MOYENS DE COMBATTHE LES ACCIDENTS UNE FOIS DÉVELOPPÉS
eSeis. 11 est permis de douter, pour les mêmes raisons» qUelon soîi plus heureux en employant des vésicatoires multipliés.
Si le sang ou la sérosité se décomposent dans Ja jointure, esi-il possible d en faire disparaître la putridité ? Sans doute, Jes applications extérieures des substances antiseptiques, telles que lalcool vulnéraire, lalcool camphré, les teintures de myrrhe et d aloès ou d*iode, ne peuvent produire que des résultats insignifiants. L'injection de ces substances dans le foyer putride permettrait seule d'en arrêter la décomposition; mais cette injection peut aussi rester impuissante, ainsi que nous favons vu, M. Rey et moi, dans une application que nous en fîmes à une plaie artificielle de Tarticulation du premier avec le second plialangien d'un cheval. Le liquide injecté était de la teinture d'iode. Je dois ajouter, toutefois, que cette médication fut suivie d'un heureux résultat dans un second essai.
Lorsqu'une suppuration abondante s'estfait jour au dehors, J.-L. Petit recommande des incisions étendues : « Il faut, dit-il, non seulement ouvrir, mais encore faire de grandes ouvertures qui communiquent les unes avec les autres, afin qu* il n'y ait aucune partie ni aucun recoin de la jointure qui ne puisse être nettoyé par les injections, et qui ne se vide avec facilité par les ouvertures. Je sais, ajoute-t-il,que quelquefois les os s'altèrent, et qu'on est obligé de les faire exfolier; mais oo ne doit pas en accuser les incisions. C'est bien moins l'impression de l'air que le séjour du pus qui, dans ce cas, cause laltération des os; ainsi, ce qu'on peut faire de mieux pour l'éviter, c'est d'ouvrir de bonne heure, de donner de la pente aux matières par une situation convenable, et de nettoyer la jointure au moyen des injections. »
David pense, au contraire, qu'il ne faut pas se presser d ou^ vrir les dépôts qui communiquent dans les articulations, et que lorsqu'on juge l'évacuation du pus qu'ils contiennent absolument indispensable, il ne faut la procurer qu'avec le irocart ; il dit qu'il n'a jamais eu à se louer des grandes incisions que Petit recommande dans certains cas, pour vider les dépôts articulaires.
LapratiquedeJ.-LouisPetitestapprouvéeparBoyer;jecrois également que c'est çellç qu'il est le plus convenable de suivre.
4^ PLAIES DES ABTlCUr.ATIOtfS.
Si les débridetnents sont indiqués quond ils n'exigent que Tindsion de la peau, en est-il de même, lorsque raccumulotien du pus ou des matières putrides sVst faite dans la joia* ture, et que rincision doit s'étendre ii la capsule elle-même?
Le conseil d agrandir l'ouverture de manière que le sang et le pus puissent s'écouler ovec facilité peut être appuyé sur cette observation, que les plaies les plus graves des articulations sont celles où la solution de continuité est asses large pour permettre fintroduetion de Tair, et assez étroite jM>ur que le pus soit retenu. Il y a moins d'accidents à craindre lorsque l'ouverture est très étendue. M. Bouchacourt, chirurgien en chef de la Charité de Lyon (1), a cité trois cas d ouvertures étendues du genou et du coude, qui ont été suivis de guérisoQ; Il a pu attribuer celle-ci à la grande étendue de la plaie qui avait été feite à la cavité synoviale.
En principe, on pourrait établir qu'il est utile d'ouvrir largement les articulations où des liquides se décomposeot. Mais, il faut le dire, l'utilité de ce conseil ne s'appuie, à ma connaissance, sur aucun fait dans lequel son application ait été suivie d'un bon résultat, et il suffit de se rappder la disposition anatomique des articulations pour comprendre les inconvénients dont ces larges débridements doivent être accompagnés. Au pied et au genou, par exemple, le nombre et l'importance des parties molles ne pertnetlent pas d ouvrir en arrière, où le débridement pourrait seul remplir complètement le but qu'on se propose; et sur les côtés, de grandes incisions détacheraient trop complètement les os les uns des auu*es, sans rendre facile récoulement du pus.
Aux suppurations aiguës des articulations et aux abcès con* sécutifs dans les parties environnantes, succèdent des fistules interminables qui réclament en général l'emploi des injections irritantes et des douches chaudes et froides. Souvent ces fistules sont entretenues par des os nécrosés, et bien que ces os se séparent des parties vivantes, ils ne peuvent être éliminés spontanément, retenus qu'ils sont par les parties molles indtirées et percées de trajets fistuleux étroits. Dans des cas de ce
(i) I4^<aoire lor les plaies (AeMie médicaUp i8 ).
WUACTVUê n LOKATIOMS. 91
giort, irii 1 on po«vM croira à la oécetsit é d'une «mpuiatioii, il a 9«iS quelquefois, pour obteuir ia guériton par aokyloM, dftscinaire les os nécrosés ft travers une ouverture étendue au tiers ou à la moicîé de la jointure.
faai:tures bt luxations.
Le traitenient des luxations et celui des fractures voisines des articulations ont leur place naturelle après celui des entorses, des contusions et des plaies. Les fractures et les luxations simples ne sont, en effet, que des contusions ou des entorses auxquelles s^ajoute une division des os ou un chaugement de leurs rapports naturels; et dans les fractures et les luxations compliquées, il n'y a déplus qu*une plaie pénétrante.
Ce simple rapprochement sufBt pour démontrer que les traitements qui ont lait le sujet des trois paragraphes précë* dents s*appliquent aux lésions qui nous occupent. Ainsi, qu^un mouvement forcé ait produit une fracture des malléoles ou de Textrémité inférieure du radius, il sera bon, après avoir opéré la réduction, de ne pasmettrelemembre immédiatement eu appareil et de recourir aux répercussifs , et spécialement aux bains froids, pour prévenir FinHammation, quePon s ap| liquerait surtout à combattre, s'il s'agissait d'une simjile entorse.
Ce rapprochement entre les lésions plus légères qui nous ont occupé précédemment, et les fractures et les luxations, n'est pas seulement nécessaire pour démontrer lu nécessité de combiner entre eux les médications qui conviennent aux unes et aux autres; il aide h faire bien comprendre le traitement des luxations et celui des fractures voisines des articulations.
Dans Tiromense majorité des cas, ces lésions ne sont que l'effet des mouvements forcés imprimés aux os, en d'autres termes, de Tentorse exagérée.
rai rapporté (1) une longue série d expériences qui démon-
(t) Tmké ée$ mmlûâm in «rtiiMAitî^f, t II , p. 179, 33s, 4>3, 458, 553, S^ieteff.
100 FAAGTOHBS BT LUXATIONS;
trent coaiment les mouveDients forcés peuvent prodaire des entorses^ des fractures, des luxations, sans que Texistence de Tune ou lautre de ces altérations tienne à d'autres causes qu'à des dlffërences d\^eet de constitution.
Chacun sait que les fractures des malléoles du pied, celles de l'extrémité inférieure du radius , les luxations ou les fractures du coude, du genou, de Tépaule, dépendent uniqueraeut de flexions trop prononcées des membres dans un sens ou dans l'autre. Cetle simultanéité de causes ne doit pas être perdue de vue dans la réduction et dans le choix des moyens coutentifs. En effet , pour réduire des fractures ou des luxations voisines des jointures , il ne suffit pas d'exercer des pressions pendant que Ton fait tirer les os en sens inverse ; en d autres termes, il ne suffit pas d'opérer l'extension, la contre-extension, et la coaptation ; il faut imprimer aux os des mouvements en rapport avec ceux dans lesquels la fracture ou la luxation s*est produite.
I^ règle générale, sous ce rapport, est de replacer les os dans la direction où ils étaient au moment de l'accident, et de les ramener ensuite à une position complètement inverse. Le bras se luxe dans Vaisselle, pendant que le coude est élevé en arrière eten supination. Pour le réduire, il faut l'élever de nouveau, puis l'abaisser en avant et le tourner dansla pronation.
La fracture de l'extrémité inférieure du radius s'est-elle produite dans un renversement forcé de la main enarrière, on doi t , après l'avoir ramenée à cette position, la fléchir fortement en avant.
Ces deux exemples suffisent pour faire comprendre la loi générale. Les applications qu'on en peut faire sont nombreuses ; elles ont été bien saisies , en général , pour les luxations du bras et de la cuisse, mais on a négligé de les appliquer aux fractures, et, en particulier, à celles du poignet. Par suite de cette négligence, cette fracture si bien étudiée dans ces derniers temps, au point de vue symptomatologique, n'a été traitée que d'une manière très imparfiiite, comme je le démontrerai plus tard dans un article spécial. (Voy. Poignet,)
La réduction opérée, les moyens contentifs convenables à la suite des entorses trouvent encore ici leur place. Mais s'ils