‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome troisièmeChapitre 57 sur 249 · TUMEURS DE L’OESOPHAGE TUMEURS BÉNIGNES · texte numérisé non relu

TUMEURS DE L’OESOPHAGE TUMEURS BÉNIGNES

Les tumeurs bénignes de Lœsophage sont exceptionnelles, On peut reconnaître les papillomes pédiculés ou les kystes par l’œsophagoscopie directe. 11 est facile d’extraire par cette voie les polypes et de détruire la paroi saillante des kystes par la galvano-caustique.

T UME un S MA L IGNE S

Le cancer de Lœsophage n’est reconnu le plus souvent que lorsqu’il y a dysphagie. Les tentatives d’extirpation du cancer de la partie cervicale de l’œsophage n’ont pas donné de résultats encourageants. L’extirpation de la partie thoracique est impraticable avec des chances suffisantes de succès. J’ai songé en 189G à aborder l’œsophage par la voie transpleurale droite, et à remplacer la portion réséquée par une anse de l’intestin grêle séparée du reste du jéjunum et demeurant adhérente à son mésentère. Un des obstacles principaux à cette intervention serait la situation des nerfs pneumogastriques , qui presque toujours adhèrent au néoplasme. Le mésentère devient trop court pour permettre l’exclusion intra-thoracique d’une anse intestinale bien vascularisée. Je n’ai pas tenté cette intervention.

La dilatation dans le cancer œsophagien est un palliatif qui aboutit tôt ou tard à la perforation de l’œsophage dans la trachée, la plèvre ou le péritoine.

TRAITEMENT GÉNÉRAL PAR LA VACCINATION ANTINÉOPLASIQUE TRAITEMENT LOCAL PAR LA VOLTAÏSATION BIPOLAIRE ET L’ÉLECTRO-COAGULATION

Vaccination antinéoplasique.

Le traitement du cancer de Lœsophage pris au début et reconnu par 1 endoscopie m a donné déjà une survie de près de 3 ans chez un viedlard de 70 ans et chez lequel un spécialiste de Lœsophagoscopie avait porté un pronostic fatal.

ET POUR u’ÉLECTRO-COAGUUATIO?î DES ÉPITHÉLIOMA AU DÉBUT SOIT PAR LES VOIES VATURELLES, SOIT APRÈS ŒSOPHAGOTOMIE EXTERVE

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En bas et de droite à gauche : 2 bistouris, 2 paires de forts ciseaux droits, 6 pinces à mors courts et à griffes, 4 pinces porte-aiguilles à mors courts excavés, 2 pinces porte-aiguilles à plateau excentré et des aiguilles variées, 4 longues pinces courbes.

Au-dessus : 2 pinces porte-agrafes et une série d’agrafes, 2 pinces à griffes, 2 aiguilles à manche et 10 pinces érignes, tout en haut 4 pinces à anneaux ovalaires.

Ces instruments sont destinés à pratiquer éventuellement l’oesophagotomie externe.

En haut deux tubes endoscopes de 25 et 35 centimètres de longueur, un portelampe et deux tiges porte-lampes de longueur appropriée.

Au-dessous : une sonde à électrolyse au bout de laquelle a été monté un électrolvseur losangique, au-dessous un électrolyseur à 4 branches muni d’une bougie conductrice.

Au-dessous de l’électrolyseur : 2 tiges isolées et coudées pour l’électro-coagulation et 2 manches isolateurs ainsi qu’une série d’électrodes cvlindriques ou olivaires ; une partie d’entre eux présente une surface isolante de manière à n’agir que d’un seul côté.

TRAITÉ DE TIIÉIIATEUTK^UE (3111 RURGICÂLE.

La vaccination antinéoplasique doit être instituée aussitôt que possible. Localement, on a tenté d’agir sur le cancer par des applications de radium : cette méthode est très incertaine, car il est impossible de bien limiter la radio-cautérisation. On risque d’agir trop haut ou trop bas, de ne pas atteindre ou d’outrepasser la profondeur du néoplasme. Cette méthode n’a donné aucun résultat durable. J’ai fait construire des électrodes de très petit diamètre pour appliquer au cancer de l’œsophage la méthode de la voltaïsation bipolaire, ou mieux eelle de l’électro-coagulation, qui permettent de détruire complètement les tissus cancéreux en moins d’une minute, si la lésion est encore à son début.

Électro-coagulation.

Des recherches récentes (1909) m’ont permis de diminuer considérablement la longueur d’onde utilisée par le dispositif de haute fréqùence

T IG. i63. — Électro-coagulation d’un l'étrécissement cancéreux de l’œsopliage, par une incision d’œsophagotomie externe. La muqueuse œsophagienne a été suturée à la peau ahn de permettre une surveillance facile de la cicatrisation par l’endoscopie.

qui me servait à la volta'isation bipolaire et par conséquent d’augmenter le nombre des fréquences. Une des premières conséquences de cette modification de technique a été de faire passer dans le circuit fermé par le malade, sur une tension beaucoup moins considérable, et sans con-

tractions musculaires, jusqu’à 8 ou lo ampères au lieu de quelques dixièmes d’ampère. Dans ces conditions, on peut obtenir l’électrocoagulation des tissus sans étincelles et par le simple contact d’une électrode métallique. La faible tension du courant permet d’isoler facilement la tige conductrice, sur laquelle on monte des olives ou des cylindres de diamètre approprié.

On obtient en moins d’une minute, suivant la surface de l’électrode et l’intensité du courant, une cbaleur pénétrante atteignant à la surface ÿo à 8o degrés, dont l’effet est de coaguler les tissus à une certaine profondeur. Les tissus néoplasiques perdent leur virulence lorsqu’ils ont été chauffés au-dessus de 56°, c’est-à-dire au delà de la zone de coagulation qui ne se produit qu’au-dessus de 65°. Cette méthode permet de poursuivre les cellules épithéliales dans la profondeur sans détruire les tissus sains.

La cicatrisation devant être surveillée, il est préférable de faire d’abord l’opération de Lœsophagotornie externe et de suturer la muqueuse œsophagienne à la peau. On laissera subsister cette fistule œsophagienne artificielle aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour détruire par une ou plusieurs séances d’électro-coagulation l’épilbelioma de l’œsophage au début et pour surveiller la réparation. Il est préférable, même lorsque l’examen par l’endoscopie devient tout à fait satisfaisant, de laisser subsister l’orifice pendant 3 ou 4 mois encore. Ensuite on le referme en faisant l’autoplastie par dédoublement. (\oir t. I, p. 45q.)

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