‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 18 sur 101 · TRAITEMENT DE CHAQUE ESPÈCE DE MALADIES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE CHAQUE ESPÈCE DE MALADIES

Cette seconde partie a pour objet Thistoire particulière des diverses espèces de maladies des articulations.

J'aurais pu les classer suivant un ordre systématique; j*ai préféré adopter les divisions généralement admises, et je trai* terai ainsi successivement des entorses, des contusions» des plaies, etc., etc.

Je commencerai par les lésions les plus simples, celles qui sont produites par des causes extérieures; je passerai ensuite aux maladies qui sont la suite d'afFections internes, et je terminerai par les ankyloses et les luxations spontanées, dernier terme des maladies graves des jointures.

CHAMVHE PREHIEm.

On sait que des mouvements forcés imprimés aux articulations , peuvent en fracturer les os et détruire leurs rapports naturels. Lorsqu'ils se bornent à produire les lésions propres à Teotorse, les os intacts conservent leurs rapports; mais les tissus qui unissent ces os et qui assurent ces rapports sont déchirés. On observealors des solutions de continuitédans les synoviales, dans les ligaments, dons les gatnes tendineuses et les muscles. Les ligaments rompus , les fibro cartilages détachés de leurs adhérences peuvent s'interposer entre les surfaces osseuses et les tendons séparés des muscles, se retirer sur eux-mêmes ou s'échapper à travers leurs gaines déchirées. A la suite de ces lésions diverses , des épanchements de sang se

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manifestent, des inflammations plus ou moins intenses s'emparent des tissus altérés, et entraînent tous les accidents qui leur sont propres (1).

On peut être appelé à soigner une entorse : 1^ Ix)rsque la lésion est récente, de deux jours au plus, et que Tinflamma* tion n'est pas encore entièrement développée ; 2* quelques jours après l'accident , lorsque les phénomènes inflammatoi* res existent dans toute leur intensité ; 5^ enfin après plusieurs semaines ou plusieurs mois , lorsque la maladie est passée à Tétat chronique. Les méthodes à employer diffèrent profondément dans chacune de ces périodes. Au début, il faut prévenir l'inflammation, et les répercussifs sont surtout indiqués. Plus tard, l'inflammation développée réclame les antipfalogistiques proprement dits. Dans ces deux premières périodes le repos est nécessaire , tandis qu'à l'état chronique , de certains exercices peuvent seuls rétablir la structure des tissus et leurs fonctions altérées.

Ait. I*'. — Entoisb réckrtk.

Les questions que sonlève le traitement de l'entorse ré* cente sont relatives : 1* aux manipulations et au massage que Ton peut exercer sur les articulations ; 2* au choix à faire entre les applications topiques; 3°aux moyens d assurer l'immobilité.

S 1 . KanipalatiiMif et nwfluige.

Dans le traitement des entorses récentes, le premier soin dont on doit s'occuper est la recherche des lésions physiques qui peuvent les accompagner. On sait à quel point les fractures des malléoles et celles de l'extrémité inférieure du radius sont fréquentes, à la suite des efforts violents exercés sur le poignet ou sur l'articulation du pied. Evidemment, si ces fractures ne sont pas réduites , et, plus tard, maintenues dans des rapports convenables, les efforts tentés pour prévenir et combattre l'inflammation seront en partie neutralisés.

(i) Traité des maladies des articulations, t. 1*', p. 201 •

ENTORSE BÉCENTE. 73

SU n'existe aucune fracture, doit-on recourir immédiate* ment à rimmobilité ou la faire précéder de manipulations propres tout à la fois à éclairer le diagnostic et à réduire quelque déplacement inaperçu? Ce précepte a été donné par un grand nombre d'auteurs.

Fabrice d'Aquapendente conseille de faire des tractions et de s'assurer de la bonne position des surfaces articulaires par des mouvements de va-et-vient.

« Lorsque je suis appelé, dit Bavaton (1), par une personne qui a une entorse , avant que le gonflement se soit emparé de la partie, je ne manque jamais de la faire tirer haut et bas par des hommes vigoureux. Que Tentorse soit au poignet ou au pied , je porte la paume de mes deux mains en croisant les doigts dessus, et la presse en tout sens, pour ramener les os (s'ils sont dérangés) dans leur situation naturelle. Je glisse ensuite mes doigts sur les tendons extenseurs , pour les remettre en place, s'ils étaient montés sur le bord de leurs gaines comme je l'ai vu bien des fois : je &is fléchir et étendre Tarticulation et passe ensuite au pansement. »

Ribes (2), dans son Mémoire sur les entorses^ émet aussi cette idée, qu il faut imprimer aux articulations qui sont le siège d'entorse de'> mouvements et des pressions qui puissent remettre en place les parties qu'on peut supposer être éloignées de leur situation normale.

Ces préceptes sont vagues , et il est difficile d'en faire lapplication. Je pense que l'on peut établir avec plus de précision, qu a la suite d'une entorse , il faut imprimer à l'articulation malade tous les mouvements qu'elle peut exécuter dans l'état sain. Si quelques uns de ces mouvements sont difficiles, il faut exercer les tractions et les pressions nécessaires pour qu'ils puissent s'accompUr.

En agissant suivant ces préceptes dans les entorses du geuou, on fléchira la jambe sur la cuisse; et si cette flexion est impossible, on exercera une traciion sur les os de la jambe ; puis , passant Tavant-bras en arrière de la partie supérieure

(i) VratUiue moderne de chirurgie, t. IV, p. 227.

{i) Mêmoitesct ohservatiom d'anatomie, de physiologie^ de pathologie^ Pbih,

du tibia, on tirera cette partie en avant, pendant qn'on fera exécuter le mouvement de flexion.

Dans les entorses de l'articulation tibio-tarsienne , on éten* dra et Vqu fléchira alternativement le pied sur la jambe; au besoin , il sera utile d'exercer des tractions pour faciliter ces mouvements.

Dans les entorses de Tépaule, on cherchera à produire des mouvements de circumduction, et si le malade ne peut écarter que difficilement le bras du tronc, on agira comme si Ton voulait réduire une luxation de Thumérus dans le creux de Vais^ selle.

L'utilité de ces préceptes peut être démontrée, soit par le résultat des expériences cadavériques, soit par les efFets observés sur le vivant.

Ainsi , dans des expériences faites sur le cadavre, on voit qu'après avoir produit, par des mouvements forcés de rotattoo et d adduction, le déplacement de cartilages semi-lunaires da genou, on les ramène à leur position normale en fléchissant d'une manière complète la jambe sur la cuisse. Ainsi, lorsqu'à la hanche, k la suite de mouvements violents, des lambeaux de la capsule et des muscles déchirés se sont interposés entre les surfiices articulaires, la flexion du fémur sur le bassin dégage ces parties et rétablit leurs rapports normaux. Enfin, au coude et à Fépaule lexpérimentation permet de constater des résultats analogues.

Les observations sur le vivant ne sont pus moins probantes. Je citerai celles qui se rapportent à ce sujet, en traitant des entorses du genou, du coude et de l'épaule.

Je n^ai pas eu l'occasion, de répéter ces manœuvres sur la hanche, et en les faisant dans les entorses de la main ou da pied , je n'ai observé aucun succès évident. Cependant, il est utile d'en faire quelques unes pour s'assurer au moins de la possibilité de les accomplir.

Cette étude des mouvements artificiels qu'on peut impri* mer aux articulations affectées d'entorses récentes, doit être complétée par celle, également très importante, des effets produits par le massage.

Parmi les entorses, il en est qui sont consécutives à des

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