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ABCÈS DES ARTICULATIONS

dehors, et si, après un temps très long, il parvient à se frayer un passage à travers les muscles, le tissu cellulaire et la peau, il dissèque et altère tellement ces parties quelles n'ont ensuite aucime tendance à adhérer entre elles. Certaines opérations permettent de prévenir ces accidents. Celles que nous devons étudier sont : 1^ les ponctions ; V les ponctions suivies d*injections irritantes, et en particulier d'injections iodées; 3<* les ouvertures étendues par incision ou cautérisation.

i^ Ponctions. — Lorsque Ion se borne à une ouverture qui doit se refermer presque aussitôt après qu elle a été faite , oa peut employer des ponctions successives avec un bistouri étroit (procédé de M. Boyer); la ponction, suivie de Tapplication d'une ventouse (procédé de Marc- A. Petit, de Lyon); la ponction avec le trocart , suivie de laspiration à Taide cl*uDe seringue (procédé de M. J. Guérin).

Procédé de Boyer (1). — On plonge obliquement dans la par* tie déclive du foyer purulent la lame d un bistouri étroit. Lorsqu'on a fSeiit sortir par cette ouverture la quantité de pus qu od juge convenable, on en rapproche les bords, et on les maintient réunis au moyen d'un emplâtre agglutinatif. CUnq , six ou huit jours après , mais toujours avant que la tumeur ait repris le volume qu elle avait avant la première ponctiou , on en fait une seconde de la même manière et avec les mêmes précautions. On réitère ainsi la ponction jusqu'à ce qu'on ait obtenu le recollement des parois du foyer. Le nombre des ponctions qu on est obligé de faire est indéterminé , et varie suivant le volume de l'abcès et la quantité de pus qu'on évacue chaque fois.

Suivant Boyer, ce procédé a l'avantage de modérer à volonté l'écoulement de la matière purulente, de donner aux parois de l'abcès le temps de revenir sur elles-mêmes , et de prévenir l'accès de l'air.

Procédé de Marc^Antoine Petit {de Lyon), — » Ce chirurgien ouvrait les abcès froids avec un couteau étroit et pointu, chauffé à blanc , et il favorisait la sortie du pus à l'aide d'une ventouse qu'il appliquait sur le siège de l'ouverture.

(i) Boyer, Mal. ehir.

Procédé de M. 7. Guérin. — Le procédé de M. J. Guérin consiste à foire la ponction de l'abcès avec un trocartplat, enfoncé très obliquement au-dessous de la peau, de manière que Touverlure faite à cette membrane et l'ouverture de Fabcès soient distantes Tune de l'autre de trois à quatre centimètres, et à retirer le pus à Taide d'une seringue qui s'adapte à la cannle du trocart.

Pour extraire la totalité du pus sans que Ton ait besoin de dévisser la seringue , M. Guérin place entre elle et le trocart un robinet à double effet, qui permet, suivant sa direction, d aspirer le pus on de le rejeter au dehors. LMnvention de ce robinet constitue un très remarquable perfectionnement. Grâce à cet ensemble de moyens , le procédé de M. Jules Guë« rin est tellement supérieur à ceux de Boyer et de M. A'. Petit » que c^est toujours celui que l'on doit employer si l'on a recours à la ponction des abcès , et que les résultats obtenus à son aide permettent seuls d'apprécier la valeur des ponctions étroites.

En tenant compte des faits nombreux cités par M. Guérin ^ de ceux qui ont été rapportés par M. Robert (1), et enfin de ceux en grand nombre que j'ai observés moi-même, je cfoiâ que Ton peut émettre les propositions suivantes :

La ponction sous-cutanée des abcès est une méthode inno* cente. Jamais on n'observe à sa suite les accidents qui Succèdent à l'ouverture des grands abcès par incision. La piqûre faite par le' trocart ne tarde pas à s'oblitérer. La même innocuité accompagne une longue série de ponctions , et lorsque le pus se fait jour au dehors en suivant le trajet oblique formé par le trocart , les accidents consécutifs sont peut*étre moin« dres qu à la suite d'une ouverture spontanée.

Dans la grande majorité des cas, le pus se reproduit, la cavité ne s'oblitère pas , et l'on n'obtient qu'une, amélioration momentanée , qu'une guérison palliative. Ce résultat ne doit point étonner. Dans une hydrocèle,la ponction simple ou avec aspiration est constamment suivie du retour de l'épaûchement. Comment n'en serait-il pas de même dans les abcès

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