MOYENS PHARMACEUTIQUES
Jade à lair, et, par suite, de lui faire subir ces alternatives de cbaud et de froid que Ton doit soigneusement éviter.
Les douches locales de vapeur offrent à un bien plus haut degré toas les inconvénients qu entraînent Télévation et Tinégalité de la température. Les huiles , les graisses, les emplâtres, mauvais conducteurs du calorique, d'un contact qui n est jamais froid, lors même qu'ils sont à la température ordi* oaire, et dont la chaleur se conserve naturellement, réunissent comme véhicules toutes les conditions de température que nous indiquions tout à l'heure.
L'uniformité de contact n'est pas moins nécessaire que l'uniformité de la température pour assurer le repos : ce sont donc les substances que Ion pourra changer le moins souvent qui devront être préférées. Celles qui ne tendent ni à se refroidir ni à s^échaufFer, comme les corps gras, offrent encore cet avantage : à priori on est conduit à les préférer aux vernis de M. Fourcault, qui sont secs, durs et très gênants.
Le repos le plus complet exigeant labsence de mouvements communiqués, on voit qu'il faut non seulement éviter les frictions et le massage, mais se borner aux onctions les plus douces, et, mieux encore, aux applications rarement renouvelées et qui n'exigent aucune pression sur la peau.
A tous les points de vue, les corps gras se montrent préférables aux autres véhicules; il va sans dire qu'on peut les rendre plus calmants en y associant divers extraits narcotiques. Les formes qui nous paraissent devoir être préférées sont les suivantes :
Linges ou flanelles enduits de baume tranquille, recou*
vivant le siège du mal dans toute sa circonférence , s'étendant
au-dessus et au-dessous, et changés le plus rarement possible ;
Cataplasmes dont Thuile est le véhicule, et que l'on prépare
sous forme de matefaims ou d'omelettes ;
Larges emplâtres rarement renouvelés, et auxquels on incorpore des extraits narcotiques.
On remarquera que tous ces r^emèdes sont très répandus
dans la pratique , et qu'ils s'y conservent depuis longtemps
au milieu de toutes les variations des théories médicales.
ifiS ARTHRITE AIGDE.
Les évacuations sanguines locales se font par les sangsues , les ventouses simples ou scarifiées, et parla saignée des veines qui reviennent des parties enflammées.
On peut appliquer les sangsues sur Farticulation malade, audessus de cette articulation et au-dessous d'elle.
On D*a pas proposé d'appliquer les sangsnes au-dessous des articulations. Chacun sait que les sangsues agissent non seulement par la soustraction de sang qu'elles opèrent, mais par la dérivation que produisent Tirrîtation et la douleur causées par leurs morsures. Or, si cette irritation attire le sang dans les parties où elle se fait sentir, les sangsues appliquées audessous d'une jointure, tout en la dégorgeant, doivent y attirer le sang. L analogie qu'on peut déduire de la fluxion qu'on détermine dans Tutérus ou dans le rectum, en appliquant des sangsues au-dessous de ces parties , montre assez que, placées de même par rapport aux jointures, elles ne peuvent qu'y augmenter la congestion sanguine. La conviction où j'étais des inconvénients de leur application eu ce lien ne m'a pas permis de vérifier expérimentalement la justesse de mes craintes.
L'application des sangsues sur les articulations mêmes est très généralement usitée; cependant, lorsqu'on les place ainsi directement sur le siège du mal , on peut y augmenter la congestion sanguine au lieu de la diminuer. Ce résultat est surtout à craindre lorque les sangsues sont placées en petit nombre, et que les symptômes inflammatoires ont beaucoup d'activité; il doit être attribué à ce que les sangsues attirent le sang dans le lieu sur lequel elles agissent.
Cette action dérivative est mise à profit tout aussi bien que la soustraction du sang , lorsqu'on applique les sangsues audessus de l'articulation malade, ou , en termes plus généraux, sur le trajet des veines qui reviennent des parties enflammées. Appliquées de la sorte, elles n'augmentent jamais l'inflammation ni les douleurs, et, si elles sont indiquées par la nature du mal , on en obtient constamment un résultat avantageux. On les place dans les inflammations du pied, en dedans ou en
MOYENS PHAHMACËUTIQUES. t&9
dehors de la partie moyenne de la jambe ; dans les inflamma* tiens du genou , en dedans ou en dehors de la partie moyenne de la cuisse ; à mesure que les symptômes inflammatoires diminuent , si de nouvelles émissions sanguines deviennent nécessaires, on les rapproche de plus en plus de Tarticulation malade.
En ce qui regarde le nombre des sangsues y je ne puis que répéter ce qui a été dit tant de fois , savoir : qu il doit être proportionné à la force des malades et à Tintensité de Tinflammation. En général , il doit être considérable, ainsi que M. Lis* franc en a donné le précepte et l'exemple.
Les "ventouses simples ont trop peu d'action pour qu'on les considère comme des ressources efficaces dans les arthrites aiguës ; mais les ventouses scarifiées peuvent être subsdtuées avec avantage aux sangsues. Comme ces dernières, elles agissent par la soustraction d une certaine quantité de sang , et par la dérivation qui résulte de la douleur et de l'inflammation qn elles produissent dans le lieu où elles ont été placées. Quel* ques auteurs, Bell d'Edimbourg et M. Bouillaud entre autres, les considèrent comme plus efficaces que les sangsues elles^
mêmes.
La saignée des veinçs gui reviennent des parties enflammées a été préconisée par les anciens ; M. Janson, ancien chirurgien en chef de lHôtel-Dîeu de Lyon , les a remises en honneur. Tandis que les sangsues et les ventouses se bornent à extraire le sang de la peau , la saignée des veines sous-cutanées soustrait directement le sang aux parties profondes ; elle doit être employée toutes les fois qu elle est praticable ; mais elle ne Test guère que dans les inflammations du poignet; j'y ai eu souvent recours dans ce cas, un soulagement marqué en a toujours été la conséquence.
$ 8. TésÎMnU.
Parmi les moyens locaux propres à extraire la sérosité , les plas usités , et sans doute les plus efficaces , sont les vésiauoires.
Ceux qui doivent être préférés se préparent avec l'emplâtre de cantharides ; on peut leur donner, comme on le fait d'ordi-
150 ARTHRITE AIGUB.
naire, nne forme ronde et un diamètre de 8 ou 10 centimètres, ou bien , à l'exemple de M. Velpeau, une telle étendue qu'ils embrassent tout le contour de Tarticulalion ; on peut les faire sécber aussitôt après que Fëpiderme a été soulevé par la sérosité, ou les entretenir par des pommades excitantes. Les vcsicatoires étendus et que Ton panse avec du cératpour en dessécher promptement la surface, sont incontestablement les plus efficaces; on les renouvelle, suivant le besoin, un nombre de fois plus ou moins considérable ; on peut les placer au-dessus de Tarticulation malade ou sur cette articulation elle-même.
$ 4. Applieationi des aeides, alcaUnet , talées, et cxeîlaBtM*
Ces applications semblent à priori bien peu en rapport avec la nature inflammatoire de la maladie; elles ont été, cependant, conseillées par un grand nombre d auteurs, et ce sont elles qui portent de préférence le nom, souvent prodigué , de remède antiarthritique.
Cataplasmes vinaigrés, — A. Paré, en traitant (1) de la goutte de matière chaude principalement faite de sang, conseille dans cette maladie, qui répond évidemment à larthrite aiguë des modernes , des cataplasmes acides préparés avec de la &rine d orge, de lentilles, délayée dansdeThuile rosa et un peu de vinaigre. Il n'indique pas les résultats qu'il en a obtenus ; mais je suis porté à croire qu'ils peuvent être réellement utiles , soit pour modérer l'inflammation , comme je Tai vu dans le seul cas où j'en ai fait usage, soit pour faciliter la résolution des épanchements fibrineux.
Cataplasmes toniques et alcalins, — Je rangerai dans cette catégorie le cataplasme antiaribriiique de Pradier, quia joui d'une grande réputation.
Ou le préparc de la manière suivante :
Biuine delà Mecque. . . . 24 grain.
Safran 16
Sauge. ......]
SfiUepareillc. . ,^aa., . . 3o
Quinquina rou^e, ] '
Alcool ^ooù
(1) OEuvres complètes, t. Itl, p. 339.
MOYENS PHAHMACEUTIQUES. 15t
Dissolvet le baume daïis le tiers de Talcool ; foites digérer tes végétaux petidunt quatre jours dans le reste; filtrez et réunissez les liqueurs. Méles-en une partie a%'ec
Eau de chaux 2 parties,
et faites un cataplasme avec
Fartnt de lin Q. S.
Cataplasmes camphrés et narcotiques. — On peut assigner ce double caractère aux cataplasmes antiarihritiques de M. Trousseau.
Mie de pain de seif,le. i kilog.
Alcool camphre. ... Q. S. pour délayer la mie de pain.
Faites chauffer à un feu doux. Quand le cataplasme est fait, versez à sa surface :
Lnudanum de Sydenliam. . . 3a gr.
EiLtraitdedaturastramonium. 16
Appliquez sur la partie douloureuse et recouvrez d'une bande de toile cirée. Le cataplasme sera laissé pendant trois jours an moins.
Cataplasmes camphrés,^-- Pour préparer convenablement ces cataplasmes, on doit avoir à sa disposition une ccriaine qtian* tité d alcool saturé de camphre. On ne doit point délayer cet alcool froid avec la farine de lin pour les chauffer ensemble ; en agissant ainsi, on ferait évaporer une grande partie de Falcool et du camphre. Afin d'éviter cet inconvénient, on délaye la farine de graine de lin dans une petite quantité deau, et Ton chauffe jusqu a ce que le mélange soit brûlant et presque sec. On retend alors d'alcool camphré froid en quantité suffisante pour obtenir la consistance et la température ordinaire d'un cataplasme. Celui-ci est placé entre deux linges et soigneusement recouvert afin d'éviter le refroidissement rapide qui est le résultat de l'évaporation de l'alcool. Ces cataplasmes sont renouvelés trois ou quatre fois par jour.
Solution de nitrate dépotasse, — M. Dasham, dont nous avonr
cité les travaux sur le nitrate de potasse à Tiiiterieur, Tappiique aussi sur les articulations rhumatisées. Il se sert pour cela d'un tissu feutré spongieux sur lequel il répand le sel après Tavoir mouillé; puis il lapplique sur la partie enflammée, et lassujettitaumoyen d*unebande.Des expériences deM.Basbam il résulte que cette médication a une action sédative réelle. Sans doute on doit avoir soin d'employer le liquide tiède et Je le maintenir à une température douce et constamment la même.
Examen de ces diverses applications, — Il est difficile de porter un jugement rigoureux sur la valeur de ces applications; je pense toutefois qu'elles ne conviennent, dans les articulations superficielles, comme le pied ou le genou, qu'à la période décroissante de la maladie; dans Tétat inflammatoire ai{;u, elles ne feraient qu'exaspérer les douleurs.
On peut les employer dès le début pour les articulations profondément situées, comme la hanche ou Tépaule. Rien des fois j'ai constaté dans ces conditions l'avantage des cataplasmes avec l'alcool saturé de camphre : l'effet excitant de ces cataplasmes, se passant alors loin du siège du mal, peut agir comme révulsif. Quant au mode d'application , je pense que l'on doit continuer à préférer celles qui n'exigent aucune friction , dont la température est douce, que l'on peut i^enou vêler rarement, et dans lesquelles la nature du véhicule, comme l'eau ou la graisse, maintient une propriété émolliente.
$ 5. Alléranla : mereiiMf nitrale dParKMit.
Parmi les applications altérantes^ celles que l'on doit surtout signaler sont les frictions mercurielles , et la pommade au ni^ trate d'argent.
Les frictions mercurielles ^ soit sur l'articulation malade, soit autour d'elle , ont été très vantées par quelques auteurs. Pour être efficaces, elles doivent être faites de manière à produire un effet général ; S à 10 grammes au moins d'onguent mercuriel doivent être employés dans la journée. Les frictions ue doivent pas être bornées à la surface malade, elles doivent s'étendre au-dessus et au-dessous d'elle; on doit avoir soin de