TRAITEMENT PHARMACEUTIQUE
fat réhabilitée par Pouteau , qui substitua au cautère actuel le moxa déjà employé par les anciens, mais usité surtout en Orient et en Egypte.
Depais lors , les partisans n^ont pas manqué à la cautérisatien actuelle. Percy, Larrey, Rust (de Berlin) , et beaucoup d'antres s^en sont montrés de zélés apologistes.
Lorsque Ton emploie le caatère actuel sur une articulation superficielle, comme celle des pieds ou des genoux, la cautéri** iatioD doit agir superficiellement, et les raies du feu doivent être passées rapidement sur la peau.
Lorsque, au contraire, les articulations sont profondes, comme celles de la hanche et de la colonne vertébrale , il feut agir profondément, et, dans ce but, appHquer des boutons de fien cjui restent longtemps en place, et portent leur action jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané.
En pratiquant le premier mode de cautérisation,' désigné sous le nom de cautérisation transcurrente, lopérateur doit éviter de diviser la peau. Pour cela, il passera le fer sur la partie p sans appuyer , et tracera rapidement le nombre de raies qu il jugera nécessaire. Mais , comme la cautérisation produite parce premier passage du fer serait insuffisante, on devra se conformer à la pratique des vétérinaires. Ceux-ci attachent une grande importance à la chaleur qui résulte de remploi du fer rouge, et leurs procédés ont pour but de faire pénétrer cette chaleur le plus profondément possible. Pour cela , ils passent huit à dix fois le fer rouge dans les mêmes raies, tout en ayant soin d'appuyer assez légèrement pour que la peau ne soit pas cautérisée dans toute son épaisseur. Ils ne s'arrêtent que lorsque les raies parcourues par le feu ontpris une teinte jaune dorée, et qu'il en suinte quelques gouttelettes d'une sérosité transparente.
Cauî&isation par les moxas. — Le meilleur de tous les moxas est, sans contredit, celui qu'on prépare au moyen du coton. Pouteau leur donnait un pouce de diamètre ; plus tard, on en réduisit de beaucoup les dimensions, et peut-être est-ce à cette réduction qu'il faut attribuer l'espèce de discrédit dans lequel ils sont tombés aujourd'hui.
Quel que soit le procédé de cautérisation que l'on emploie.
tO TRAITCMENT LOCAL.
lorsqu'on a recours à des corps en ignition , on praduit Ud effet dont on ne trouve pas d analogue dans Temploi des caustiques y je veux parler du racornissement de la partie brûlée^ qui attire, comme vers un centre , les parties environnantes et les fronce plus ou moins profondément.
Ce resserrement de la peau est porté à un très haut degré à la suite de la cautérisation transcurrente; et comme on applique ordinairement les raies de féu sur toute Tétendue des jointures, il en résulte pour celles-ci une véritable compres-» sion, beaucoup plus forte qu'on ne pourrait le supposer^ et qui, indépendamment de laction tonique du feu, doit constituer un puissant moyen de résolution.
On peut prendre une idée de la force avec laquelle cette compression, par la peau rétractée, agit sur la jointure, en engageant son doigt au-dessous de cette membrane, pendant qu'on pratique sur le cadavre la cautérisation transcurrente ; l'opération achevée, le doigt est fortement et presque douloureusement pressé contre les os.
Quant à \di pénétration de la chaleur dans les parties profondes^ la plupart des auteurs sont d'accoitl pour établir que la cautérisation lente du moxa est plus propre à faire pénétrer profondément la chaleur que ne l'est la cautérisation par le fer rouge. Je me suis livré à quelques expériences cadavériques propres à éclaircir ce point de thérapeutique, et je me suis assuré que la pénétration de la chaleur pouvait aller jusqu'à douze ou quinze millimètres de profondeur^ au-dessous d*uii moxa de coton de 5 centimètres de diamètre, lentement brûlé.
Après avoir étudié l'action directe des caustiques ou du feu sur les parties qu'ils touchent, il faudrait rechercher quelle est leur action indirecte sur les jointures malades. Cette étude ne peut être faite avec précision qu'en traitant de clia^ que maladie et de chaque jointure en particulier. Qu'il nous suffise de faire remarquer ici que des cautérisations ou de» vésications très étendues altèrent complètement les fonctions de la peau : une sécrétion artificielle, anormale, remplace la sécrétion naturelle, et de cette substitution peuvent naître des effets souvent nuisibles et toujours difficiles à prévoir.
CHJiFKniE DfiUlLlÂlIIK.
La plupart des maladies organiques des aHiculations se deyeloppent sous Titifluence d'affections générales, telles que les scrofules, le rhumatisme, la goutte. Aussi, Tun des pro* blêmes les plus importants à résoudre dans leur traitement est celui de la guérison de ces états constitutionnels, dont la oonnaissance et le traitement dominent, au reste, la pathologie tout entière.
Les méthodes anatomiques, celles qui agissent sur la forme, la direction, le volume des parties, sont accessoires ; c*est à peine a*il se rencontre quelques cas où Ton ait à les mettre en usage. Nous mentionnerons, pour métnoire, Texcision des amygdales, le développement et la rectitude rendus à la poi« trine, comme moyens anatomiques de rétablir la santé afl^iblie par la gène que certains obstacles entraînent dans la respiration.
Les méthodes véritables de traitement général sont les mé^ thodes physic^ogiques et médicales, en d autres termes celles qai agissent par l'exercice des fonctions ou par les remèdes empruntés à la pharmacie.
Les méthodes physiologiques sont celles qui tendent à modifier la santé par Texercice des fonctions normales, la nutrition et la respiration par exemple, et elles ne peuvent être négligées, comme le sont les remèdes, car elles s'accomplissent toujours quel que soit ToubU dans lequel on laisse leur di« rection.
L^hygiène fournit des éléments précieux pour lemploi de ces méthodes; elle nous iait connaître les effets delW, de la nourriture, de rhabitatipn dans les conditions ordinaii*es de la vie. Mais en dehors des agents qu'elle met à notre disposition, il en est qui, tout aussi naturels que ceux que je viens d'énumérer, rentrent cependant dans le domaine de la thérapctitique. Ce sont les bains d'air comprimé^ ceux d'air chaud, les bains et les douches d'eau chaude ou froide, les vapeurs aqueuses, etc. La température, la densité> le mode d'admi-
nistration de 1 air et de l'eau dans ces conditions spéciales, leur donnent une grande puissance curative.
Lorsqu^on réfléchit à laction de ces diverses méthodes physiologiquesy on est frappé de voir qu elles ont toutes pour caractère commun d'activer le mouvement fonctionnel des organes, d'augmenter Télimination ou la combustion des matériaux dont se compose Féconomie et par suite de rendre la rénovation organique plus rapide.
G est ce côté de la question physiologique qui a surtout préoccupé M. Pravaz (1), et ses vues à cec égard me paraissent d'une grande justesse.
Mais si les méthodes physiologiques accroissent l'activité vitale de nos organes, une conséquence nécessaire de la loi d'harmonie qui doit présider à tous les actes de la vie, c'est que la nourriture soit plus abondante et plus forte pour répondre aux besoins de cette surexcitation artificielle et pour que la réparation de la substance soit toujours proportionnée à sa déperdition. Une conséquence non moins évidente c'est que les moyens qui ont ainsi pour but de porter les mouvements vitaux à un plus haut degré d'activité, ne soient employés que momentanément et à intervalles plus ou moins éloignés, car l'économie sollicitée incessamment ne pourrait pas toujours répondre à l'appel» qui lui serait fait et s'épuiserait par l'excitation même qu'on voudrait lui communiquer.
Les méthodes pharmaceutiques ont leurs lois générales et leurs modes communs, comme les méthodes physiologiques.
Les effets communs à plusieurs d'entre elles sont l'absorption suivie de l'élimination. L'iode absorbé sur une surface quelconque ne tarde pas à être rejeté de l'économie; on le retrouve dans la salive, dans les urines, dans les sueurs, et il ne tarde pas en disparaître , si la source n'en est pas renouvelée. Les mêmes phénomènes d'absorption et d'élimination se constatent pour le soufre, pour les sels terreux ou alcalins, pour la térébenthine.
Cette absorption et cette élimination peuvent être prolongées pendant plusieurs semaines et même pendant plusieurs
(i) Ksuii médicul snr temptoi d^ fé«> comprimé, Paris, i85o»
TRAITRMRNT Gt^N^lRAL. 33
mois. Probablement, comme je 1 ai développé ailleurs (1), des principes morbides inconnus peuvent être éliminés dans ce mouvement d'expulsion qui agit sur des substances inassimilables et étrangères à l'organisme ; sans doute aussi, par un acte similaire, le renouvellement des matériaux organiques en est rendu plus prompt.
 ce dernier point de vue, on doit remarquer que cer* tains remèdes agissent sur Téconomie à la manière des agents physiologiques qui activent, ou la respiration, ou la production de la chaleur ou la transpiration : de là l'avantage d'associer les uns et les autres. Cette désirable association se trouve réalisée dans les eaux minérales , salines, sulfureuses, alcalines, etc., qui réunissent tout à la fois l'action physiologique ei l'action médicamenteuse.
La règle commune à l'emploi des préparations pharmaceutiques, qui agissent surtout par l'absorption et par l'élimination, est la nécessité de leur combinaison avec les méthodes physiologiques qui activent la rénovation organique. Donner de l'iode ou du soufre à un malade qui languit immobile dans uo hôpital, c'est faire une médication souvent impuissante, ou même intempestive; lui donner ces substances lorsqu'il est au grand air et qu'il fiiit de l'exercice, c'est agir suivant une com* binaison dont la raison indique et dont l'expérience démontre l'utilité.
De tous les modes si nombreux suivant lesquels peuvent être employées les médications physiologiques et pharmaceutiques, il n'en est pas qui soient préférables à ceux qui portent surtout leur influence sur l'enveloppe cutanée. En agissant sur la peau, ces médications ne troublent point les voies digestives, elles activent la circulation capillaire, la transpiration et la production de la chaleur, et l'on peut les prolonger autant que l'exigent les maladies réfractaires. Ce sont ces considérations qui m'engagent à décrire dans ce chapitre les médications physiologiques et pharmaceutiques qui agissent sortout par l'intermédiaire de la peau : tels sont les bains et les douches d'eau, les bains et les douches de vapeur, l'hydro«
(i) Gazette mêdicaie de Paris, i853.
H TBAITSMSNT GÊNÉBAt.
ihérapie» les eaux minérales sulfureuses et salines, la médication iodée.
. L'étude de ces traitenienls fait partie essentielle d*UD traité thérapeutique des maladies articulaires, et il ne saurait trouver sa place que dans ce chapitre général.
AbT. 1". •-* BaUS IT DOnCHBa «'BAtl.
Le bain tiède dans une baignoire, où le malade reste immo* bile, est le mode le plus ordinaire de ladministration de leau sur toute la sur&ce du corps; il réunit toutes les conditions du repos; l'agent extérieur qui agit sur la peau a des qualités douces et unifornies, il est immobile ; et celui qui est soumis ù son action n*exécute aucun.acte volontaire.
Si une ou plusieurs de ces conditions sont changées; si Teau s éloigne en plus ou en moins de la température moyenne; si elle varie de chaleur et qu elle soit alternativement chaude ou froide; si elle est animée d'un mouvement plus ou moins rapide, ou si le malade s'y meut, le bain devient plus ou moins excitant, car il réunit quelques unes des conditions de l'activité, savoir : qualités extrêmes et mouvement de l'agent extérieur, actes volontaires de la part de celui qui est soumis à l'influence de cet agent.
La pratique fournit des exemples de toutes ces variétés : les baius de piscine, où leau immobile est en assez grande abondance pour que le malade puisse y nager; les bains de mer, où la lame en mouvement vient frapper le corps que nous supposerons immobile; les bains dans la mer ou dans un courant rapide, pendant que Ion y exécute les mouvements de la natatiop, offrent pratiquement des exemples de.s diverses variétés de bains qui peuvent exciter la circulation , la calori* fication cutanée, et, par suite, les autres fonctions de l'économie.
La douche d*eau en colonne, agissant sur le corps pendant que le malade se meut et se frotte dans tous les sens, chaude ou fraide, et surtout alternativement chaude et froide, réunit aussi à un haut degré toutes les conditions excitantes de l'enveloppe extérieure. Elle est l'un des modes les plus puissants