AMPUTATION DU SEIN
Tumeur mobile. La peau n’est pas très envahie.
La malade est couchee sur le dos, le côté à opérer tourné Aœrs la lumière et le bras correspondant relevé par un aide.
OPÉRATION
Temps. — Incision curviligne supérieure rnédiane, à la limite antéro-supérieure du sein, 1 aréole et atteignant le creux de l’aisselle.
partant de la ligne passant au-dessus de
2"= Temps. — Incision curviligne inférieure rejoignant les deux extrémités de la première, et passant au-dessous de l'aréole.
Ces deux incisions doivent être faites franchement et exactement à
Fig. 268. — Idem. 2° temps. Incision curviligne inférieure.
l’endroit convenable pour enlever largement la tumeur, tout en ménageant la peau nécessaire à la réunion de la plaie.
Avant d’inciser, on peut mobiliser les téguments périmammaires
en saisissant le sein à pleines mains et en le déplaçant avec force en tout sens, comme si on voulait l’arracher du thorax.
Fig. 269. — Idem. 3® temps. Découverte du muscle grand pectoral. Le sein, s’il n’est pas adhérent, se détachesous la traction de la main .
hiG. 270. — Idem. 7' temps. Pose du premier point séparé au milieu de l’incision.
3^ Temps. Découverte et dissection du grand pectoral. La lèvre cutanée de 1 incision supérieure est saisie avec plusieurs pinces érignes
et le sein est disséqué avec le bistouri, en prenant soin à la fois de pas s’approcher trop de la peau et d’enlever tous les acini sland
.. 7° temps. Pose du second fil moitié externe de la plaie.
Fig. 272. — Idem. Trois points séparés ont été placés. Perforation de la peau pour le passage d’un drain.
laires. A la limite supérieure de la glande, le bistouri est conduit directement dans la profondeur, et met à nu l’aponévrose du muscle grand
pectoral. La masse de la tumeur, saisie dans la main gauche, est attirée en bas et en dehors. Le plus souvent le sein se détache du muscle par la simple traction. S'il y a adhérence de la face profonde de la tumeur, la partie correspondante du muscle est détachée avec le bistouri.
4<= Temps. — Orner lare et curage da creux axillaire. Le bord du grand pectoral est atteint. L’aponévrose profonde est sectionnée au bistouri, de telle sorte que le bord du petit pectoral apparaît dans la plaie. La masse de la graisse de l’aisselle est détachée de la profondeur
Fig. 278. — Idem. Terminaison de la suture à points séparés. On voit les deux drains de verre.
à l’aide de l index gauche jusqu’au contact de la veine axillaire, qui apjtarait bleuâtre en haut et en avant. Le bistouri, agissant en bas et en arrière, met à nu la face profonde du muscle grand dorsal.
5® Temps. — Libération de la masse de la tumeur. Il ne reste plus, pour détacher entièrement la tumeur, qu à sectionner avec les ciseaux ou avec le bistouri le tissu ceÙulo-adipeux sous-cutané au delà des derniers acini de la glande, entre le bord du grand dorsal et l’incision cutanée sous-rnammaire.
La masse des ganglions avec toute la graisse du creux de l’aisselle se trouve enlevée d une seule pièce avec le sein, sans omettre le groupe ganglionnaire postérieur, presque toujours infecté, et qui se trouve très bas, au contact du grand dorsal, du sous scapulaire et de la paroi thoracique .
L opéiation ainsi conduite est une véritable préparation anatomique
du creux de 1 aisselle, faite en suivant du bistouri le petit pectoral, la paroi thoracique , la gaine vasculo-ne
.mputalion du sein avec champ opératoire asepi de la serviette inférieure est fixé à la lèvre inférieure de l’incision.
Une seconde serviette vient d’être fixée à ne supérieure de l’incision.
le, grand rond et grand dorsal. Tous les tissus intermémt dans la main du chirurgien.
que spéciale de T ablation des ganglions et des tumeurs de décrite à propos des opérations sur le creux axillaire.
OPÉRÂTIO?iS SUR LE THORAX.
7'= Temps. — Vérification de la, plaie, réanion et drainage. — Le doigt plonge en arriéré et au-dessous de la veine axillaire pour extirper s il y a lieu les ganglions sus-claviculaires ; 1 hémostase est vérifiée et on procède à la réunion.
Un premier fil de soie est placé exactement au milieu de la plaie, puis deux autres au milieu des deux moitiés ainsi délimitées, c’est-àdire à la limite des quarts inférieur et supérieur. Ces points séparés sont destinés à éviter tout tiraillement de la ligne de la réunion. L’aiguille doit pénétrer et ressortir à lo millimètres environ des lèvres de l’incision. Il ne faut pas faire de sutures profondes. On place alors deux gros drains de verre aux points où l’indique la figure. La graisse est perforée jusqu’à la peau avec une longue pince courbe et la peau est incisée sur l’extrémité de la pince. Les orifices pour le drainage ne sont faits qu’après avoir placé les trois premiers points de suture, afin de les faire exactement dans le sinus inférieur de la plaie.
On termine la réunion avec les agrafes, qui donnent une meilleure coaptation que le surjet ou les points séparés.
La snture à points séparés est seule praticable lorsque la ligne de réunion est très tendue.
AMPUTATION DU SEIN AVEC PROTECTION DU CHAMP OPÉRATOIRE, A L’AIDE DES PINCES ÉRIGNES
Depuis que les photographies 267 à 278 ont été faites, j’ai réalisé l’asepsie complète du chanip opératoire de la manière suivante. Après que la peau a été désinfectée au savon noir formolé à 2 p. 100, à l’éther et au sublimé à 3 p. 1000, la région à opérer est entourée de serviettes stérilisées. Dès que les deux incisions qui entourent la tumeur sont terminées, les serviettes sont fixées à l’aide de plusieurs pinces érignes (figures 274 à 277) aux lèvres de l’incision cutanée. Le chirurgien et son aide étant munis de gants stériles, l’amputation du sein, le curage de faisselle et l’hémostase se terminent avec une asepsie rigoureuse.
On écarte les serviettes stériles pour placer les sutures et faire le drainage.