ACCÈS DE GOUTTE AIGUË
Le linimenl acide recommandé par PoU » et qui est com«
posé de:
Huile essentielle de térébenthine. . 3o grammes Acide bydrocUoriqae 1 5 grammes
nesi probablcmeut pas à rejeter.
On peut aussi recourir à Temploi de [eau froide. Soit que le siège habituel de la goutte dans des parties où les bains locaux sont d*un emploi commode, en ait facilité l'usage; soit quelle ait dans la goutte aiguë des avantages qu'elle n a pas dans le rhumatisme , elle a été recommandée par un très grand nombre d'auteurs.
i Hippocrate(l) dit que Teau froide, versée abondamment sur les parties goutteuses des articulations , soulage la dou« leur qu'elle résout, en produisant un engourdissement modéré ; Galien a conBrmé la même chose.
iSanctorius, tout en avançant que l'eau froide, versée abondamment sur les tumeurs goutteuses, offense les articu* laiioDS et empêche la résolution qui doit dissiper la goutte, ajoute, qu'elle est moins nuisible par ces elTets, qu'utile en détruisant la douleur; ce qui fait cesser aussitôt la fluxion, et rétablit le sommeil.
■ Prosper Martianus dit que les topiques froids, en forti* fiant la partie affectée, aident Texpulsion de l'humeur goutteuse et préviennent la génération des duretés et des tufs. »
Biirtliez insiste pour que l'aflusion d'eau froide ne fasse pas tomber la chaleur des parties souffrantes, et il approuve le conseil donné par Houillier, de ranimer les parties par des réchauffants , après y avoir jeté de l'eau froide.
■ Dans une attaque de goutte, ajoute-t-il, Loubet, ayant ses pieds affectés d'érysipèle avec d'extrêmes souffrances , se détertnina à mettre les pieds et les jambes dans Teau froide , où il les laissa jusqu'à ce que l'eau fût dégourdie. Après s'être Fait essuyer, il se remit au lit et s'eudormit profondément. Salant réveillé avec une transpiration abondante, qui dura quinze heures , il se trouva libre et marcha le lendemain sans ressentir de douleur.
(f) fiarthci. Traité é€$ maiatiiei ^outteutes^ 1. 1, p. ^.
2ft& GOUTTE.
« Pechlin rapporte qn^un goutteux se délivra de ses douleurs de podagre , en frottant ses pieds avec de la neige et marchant ensuite sur la neige.
« Musgrave a vu aussi que Timmersion des pieds dans l'eau froide, quoique très souvent pernicieuse dans Tanaque de podagre, a eu chez plusieurs personnes l'effet de la dissiper très promptement. »
A cescitations que j'emprunte à Barthez, j'en joins quelques autres encore que j'extrais du Compendium de médecine pm* tique de MM. Monneret et Fleury.
« L'illustre Harvey ne manquait jamais, à chaque accès, de plonger sa jambe dans un seau d'eau bien frafcbe et de dissiper les douleurs. Heberden, qui tenait ce fait des parents du célèbre physiologiste , ajoute qu'il n'en vécut pas moins jusqu'à un âge fort avancé. Floyer, Homberg, Retsche, Marcard , ont beaucoup préconisé l'emploi du froid sur les jointures. Gianniui en a fait, avec le quinquina, la base du traitement qu'il considère comme spécifique ; il veut que les immersions soient passagères et momentanées : « A peine le malade est-il assis dans le bain, que j'exige qu'il en sorte, préférant plutôt avoir recours à une seconde immersion, également momentanée, que de prolonger trop la première.... Les immersions froides , dont le but est d'enlever le gonflement et l'inflammation des articulations, devront non seulement être courtes, mais même pas très froides ou à la glace,
comme je l'ai vu pratiquer dans un cas de goutte Gian-
nini craint avec raison, ou une réaction trop vive, ou une dépression dont le malade ne pourrait se relever (1). »
Tant de travaux faits par des auteurs si compétents, et dont plusieurs étaient affectés de la goutte, conduisent à penser que si l'eau froide dans le traitement de l'accès de goutte aiguë, a eu des résultats nuisibles, ainsi que l'ont avancé quelques auteurs , et entre autres Scudamore , il faut l'attribuer à ce qu'elle a été mise en pratique suivant de mauvais procédés.
Toujours le contact de Teau froide doit être momentané si
(i) De la gouUeetdu rhumatisme, Paris, 1810, p. ioi«