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ABCÈS DES ARTICULATIONS

Ces abcès exigent un traitement générai et un traitement local.

Ait. I*'. — Thaiteiibrt cisiftAL.

Lorsque ces abcès surviennent dans le coui*s d'une tumeur blanche, et qu'ils sont sous la dépendance de la constitution scrofuleuse , avec gonflement des tissus et conservation de^

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forces, le traitement général doit être celui que nous avons ejLposé page 259 et suivantes; mais si Ton a affaire à des abcès froids sans fongosités, liés à une diathèse purulente ou à une diathèse tuberculeuse ; que le malade soit pâle» amaigri » faible et disposé à la fièvre, le régime et les médicaments ne peuvent être les mêmes*

Cependant on doit s'occuper , avant tout , d'éloigner les causes productrices et de réaliser les conditions hygiéniques les plus favorables.

Il faut que les malades habitent des appartements secs, bien aérés et exposés au soleil. Le séjour à la campagne, lliabiiation pendant Thiver dans des régions méridionales leur sont très favorables.

Ils doivent faire , autant que possible , de Texerdoe en plein air, s'exposer aux rayons du soleil, et ne jamais coucher dans des appartements dont Tair soit vicié par un grand nombre de personnes.

Leur régime exige la plus grande attention. Si les forces digestives sont encore conservées, les viandes grillées et rôties, le bœuf, le mouton, sont préférables au veau, k la volaille et au maigre; mais s'il y a de la fièvre, si la faiblesse est trop grande pour ce régime , on peut recourir au lait d'ànesse pris chaque matin aussitôt après avoir été tiré, aux fécules nourrissantes, telles que Favoine, l'orge, le sagou, le salep, etc., aux œufs à la coque , etc., etc.

Pour suppléer à l'insuffisance trop fréquente de lexercioe, et satisfaire cependant à l'indication essentielle d'activer l'hématose , on doit, s'il est possible, recourir à l'emploi des bains d'air comprimé. En traitant plus loin des abcès de la hanche et des gibbosités vertébrales, nous citerons, d'après M. Pravas, des faits qui ne laissent aucun doute sur l'efficacité de cet ordre de moyens chez les malades qui languissent épuisés par la fièvre et par les suppurations abondantes qui ont leur point de départ dans les os et les articulations.

En ce qui regarde les remèdes, je ne crains point d'établir que, dans la diathèse purulente , on doit rejeter les pui^^atifs, Tiode , l'antimoine , le mercure , et , en général , tous les altérants. Sans aucun doute 9 les substances qui agissent eu dis-

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solvant le sang, comme l'émécique et le mercure , ne peuvent qu ajouter à la cachexie; Tiode, qui peut convenir dans les scrofules avec tuméfaction générale, est nuisible s^il y a disposition aux abcès ; et les purgatifs ne peuvent qu'accélérer la décroissance des forces et produire des effets funestes.

Les médicaments que Ton peut mettre en usage avec quelque chance de succès sont les toniques unis aux légers excitants : le quinquina, la gentiane, le café de glands de chêne , me paraissent trouver ici leurs cas d'application; on peut prescrire aussi Tiofusion de sassafras, recommandée par M. Hufeland (1).

Cette infusion se prépare avec SO grammes de sassafras, 5 grammes de racines de réglisse, que Ton fait infuser dans un demi-litre d'eau chaude. Les malades en boivent la moitié le matin , et l'autre moitié le soir.

Le quinquina peut aussi être prescrit en poudre et uni à quelques excitants; voici une des formules employées par Hufeland : infusion de 30 grammes de quinquina, 8 grammes d'écorces d'orange, k grammes d'écorce intérieure de noix muscade dans un demi-litre de vin doux. Les malades prennent une demi-cuillerée de cette infusion trois fois par jour.

L'huile de foie de morue, qui n'a pas les propriétés irritantes de l'iode, et qui est en général bien supportée, peut être essayée sans inconvénient dans les cas difficiles que nous examinons.

Pour combattre l'affection tuberculeuse générale, M. J. Guérin ordonne l"" Tusage aux repas d'un macéré de quinquina , que l'on coupe avec un tiers de bon vin (3 grammes de poudre de quinquina rouge par litre d'eau, faites macérer pendant vingt-quatre heures dans de l'eau froide, filtrez au papier gris jusqu'à parfaite clarification) ;

1^ Tous les deux jours, un bain salé gélatineux , le plus frais possible ; après chaque bain friction et massage» Dans quelques observations la dose du sel est indiquée, elle est d'un kilogramme; mais nulle part on ne dit la température

(t) Hofdand, Traité de h maladie icrojuleuse^ Paris, i89f#

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précise el la durée du bain. Il ma paru que peudant l'hiver ce moyeu n'était pas mis en usage;

3^ Dans les jours intermédiaires aux bains , un demi*verre d*eau de Sediita à 52 grammes, coupé avec du bouilloo de veau.

Ait. II. — Traitement local.

St.

On peut s'abstenir de toute application locale et de toute opération quand les abcès froids existent dans plusieurs parties du corps en même temps que dans les synoviales articulaires , et que la constitution est profondément détériorée. Si Ton peut prescrire alors quelques topiques propres à calmer les douleurs, il faut bien se garder de recourir aux moxas ou aux cautères; les employer ce serait tourmenter inutilement les malades, et peut-être hâter leur mort.

I. Résolutifs. — Si Ton pouvait obtenir Tabsorption du pus épanché dans les synoviales, Temploi des moyens qui permettraient d'atteindre ce résultat serait sans doute indiqué avant tout autre. Malheureusement les lumières de la physiologie pathologique, aussi bien que Texpérience, démontrent Tinutiliié des tentatives de ce genre.

Matière inorganisée, incapable d'organisation et renfermant des globules qui ne s'imbibent point dans les tissus, le pus ne peut disparaître ni par organisation, comme la lymphe plastique, ni par absorption, comme la sérosité. Tout au plus la partie séreuse dans laquelle flottent les globules peut-elle être absorbée, sans que les globules le soient eux-mêmes. Mal gré tous les moyens qu'on peut employer, les abcès finissent par se fiiire jour au dehors. Souvent, après une résorption apparente, l'ouverture des collections purulentes, opérée spootonément, vient , après plus d'une année, mettre en évidence Tillusion à laquelle on se serait laissé entraîner si 1 on eût cro à une résorption véritable.

Les résolutifs proprement dits doivent donc être considérés comme inutiles dans le traitement des abcès. S'il est rationnel d'en iaire qsage quelquefois, ce ne peut être que dans les cas

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douteux I OÙ ] on peut soupçonner que la tumeur» qui semble purulente» contient seulement de la sérosité, ou est formée par ces fongosilés molles dans lesquelles on croit souvent, mais à tort, reconnaître la fluctuation. Encore faut-il remarquer que les résolutifs doivent être pris dans Tordre de ceux qui ne font pas souffrir vivement les malades; car aucun de ceux qui produisent des souffrances vives et prolongées, comme la cautérisation avec le fer rouge ou les caustiques , ne doit être employé. La diminution qui peut en être la conséquence est toujours incomplète , et Tétat des malades en est visiblement aggravé.

II. Maturaiifo ou moyens de favorinr f évacuation spontanée du fus. — Par cela même que lo pus ne peut être résorbé , et qu'il contient des globules incapables d'organisation, il joue le rôle de corps étranger. Comme ces derniers il peut s'enkyster dans quelques cas exceptionnels; mais habituellement il finit por ulcérer les parties superficielles et à se faire jour au dehors. L'élimination du pus est la terminaison naturelle des abcès, comme l'organisation de la lymphe plastique est celle des tumeurs fongueuses , comme l'absorption de la sérosité est celle des hydarthroses. Or, l'expérience démontrant que l'ouverture spontanée est la terminaison la plus naturelle et en même temps la plus innocente des abcès, l'art peut s'appliquer à la favoriser.

Les moyens à employer dans ce but varient suivant les conditions que présentent les abcès.

Si la suppuration a été précédée et est accompagnée d'une ioflammation aiguë, en d'autres termes, s'il s'agit d'un abcès chaud I les ëmoUients et même les évacuations sanguines peuvent servir à modérer les phénomènes inflammatoires.

S'il s'agit, au contraire, d'abcès froids qui marchenlavec lenteur, on peut recourir aux cataplasmes maturatifs. Tels Mnt ceux que l'on compose avec la pulpe d'oignons de lis coits sous la cendre, la graisse et la farine de lin. Tels sont les cataplasmes ordinaires , auxquels on ajoute de l'onguent basilicum, ou de l'onguent de la mère.

m. Opérations* — Cependant le pus sécrété dans les articulations peut rester des années entières sans se faire jour au

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