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des jointures , qui se forcoent habituellement sous TinflueDce d'une altération constitutionnelle» et qui sont entourés d'un kyste sans aucune tendance à rinOammation adhésive?
Cependant il est des abcès par congestion qui peuvent éire guéris par les ponctions sous-cutanées. Des cas de ce genre ont été cités avec tout le détail convenable dans le rapport sur les travaux de M. Guérin. M. Robert en a fait connaître un autre, et j'en ai observé deux à la suite de la ponction d abcès sous-cutanés provenant de la hanche. Dans ces deux .cas, le traitement général suffit pour amélioi-er la santé des malades : Tun et l'autre avaieut moins de dix-huit ans.
2^ Injections imtanies et spécialement infections iodées, — Cette méthode consiste à transporter aux abcès froids des articulations la méthode des injections , depuis longtemps appliquée au traitement des hydrocèles , et dont nous avoQS étudié les effets dans les hydarthroses.
Elle est fondée sur l'avantage qu'il peut y avoir à substiiner des abcès chauds aux abcès froids, les seuls pour lesquels on doive la mettre en usage. Voici les considérations que je développais en 18&1 (1), peur faire comprendre les principes de cette opération , que j'avais commencé à pratiquer deux ans auparavant.
« Lqrsque, chez des individus bien constitués, il se développe dans le tissu cellulaire des abcès rapides dans leur marche, et avec des symptômes d'une inflammation franche et aigtië, l'ouverture spontanée ne tarde pas à succédera l'accumulation du pus dans le foyer; aussitôt après cette ouverture, les douleurs qui étaient intenses se calment, le som* ineil renaît, la fièvre s abat , et la suppuratioo , abondante les premiers jours, diminue peu à peu; la peau se recolle, et les ouvertures fistuleuses se cicatrisent.
» Dans les abcès chauds, il y a ainsi deux époques : une qui précède l'ouverture de labcès; elle est marquée par des souffrances vives, une fièvre inflammatoire plus ou moins intense, et une marche rapide vers 1 ouverture de 1 abcès i l'autre, qui succède à cette ouverture, et dans laquelle on
(i) Traité det maladÎM dei arlîcu/arîofis, Lyon, i845, t. II, p. 85.
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observe un calme plus ou moios grand , et une tendance non moins inarc|iiée à la cicatrisation.
9 Si Ton compare à cette marche des abcès chauds celle des abcès froids , on trouve que ceux-ci tendent à rester stationaaires; s'ils viennent q s ouvrir, des fistules souvent intermi* nables leur succèdent ; la nature médicatrice semble ici ne plus agir.
• Les difFérences que nous venons de signaler entre les abcès chauds et les abcès froids du tissu cellulaire se retrouvent entre ces deux ordres d'abcès dans les articulations. Ceux dont la marche est aiguë peuvent arriver, quoique difficile* ment, à une terminaison heureuse , tandis que les autres n'ont aucune tendance à la guérison spontanée. De cette comparaison ou peut déduire cette conséquence, qu'en donnant aux abcès froids des articulations la marche des abcès chauds, ou les ramènera dans des conditions moins défavorables à la guérison. Cette conversion peut être obtenue en injectant un liquide irritant dans la cavité de l'abcès, par exemple du vin aromatique, de Teau-de^vie camphrée, de la teinture d'iode étendue d'eau, ou bien une solution d iode dans l'eau, à laquelle on ajoute l'iodure de potassium en quantité double de Tiode. •
Les observations de quatre entants dont j'avais traité les abcès articulaires par des injections iodées suivaient ces réflexions , et étaient résumées en ces termes :
« La piqûre produite par le trocart s'est quelquefois cicatrisée à la suite de la première ponction ; elle est toujours restée fistuleuse après les autres.
• Ce résultat, qui tient sans doute à la rareté des inflammations adhésives chez les scrofuleux, est bien différent de celgi que nous avons signalé dans les hydarthroses , où la ponction n a jamais été suivie de fistules.
» Après comme avant les injections , la maladie a toujours eu de la tendance à un état stationnaire , ei l'on a toujours été obligé de revenir plusieurs fois aux injections pour ranimer lactivité languissante des foyers purulents.
» Le traitement a toujours duré deux à trois mois , et, ce temps écoulé, nous n'avions pas encore obtenu tme guérison
292 ABCÈS D£S ÂltTICtTLATIONS.
complète; le mal avait seulement éprouvé une grande diminution. Je ne doute pas que, si Ton employait la méthode dont j'ai fait usage hors d'un hôpital , dans des conditions hygiéniques favorahles sous le rapport de Tair, de rexercice ou de la nourriture, si Ton y joignait des traitements généraux appropriés, on ne réussit à ohtenir des guérisons complètes dans l'espace de moins d'une année. Ce résultat supposerait toutefois que Tëtat général du malade fût satisfaisant. »
Je terminais par l'observation d'une jeune fille de vingt* deux ans, à qui je pratiquai des injections iodées dans ujk abcès du genou avec un succès très remarquable. Après avoir réclamé avec instance l'amputation de la cuisse , qui paraissait indispensable, cette malade put recouvrer assez complètement l'usage de son membre pour marcher, pendant deux mois , jusqu'à demi-heure de suite , sans béquilles et sans éprouver de la fatigue ; malheureusement une entorse da genou reproduisit tous les accidents et détruisit le résultat que nous avions obtenu.
On peut s'étonner, après l'exposé de ces observations , re* cueillies en t8&i, publiées en parde dans la thèse de M, Martin, en 18ft2, reproduites dans le Bulktin de thérapeutique de la même année, et enfin, en 18&5 , avec les réflexions qui les Bccompàgneqt (1); on peut s étonner, dis-je, qu^en 4850 M. Boinet ait présenté les injections iodées dans les abcès par congestion comme nouvelles , et qu'il n'ait tenu aucun compte de mes recherches antérieures.
Quoi qu'il en soit, M. Boinet s*est servi, dans ices opérations, d'un mélange à parties égales d'eau et de teinture d*iode additionnées d'un peu d'iodure de potassium. Il a répété plusieurs fois l'injection iodée dans le même abcès; et, comme moi,!! n'a obtenu la guérison que par l'élimination du pus, qui s'est faite après un nombre plus ou moins'considérable d'injections irritantes. Il a observé que l'ouverture qui se faisait alors n'était accompagnée d'aucun accident. La putridité avait été parfaitement prévenue.
L'ensemble de ces travaux conduit à accorder une faraude
(i) Ttuiii itî maladies des aHiculattons»
TBAITEUENT LOCAL. S9S
importance aux injections iodées dans le traitement des abcès articulaires ou des abcès par congestion. A leur aide, on peut espérer de bons résultats chez les enfants et les adolescents, si leur constilution n'est pas trop altérée ^ et ce n est pas seulement sur Fétat local que Ton agit alors. Ainsi que je Tai dé* montré dans mon mémoire sur Tabsorption de Tiode (l), réconomie tout entière est modifiée par ces injections. L'iode absorbé se retrouve dans Furine et la salive, et si Ton maintient pendant plusieurs semaines une absorption et une élimination active de cette substance, on peut déterminer dana toute réconomie une excitation générale suivie d une amélio* ration évidente dans Tappétit, dans le teint et dans les forces des malades.
3* Larges ouvertures par le bistouri ou par la cautérisation. — Ces ouvertures peuvent être plus ou moins étendues, et être faites par le bistouri ou par la cautérisation. Quelle que soit la variété de ces procédés, elles restent béantes, et sont petites relativement au foyer dans lequel le pus est rassemblé. Dès lors ce liquide continue à séjourner dans les parties pi*o* fondes; Tair y pénètre sans obstacle et Taltère. Les conséquences de la décomposition putride ne tardent pas i se manifester, et Fétat des malades peut en être mortellement aggravé.
Rust , qui avait bien compris les dangers de Fouverture des abcès profonds, lorsque la sortie du pus n a point été précédée d'uoe inflammation préalable, voulait qu'avant d'ouvrir Fabcès on irritAt fortement la peau qui le recouvre, ainsi que les parties adjacentes, par quelques lignes tracées sur la tumeur avec le fer rouge, et quand la tension et la douleur causées par la brûlure étaient passées , qu'on fendit une des escarres dans toute sa longueur pour évacuer le liquide contenu dans le foyer. De cette manière, il essayait de provoquer un état inflammatoire analogue à celui par lequel la nature prélude toujours lors de Fouverture des abcès par congestion.
Si Ton se décide aux cautérisations par le cautère actuel , il vaut mieux, ce me semble, pénétrer immédiatement jusqne
(i) Gos. méé. de Paris, i859.
iik ABCÈS DC9 AltTtCULATlONS.
dans Tintérieiir du foyer, et y éteindre des fers rouges jtisqu'à ce que Ton en ait desséché toute la surface interne. Ces opérations seraient imprudentes si le pus provenait de la colonne vertébrale ou des grandes articulations des membres; mais autour des doigts, du coude, et en général des petites articulotions, elles peuvent améliorer fétat des ttialades. J'y ai eu recours spécialement lorsqu*il existait une association de trajets fistuleux et d'abcès non ouverts, dont Tensemble présentait des lésions incurables par tout autre moyen que Tamputa* tion ou l'opération énergique que je conseille ici.
$ {. ▲boèt récemment oUTerli.
An moment où les abcès des jointures viennent à s^ouvrir, les malades éprouvent un notable soulagement si ces abcès sont peu étendus, et qu'avant leur ouverture ils aient été le siège d'une inflammation aiguë et franche; mais si Tabcès est considérable et la constitution mauvaise, comme on Fobserve surtout à la suite des tubercules de la colonne vertébrale, le pus se décompose; il est résorbé dans son état putride; la fièvre s'allume, et les malades succombent au bout de quelque temps ou traînent une existence misérable.
Quelle conduite tenir dans ces cas?
Lisfranc conseillait de pratiquer un large débrtdenaent de Tabcès afin de donner une issue fiicileà la suppuration. L'expérience ne justifie en aucune tnanière ce conseil hardi. Quelle que soit Tétendue que I on donne au dcbridement, celui-<n ne découvre qu'une partie du foyer, si l'abcès provient de la hanche, du genou, et surtout de la colonne vertébrale. Le pus continue i stagner en grande partie, et les seuls changements que 1 on obtienne sont une pénétration plus fticile de Tatr, et Taggravation qu'entraîne une opération sanglante cbez uo malade faible et en proie à la fièvre.
Les applications de sangsues en grand nombre et les cata* plasmes émollients également conseillés par M. Lisfranc doi* vent être énei*giquement proscrits. Ils affaiblissent le malade, et ne font rien pour détruire la décomposition putride, qui est la cause primitive de tous les accidents.
TtlAITEMENT LOCAL. 29 S
Le but qu*on doit chercher en agissant directement sur les parties malades, est de faire cesser la décomposition putride. Dans cette intention , je conseillais déjà en 18 /il (1) d'injecter dans la cavité de Tabcès des antiseptiques tels que l'eau vulnéraire, Teau-de-vie camphrée, le baume de Fioraventi , et de renouveler ces injections plusieurs fois par jour, jusqu^à ce que toute décomposition de pus cessât de se produire.
Cette méthode a été employée depuis , quoique avec des différences dans les liquides injectés , par M. Robert, qui s'est servi de la solution de chlorure de chaux, et par M. Boinet, qui fait usage de la teinture d*iode étendue de moitié d'eau. L'expérience a été favorable surtout à ce dernier moyen. L'iode agit dans ces cas non seulement en modifiant les tissus, mais en décomposant Tacide sulfhydrique et l'ammoniaque. Comme le chlore, il s'empare de Thydrogène, et met le soufre et l'azote à nu.
Indépendamment des injections antiseptiques et stimulantes y on peut se servir de la cautérisation. Lors même que la profondeur des abcès ne permet pas d'en cautériser toute retendue, on peut arrêter les phénomènes putrides en remplissant de pâte de chlorure de zinc l'orifice extérieur, et en laissant celle-ci en place pendant douze à vingt-quatre heures. Le chlorure de zinc agit à son tour soit par la modification vitale qu'il détermine dans les parties vivantes , soit par la décomposition qu'il opère de l'ammoniaque et de l'acide sulfhydrique. Les vives douleurs qui sont la suite de ce genre de cautérisation sont le seul inconvénient qui puisse en résulter.
Datis les jours qui suivent l'ouverture de Tabcès, le traitement général doit être évacuant. Il faut, par l'emploi des vomitifs, faire cesser laccumulation de matières bilieuses que les autopsies m'ont démontrées dans ces cas (2), et que font présumer le dégoût, les envies de vomir et l'état saburral de la langue. Après Tipécacuanha ou l'émétique, les boissons acidulées avec le suc de citron ou avec le vinaigre sont surtout indiquées, plus tard les amers et le quina.
Si depuis plusieurs années que j'ai songé à employer ce
(i) L. c, u II, p. 99.
(a) t, c, t. Il, p. 69.