RÉTRÉCISSEMENTS DE L’ŒSOPHAGE
Les rétrécissements cicatriciels très étendus, après ingestion de substances corrosives, sont au-dessus des ressources de l’art. Les rétrécissements cancéreux sont les plus fréquents. Il est rare qu’un rétrécissement de l’œsopliage au-dessus de l’age de 35 ans et survenant en dehors de tout commémoratif précis, ne soit pas cancéreux. Le rétrécissement de l’œsophage se traite de préférence par la dilatation ou l’électrolyse.
Dilatation progressive.
Elle se fait de préférence avec des bougies coniques graduées de 4, 6, 8, lo, 12 et i4 millimètres de diamètre. Les 3 numéros les plus petits doivent se terminer par un pas de vis de manière à recevoir une bougie conductrice.
Ces bougies, telles que je les ai fait construire, sont remplies de plomb de chasse ou de mercure. Leur poids les fait pénétrer beaucoup plus aisément.
La dilatation des rétrécissements de l’œsophage doit se faire avec douceur, afin de ne pas provoquer de déchirures.
Électrolyse.
L électrolyse de l’œ'sophage se fait avec une sonde spéciale fenêtrée de forme losangique, portée sur un conducteur plat. Ce modèle de sonde passe dans beaucoup de cas où les bougies cylindriques ne peuvent pas pénétrer. L’électrode positive, formée par une large plaque métallique recouverte de tarlatane imbibée d’eau salée tiède a i p. loo, est mise en rapport avec la peau de la région dorsale.
On appuie doucement sur la sonde et l’on fait passer jusqu’à 3o ou 4o milliampères. Dès que le couteau losangique a pénétré, on le retire doucement et 1 on coupe le courant ; il ne faut pas une forte pression
INSTRUMENTS POURVU CESOPHAGOTOMIE EXTERNE ET DES CORPS ÉTRANGERS EN CAS d’ INSUCCÈS DE P.AR LES VOIES NATURELLES
POUR l’extraction l’extirpation
Fig. i5i.
De droite à gauche et de bas en haut ; 2 bistouris, 2 pinces à gritïes, 2 paires de forts ciseaux droits, 6 pinces à mors courts et à griffes, 6 pinces à anneaux et à griffes obliques, 4 pinces à mors ovalaires, 6 longues pinces courbes.
Au-dessus : 2 pinces à mors courts pour les veines, 6 petites pinces hémostatiques de Championnière, 6 pinces poi'te-aiguilles à mors courts excavés, 2 pinces porte-aiguilles à plateau excentré, plusieurs modèles d’aiguilles à chas fendu, 3 drains de verre.
Plus haut : 2 pinces à corps .étrangers et i crochet de Kirmisson, 2 curettes, I écraseur petit modèle, 12 pinces érignes, 2 aiguilles à manche, 2 pinces porte-agrafes et 25 agrafes métalliques, 2 longues pinces à mors ovalaires excentrés.
traité de thérapeutique ciiirurgicale.
pour faire pénétrer la sonde à électrolyse. Cette opération doit être répétée toutes les semaines ou tous les i5 jours, tant qu’il sera nécessaire. Il est le plus souvent inutile de passer des sondes dans rintcrvalle.
Électrolyseur losangique à double fenêtre.
Lorsque l’électrolyseur losangique à simple fenêtre passe bien, on
Fig. i52. — ElecLrolyseurs losangiques, à double fenêtre et à simple fenêtre franchissant un rétrécissement néoplasique.
emploie le modèle à double fenêtre, qui trace, au lieu de 2 sillons, 4 sillons parallèles.
Tubage du rétrécissement.
On peut introduire dans certains cas, au niveau du rétrécissement, un tube de celluloïd à rebord supérieur, muni d’un fil de soie solide. On porte ce tube à l’aide d’une bougie conique, sur laquelle on a introduit un tube métallique souple en spirale, qui sert à maintenir le tube œsophagien en place au moment où on retire la bougie.
ŒSOPHAGOTOMIE EXTERNE CERVICALE
L œsophagotomie externe cervicale a des indications variées. Je 1 ai pratiquée soit pour atteindre des cancers de l’œsopbage cervical, soit pour extraire des corps étrangers acérés, avant l’emploi de l’œsophagoscopie directe.
OPÉRATION
i Temps. Incision longitudinale du bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien gauche, du cricoïde au voisinage de la clavicule.
i3o TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.
2-= Temps. — Découverte du bord antérieur du muscle et du lobe latéral du corps thyroïde qui est immédiatement isolé de la gaine vas-
Fig. i56. — Idem. 3° temps. Incision de Pœsophage sur l’extrémité de la pince.
culo-nerveuse avec l’aide de l’index qui plonge jusqu à 1 aponévrose prévertébrale.
5® Temps. — Le sterno-mastoïdien et le faisceau vasculo-nerveux sont chargés sur un écarteur, le corps thyroïde et la trachée sur un
Fig. 157. — L’opération est terminée; la muqueuse de l’œsopliage a été suturée à la peau. Application d’une sonde
autre, on découpe le muscle omo-hyoïdien qui est sectionné et l’œsophage apparaît sous l’aspect d’une bande musculeuse rougeâtre à libres longitudinales; il est reconnu, puis incisé latéralement, après avoir été saisi par deux pinces à griffes. Le plus souvent je fais l’incision de l’œsophage sur 1 extrémité d’une longue pince courhe introduite par la bouche.
4® Temps. — Recherche du corps étranger. Dans le cas d’un dentier à plusieurs crochets qui avaient perforé la muqueuse, l’index intro-
duit dans la plaie parvint à sentir le corps étranger qni remontait de 3 à 4 centimètres en tirant sur le panier de Græfe. Le dentier fut saisi
avec une longue pince courbe, dégagé avec précaution en l’abaissant et en le relevant alternativement, puis extrait par la plaie (voir fig. i6o).
Fig. I og. — Photographie du dentier, grandeur naturelle. On voit les crochets qui étaient implantés dans la muqueuse.
5® Temps. — Suture de l’œsophage en surjet. Tamponnement de la plaie cervicale, qui sera réunie plus tard. Dans les cas simples on peut