TECHNIQUE DE L’ÉLECTRO-COAGULATION THERMIQUE DU CANCER DE LA LANGUE
ÉPITHÉLIOMA MARGINALLOCALISÉ
L anesthésie est pratiquée avec le tube pharyngé auquel est adapté un entonnoir garni de plusieurs épaisseurs de gaze percée d’orifices
pour l’anesthésique et le passage de l’air. On enlèvera d’ abord toutes les dents en rapport avec le néoplasme. La langue est ensuite perforée au voisinage de sa base avec une aiguille courbe, et traversée par un gros fil de soie dont les extrémités sont nouées l’une à l’autre ; les commissures labiales et les mâchoires sont écartées avec l’écarteur bi-commissuralde Doyen. (Voir 1. 1, pages 286 et 287, fig. 176, 178 et 179). Il devient très facile de mettre en évidence un épithélioma du bord latéral de la langue grâce à une traction modérée sur le fil de soie
Il convient alors de recouvrir les lèvres et l’écarteur à l’aide d’une compresse humide, qui est introduite avec les ciseaux mousses ou avec
une pince de telle manière que la sérosité en ébullition et la vapeur ne puissent y produire aucune brûlure. La langue est attirée fortement au dehors Un des pôles de l’appareil est mis en contact avec le ht métallique, l’électrode est mise en place et l’on commande : « Allez! » Il faut employer pour ces épithélionias latéraux une électrode obvairc
hémi-isolée. La surface métallique a été fixée dans le sens convenable par la pression du contre-écrou. On doit employer une électrode de surface proportionnée à l’intensité du courant. La surface en contact doit blanchir en quelques secondes. Si l’action du courant n’est pas assez rapide, on commande ; « Halte ! » et l’on choisit une olive plus petite. La sérosité de la plaie entre en ébullition et il se dégage de la vapeur d’eau; au bout d’un instant, se produisent de courtes étincelles au niveau des parties desséchées. Si l’on possède une expérience suffi-
FiG. 20. —
Éplthélioma du bord gauche de la langue, disposé pour l’électro-coagulation.
traitement local du cancer. 4.
santé de rélectro.coagulation, il faut moins d une minute pour détruire complètement un épithélioma marginal de la langue de 3o mm de longueur, de 10 mm. de largeur et de 6 à 8 mm. de profondeur.
Les suites de l’opération ne sont pas douloureuses : il ne se produit guère de gonflements; l’élimination de l’escarre se fait en masse, au
Fig. 21. — Idem. Protection des parties saines; application de l’électrode.
bout de deux semaines environ. Il y a rarement hémorragie, les vaisseaux étant oblitérés à cette époque, bien au delà du sillon d’élimination. Chaque malade cependant doit être surveillé avec soin. La réparation est rapide.
épithélioma massif D’UNE GRANDE PARTIE DE LA LANGUE
L’électro-coagulation donne d’excellents résultats dans les épithéliomas très étendus de la langue, à la seule condition de dépasser les tissus pathologiques. C’est surtout dans ces cas, où l’opération sanglante
jg TRAITÉ DE thérapeutique ClimUliGICAEE.
exigerait des dégâts formidables, que l'on appréciera les avantages de
l’électro-coagulation. i • r t
Le champ opératoire doit avoir été préparé comme plus haut. La tumeur sera détruite, suivant sa disposition, par le contact direct de l’électrode ou par l’intermédiaire de courtes étincelles. On obtient une
Fig. 22.' — Idem. Aspect de la surface électro-coagulée.
action beaucoup plus rapide en employant une électrode de petite surface et en ne craignant pas la production de quelques étincelles.
Dans le cas représenté par les figures 28, 24 et 26, il s’agissait d’un épithélioma massif des deux tiers antérieurs de la langue et d’une partie du plancher huecal. La destruction de la tumeur a été obtenue à la suite d’une seule séanee d’éleetro-coagulation sans étincelles. La masse énorme s’est éliminée d’un seul bloc sans hémorragie. La réparation s’est faite tellement bien, grâce au glissement de la muqueuse, qu à part une encoche médiane, la. langue a repris un aspect presque normal.
Chez ce malade il a été nécessaire d’arracher toutes les dents pour
Fig. 23.
— Épithélioma massif des deux tiers antérieurs de la langue, vu de face. Les dents ont creusé dans la tumeur le sillon médian.
Fig. 24. Idem. Le malade est anesthésié. La tumeur est luxée au dehors;
il est impossible d’en apercevoir la limite profonde.