secondes.
Fig. SaS. — Idem. Curage et tamponnement du foyer.
On peut faire au moment de l’opération, si le malade n’est pas trop faible, un lavage à l’eau bouillie salée à 7 p. 1000 (sérum artificiel) à la température de 39“ ; sinon il vaut mieux se contenter de l’évacuation rapide du pus et remettre le premier lavage à quelques jours plus tard.
L’empyème pour épanchement de la grande cavité pleurale peut donner lieu à des fistules purulentes, qui nécessitent une intervention ultérieure.