PLAIES DES ARTICULATIONS
Quel que soit le genre de plaie qui ait été fait à une jointiire^ et quelle que soit la période à laquelle celle-ci soit arrivée, Timmobilité de Tarticulation est indispensable. Aux raisons
(i) ÙEuvrti complèîts^ édition de Malgaiçne. Paris, f 840, t. II, p. 199.
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qui militent en (aTeur du rapprochement exact entre les bords des solutions de continuité récentes, quelle que soit la région du corps où on les observe, il s'en ajoute de spéciales pour les plaies des articulations. Nulle part, en effet, les mouvements divers ne tendent avec plus de puissance à pro« duire un écartemeut, et les alternatives d'amplitude et do resserrement qu'éprouvent les cavités articulaires, suivant les rapports dans lesquels les os sont placés, doit faire craindre laspiration de l'air qui serait le résultat de certains mouve* ments.
Mais dans quelle position les surfaces articulaires doivent-* elles être maintenues immobiles? Tous les auteurs depuis JUnbroise Paré ont répondu à cette question, en recommandant la direction qui serait la plus favorable à l'exercice des fonctions, si le membre venait à s'ankyloser : telles sont lex*» tension pour le genou, la flexion pour le coude.
J'ai insisté, ailleurs (1), sur les expériences de M. Jules Guérin et sur celles qui me sont propres, au sujet des dille* rences de capacité que présentent les cavités articulaires sui* viint la position des os. Le résultat de ces expériences conduit à fienserque danslesplaiespénétraniesdesarticulations, la position plus favorable est celle où^la cavité synoviale a le moins d'amplitude; car plus cette cavité est étroite, moins lair tendày pénétrer, et moindre est la collection de liquide putrescible qui peut s'y accumuler. Par une heureuse coïncidence, la po« sitiou qui diminue le plus la capacité des articulations est précisément celle qui facilite le plus lexercice des fonctions, si lankylose a lieu : cest lextension pour le genou, la flexion pour le coude, etc.
La question des moyens mécaniques qui doivent assurer l'immobilité et la position convenables des jointures lésées soulève toutes les difficultés qui s attachent à celle des appareils dans les fractures compliquées.
Les uns recommandent le bandage de Scultet avec les at* telles latérales; les autres le bandage inamovible (Larrey), quelques-uns le bandage amidonné, rendu amovo-inamovible
(0 Traité dt$ maUdiet dei articulationt, 1. 1, p. 55.
MOYENS raiVENTirS OEA ACCIDENTS, ETC. ^6
à la nanière de M. Seutin. Pour moi , je w conteste poiiU les avantages partiels que peut avoir chacune de ces méthodes; je les considère cependant comme étanl toutes insuffi5aotes , et je conseille d employer dans ces cas des appareils prépréa o lavance , et ayant les dispositions spéciales que je ferai connaître aux articles Genou, Coude, Épaule^eic, Ces appareils seuls permettent de faire les pansements, et de maintenir la propreté la plus exacte sans déplacer le membre et tout en feciiitaot, au besoin, lextension et la çontre-extensiop. Les fiuts les plus probants m'en ont démontré les avantages dans les plaies pénétrantes du pied, du coude, etc.
ÂftT. I*'. — Moyens PiiviiiTiFs dis accidents que peut entraInu
L'OUtEETUIS DBS AaTICIILATlOirs,
Après Fimmobilité dans une bonne position, le premier tooyen qui se présentée la pensée comme pouvant prévenir les accidents, est la réunion immédiate de la plaie. On peut espérer que cette réunion, pratiquée de bonne heure, ramènera la plaie profonde aux conditions toujours si simples des plaies soos-cutanées , et qu elle préviendra toute suppuration, toute décomposition putride.
Les moyens de réunion sont : la suture, déjà recommandée par Ambroise Paré, et que Ton peut étendre, suivant son conseil, à une partie seulement de la plaie, afin de laisser une i^sue à la sanie, ou pratiquer sur toute Tétendue de la solution de continuité ; ce sont les bandages unissants et les enduits dessiccatifs. Ces derniers, conseillés aussi par le père de la chirurgie française, sous le nom de défensifs^ se préparent avec du blanc d œuf, du sangdragon, de Taloès, du mastic, etc. M. Larrey employait le blanc d'œuf avec Teau blanche et Teau-de-vie camphrée ; dans ces derniers temps, on a proposé le collodioo , substance bien supérieure à toutes les autres par la rapidité de sa dessiccation et la fermeté de ses adhérences. Sans aucun doute, c'est celle que Ton doit préférer ; elle n'a pas les inconvénients de la suture, et elle maintient avec autant de fermeté le rapprochement des bords de la plaie à réunir. Si i air n a point encore pénétré , Tenveloppe protec*
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trice formée par une superposition de linges imbibés de collodion met à I abri de sa pénétration presque aussi sûrement que la peau restée intacte.
A la suite des moyens mécaniques d^oblitératioDi on doit placer ceux qui tendent à former les plaies par le gonflement de leurs bords et la coagulation de la sérosité. Tels sont les vésicatoires placés sur la plaie elle-même, les compresses trempées dans Teau de Rabel , et la cautérisation avec le fer rouge. Ces moyens n'ont été préconisés, à ma connaissance , que par des vétérinaires, et Texpérience ne permet pas de dire quelle est leur valeur chez Thomme.
Us méritent d'être expérimentés dans les plaies par contu-
sion.
Les réfrigérants que nous avons vantés dans les entorses et dans les contusions peuvent-ils être également utiles dans les plaies des jointures ? Il est permis d'en douter. Les refroidissements auxquels ils exposent peuvent entraîner le tétanos et la résorption purulente, accidents que Ion n'a pas à craindre quand la peau est conservée intacte. Les faits dont j^ai été le témoin ne me laissent point de doute à cet égard , et me font condamner sans hésiter cette méthode dans les plaies du coude« du genou, et dans celles qui sont plus rapprochées du tronc.
Ait. II. — - DiB koteics de conAmB lis AccmeNTS une foib DÉVBLovpiB.
Ces accidents sont surtout le phlegmon diffus, la décompo^ sition putride des liquides accumulés dans la jointure, et labondance delà suppuration.
Le phlegmon exige avant tout l'immobilité et la propreté des pansements. J'ai vu des cas où ces précautions avaient suffi pour l'arrêter dans son cours et prévenir la suppuration diffuse et ses terribles conséquences.
Peut-on le combattre avec avantage par les applications émoUientes, les sangsues, la compression, les scarifications conseillées par Béclard, les mouchetures de Duncan? Je ne le pense pas. Le phlegmon diffus est l'efFet d'une résorption putride, et tous les moyens antiphlogistiques, laissant subsister la cause dans toute son intensité, ne peuvent en amoindrir les