MOYENS PHARMACEUTIQUES
laisser looguent mercuriel en place, et de le recouvrir de taffetas ciré pour que les linges ne Tabsorbent pas. Si, comme il arrive quelquefois , les friciions mercurielles exaspèrent les douleurs, il faut, en les faisant, s'éloigner du siège du mal.
Si l'on considère que l'absorption par la peau qui recouvre une jointure ne permet pas aux substances absorbées de pé« Détrer dans celle-ci, on serait conduit à prescrire les frictions mercuriel les beaucoup au-dessous des parties malades. Ainsi, dans les inflammations du genou, ce serait sur la plante des pieds qu'il paraîtrait convenable de les faire. Cependant ce sont les frictions locales qui sont seides usitées « et sans doute Teffet sédatif direct qu'exercent les graisses sur la calorificatien est la cause de la préférence que l'on accorde aux frictions faites sur la partie malade elle-même.
Les fi'ictions avec la pommade de nitrate d'argent, spécialement conseillées par M. Jobert de Lamballe et par M. Bieschy, deSchelestadt, dans les tumeurs blanches chroniques, peuvent aussi être employées dans les arthrites aiguës. Comme Ta fait remarquer M. Bieschy , il est inutile de produire avec la pom* inade de nitrate d'argent la rougeur et les vésicules de la peau qui suivent souvent son emploi. Il importe surtout d'en fiâciliter l'absorption. Pour arriver à ce but, M. Bieschy dissout préalablement le sel argentifère dans un peu d'eau.
Depuis, dit-il, qu'il use de cette méthode, les frictions se font sans production de douleur ni d'irritation tégumentaire ; loin de là, sous leur influence, les douleurs existantes disparaissent, les tuméfactions périarticulaires et intraarticulaires se dissipent, et l'arthropathie guérit. Voici la formule de sa pommade :
Nitrate d'argent. . 4 giammes.
Ean distillée. ... Q. S. pour dissoudre complètement le sel.
Axongfl. •••... 3a grammes.
Mêlez. <— Les frictions se font deux fois par jour avec & ou 5 grammes de pommade. Le troisième ou quatrième jour, la peau prend l'aspect luisant d'un cuir noir et verni. Les frictions nentraloent aucune douleur, aucun indice d*irritation tégumeotaire. Dans des cas très exceptionnels on remarque çà et là
ISA ARTHRITR AIGUË.
quelques vésicules dues à quelques parcelles de sel imparfaU temeut dissoutes. Du reste , une fois les parties bien frictionnées, et quand elles ont revêtu cet aspect d*un masque noirâtre et vernissé , il est inutile dinsistersur les frictions; car la couche plastique fournie par la pommade et Tépiderme desséché empêchent labsorption. Après quelques jours, Tépiderme ne tarde pas à se détacher par feuillets, et les téguments reprennent leur état normal.
« Sous Tinfluence de cette médication dynamique, dit M. Bieschy, les altérations les plus profondes sont modifiées; vous voyez successivement la chaleur et la douleur s^éteinclre, l'épanchement se résoudre et le gonflement se dissiper. »
M. Teissier et moi, nous avons souvent vérifié la justesse de ces assertions.
S 6. OhoU ft fAire entre tcf disert mofeos thérapettliquei.
Chacun des moyens que nous venons de faire connaître est destiné à remplir certaines indications : chacun d'eux doit donc être surtout employé quand se présente Tindication spé* ciale en vue duquel il est institué. Ainsi , les évacuations sanguines, quand la congestion parait très active; les narcotiques, quand les douleurs sont intenses, etc., etc.
En générai , on commence par l'emploi des sangsues , des émolltents et des narcotiques; plus tai*d on emploie, suivant les cas ) les frictions mercurielles ou les cataplasmes divers que nous avons indiqués. On termine par les vésicatoires et la pommade au nitrate d'argent.
Nous avons vu plus haut que lorsque l'inflammation aiguë tend à passer à l'état chronique, on doit substituer à l'immobilité des exercices graduellement croissants sous le rapport de l'étendue et de la durée. De même en. ce qui regarde les applications thérapeutiques, on doit, si le mal passe à l'état chronique, i^ecourir peu à peu aux médications que réclame cet état. Tels sont, en particulier, la compression, les douches, le massage, les frictions stimulantes, etc. Les détails relatif à ce traitement seront exposés plus loin.