‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 19 sur 101 · ENTORSE RÉCENTE · texte numérisé non relu

ENTORSE RÉCENTE

iDoavements rapides déterminés par la contraction musculaire; telles sont, par exemple, celles qui succèdent h une rotation brusque du cou, ou au redressement de la colonne vertébrale : il en est d'autres qui succèdent aux mouvements forcés produits par des violences extérieures; les entorses du pied en sont le type le plus complet. Cela posé, je crois pouvoir établir : que dans les entorses dues à la contraction musculaire, le massage est très utile, préférable même à tout autre moyen, et que dans les entorses, suites de violences extérieures, il est encore d'une utilité réelle, quoique moins générale.

Les preuves sur lesquelles je m appuie pour démontrer la première de ces propositions, sont surtout les faits tirés de la pratique de Pouteau, de Lieutaud, de Récamier, de Martin atné, ancien chirurgien en chef de Thospice de la Charité de Lyon, et ceux que j'ai recueillis moi-même en me guidant sur les préceptes donnés par ces auteurs.

On trouvera l'exposition détaillée de ces faits dans les articles consacrés à la description des phénomènes morbides qui succèdent aux mouvements forcés de la colonne vertébrale, du rou et de l'épaule, etc. Je ferai remarquer d'ailleurs, dès à présent, que l'entorse, par contraction musculaire, se rencontre surtout dans des régions où des muscles épais recouvrent les articulations, et qu'elle ne s'observe guère ni au poignet, ni au cou-de-pied , qui présentent des dispositions anatomiques peu favorables à ce genre de lésion.

Après les démonstrations pratiques, les théories ne peu* vent être qu'accessoires ; seraient-elles obscures, insuffisantes, les Êiits n'en garderaient pas moins toute leur valeur. Qu'il uie suffise de dire que, suivant l'observation de M. Martin, les muscles qui se sont violemment contractés restent roides, dans une sorte de crampe, et que le massage fait cesser cette contraction spasmodique rebelle à tout autre moyen.

Dans les lésions produites par des violences extérieures, le massage a-t-il encore quelques avantages? Les faits qui pourraient permettre de répondre à cette question sont encore trop peu nombreux pour dissiper les doutes que fait naître une étude expérimentale et clinique. Quand on sait que ce

sont des déchirures et non de* simples distensions, des ligaments, des gaines fibreuses, des tendons et des muscles qui en forment le caractère anatomique ; quand on voit les larges ecchymoses qui en sont la conséquence, on demeure convaincu que Fimmobilité est nécessaire jusqu*à la réunion des parties divisées. Je sais bien que Ion cite des cas que j ai analysés ailleurs (1), et qui tendraient à démontrer Futilité du massage dans les entorses récentes du pied. Mais un examen attentif de ces observations démontre seulement que les malades ont recouvré immédiatement la (acuité de marcher; il n'est rien dit du résultat définitif, et j'ai lieu de craindre qu après une amélioration momentanée due à la diminution de la sensibilité quémousse le massage, les douleurs et Tin* flammation ne se soient rapidement reproduites. C'est là du moins ce que j'ai observé lorsque j'ai feit usage de cette méthode.

$ 3. ApplMlîOBS.

Lorsqu'on a satisEeiit aux indications qui viennent d'être exposées, il faut s'occuper des applications sur les parties ma* lades.

Deux ordres de moyens sont ici en présence : les émoUients et les répercussifs.

A» EmoUienis. — La méthode émolliente et antiphlogistique est conseillée par la plupart des auteurs modernes , et je 1 ai vu employer presque constamment dans les hôpitaux. Elle consiste à recouvrir les parties malades de cataplasmes tièdes, à faire prendre des bains locaux dans des décoctions de méroe température. Le raisonnement aussi bien que l'expérience repoussent cette pratique. Si le premier soin, comme on n'en peut douter, est celui de prévenir l'inflammation aiguë, de com« battre la chaleur pénible qu'épi*ouve le malade, on prévoit sans peine que des cataplasmes tièdes ne peuvent remplir la première indication, etqu ils agissent à l'inverse de la seconde. L'expérience confirme toutes ces prévisions. Ces cataplasmes ne soulagent pas les malades, et loin de combattre la chaleur

(i) Traité des maladies des artieuUtionif 1. 1*', p. 34».

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